Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) a prononcé la révocation définitive d’Algassimou Diallo du corps de la magistrature, scellant ainsi l’issue disciplinaire de la carrière de ce haut magistrat. Déjà suspendu le 18 août 2026 de ses fonctions d’avocat général près la Cour suprême pour « manquement à ses obligations statutaires », l’ancien procureur emblématique du procès historique du massacre du 28 septembre 2009 essuie la sanction suprême prévue par les textes statutaires.
Statuant à huis clos, la formation disciplinaire du CSM a déclaré fondée la requête introduite par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara.
D’aprés nos sources, l’instance a retenu que les « faits reprochés à Monsieur Algassimou Diallo sont établis et qu’ils constituent des manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat ».
L’institution a formellement acté sa révocation en application des articles 20, 35 et 36 de la loi organique L/054/CNT/2013 du 17 mai 2013 portant Statut des Magistrats. Cette décision sera signifiée à l’intéressé, transmise au ministère de la Justice et publiée au Journal officiel.
Cette sanction sans appel met fin à une trajectoire institutionnelle marquée par une forte instabilité ces derniers mois. Après avoir dirigé l’accusation au TPI de Dixinn, M. Diallo avait été promu Procureur général près la Cour d’appel de Kankan le 1ᵉʳ novembre 2025, avant de subir une rétrogradation administrative le 18 décembre 2025 comme Procureur près le TPI de N’Zérékoré. Son rebond du 3 février 2026 à la Cour suprême aura été de courte durée, rattrapé par la procédure disciplinaire qui l’exclut aujourd’hui définitivement de l’appareil judiciaire.
Par Guinee28


