Mamadou Diouma Bah, un candidat au baccalauréat de 17 ans condamné à un mois d’emprisonnement pour fraude présumée, est décédé à Kindia des suites d’une dégradation soudaine de son état de santé, suscitant des déclarations contradictoires entre la justice locale et sa famille. Si le parquet affirme que l’adolescent a succombé hors du cadre carcéral après avoir été remis à ses proches pour des soins, son père décrit une agonie tragique survenue au cours d’allers-retours médicaux infructueux.
Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a formellement démenti que le décès du jeune homme soit survenu en cellule. Selon le magistrat, les autorités pénitentiaires ont réagi à la détérioration de la santé du détenu en décidant de le confier à sa famille. « Ce jeune, Mamadou Djouma Bah, faisait partie des candidats condamnés pour fraude aux examens. Malheureusement, il est décédé des suites de ses rhumatismes, mais il n’est pas décédé en prison », a affirmé le procureur. Il précise la chronologie des faits selon les autorités judiciaires : « Dès que le régisseur m’a informé de son état de santé, après l’avoir déjà conduit à deux reprises à l’hôpital, et comme son état ne s’améliorait pas, j’ai demandé qu’il soit remis à ses parents. Ce sont eux qui l’ont ensuite conduit chez leur médecin traitant. C’est entre les mains de ce dernier que Mamadou Djouma est décédé. »
Ce récit institutionnel est croisé avec le témoignage poignant de Boubacar Bah, le père de la victime, qui retrace les dernières heures chaotiques de son fils. Confirmant avoir obtenu l’autorisation d’accompagner l’adolescent après l’aggravation de son état, la famille a d’abord tenté de le ramener à domicile en observation, avant qu’un malaise brutal ne les force à faire demi-tour. « Nous avons reçu l’autorisation de l’emmener à l’hôpital, puis de le ramener à la maison en attendant de voir l’évolution de son état. En chemin, juste à la porte, il est tombé. Nous l’avons aussitôt ramené à l’hôpital, où il est resté jusqu’à 23 heures », a témoigné le père. Ce dernier décrit avec émotion la détresse respiratoire finale de son enfant : « Il m’a dit : « Papa, je n’arrive pas à bien respirer. » Je suis allé chercher le médecin. Quand il est arrivé, mon fils m’a demandé de le laisser s’asseoir et se reposer sur mes jambes. Puis il m’a dit : « Papa, je suis sur le point de mourir. » Quelques instants plus tard, il est décédé. »
Ce décès s’inscrit dans les suites des épreuves du Baccalauréat unique de la session 2026 à Kindia. Mamadou Diouma Bah faisait partie d’un groupe de sept candidats, incluant une jeune femme, jugés et condamnés par le tribunal à purger une peine d’un mois de prison ferme pour des faits de fraude.
Face à la perte de son fils et à la confusion entourant les conditions de sa prise en charge médicale préalable, Boubacar Bah exhorte désormais l’État à agir pour les autres détenus de cette affaire. Désireux qu’une telle situation ne se reproduise pas, il en appelle à la responsabilité des décideurs : « Je demande aux autorités de faire très attention. Pour moi, un élève représente l’avenir du pays. C’est lui qui deviendra demain journaliste, militaire ou même président de la République. Il doit être protégé. J’appelle les autorités à prendre des dispositions pour faire sortir les autres afin d’éviter qu’ils ne meurent eux aussi. »
Par Mariam Bâ

