Le bilan de l’effondrement tragique d’un immeuble en construction de neuf étages (R+9) à Conakry s’est alourdi à six morts et quatre blessés, alors que les secours s’activent ce samedi 18 juillet 2026 dans une course contre la montre. Le drame est survenu dans la nuit du jeudi 16 au vendredi 17 juillet aux environs de 3 heures du matin, à Démoudoula, dans le secteur Diallo Samba. Le bâtiment inachevé s’est brutalement affaissé de tout son poids sur une villa et une habitation voisine d’un étage (R+2), surprenant les résidents dans leur sommeil.
Selon les dernières informations fournies ce matin aux alentours de 10 heures par le Directeur régional de la Protection civile de Conakry, le Colonel Ibrahima Sory Kaba, les services de secours font face à deux catégories de victimes. « Nous avons retrouvé quatre victimes conscientes. Elles ont immédiatement été prises en charge au niveau de l’hôpital Sino-Guinéen. Il y a six autres victimes qui étaient inconscientes et que nous considérons comme décédées. Leurs corps ont été admis aux morgues de l’hôpital Sino-Guinéen et du CHU de Donka », a précisé le chef des opérations de secours.
Sur le site du sinistre, les techniciens et les machines progressent avec prudence pour préserver des vies humaines potentiellement piégées. Les équipes ont déjà atteint un taux de progression de 70% dans les fouilles sur les deux secteurs ciblés aux environs de 10 heures, et les 30% restants pourraient être bouclés d’ici la fin de la journée. Selon les recoupements d’informations de la Protection civile, le bâtiment abritait entre 10 et 12 personnes au moment du drame, les habitants d’un immeuble voisin (un R+2) ayant heureusement réussi à évacuer à temps. Une à deux personnes manquent encore à l’appel. « Les opérations de recherche se poursuivent à l’aide de machines. Pour le déblaiement, il faut avancer de manière très minutieuse afin de ne pas blesser davantage d’éventuelles victimes avec les engins », a expliqué le Colonel Ibrahima Sory Kaba.
Parallèlement aux opérations de sauvetage, le volet judiciaire s’accélère pour déterminer les responsabilités de cette catastrophe.
Le Directeur régional de la Protection civile a confirmé que le propriétaire de l’immeuble a été interpellé : « D’après nos informations, le propriétaire est, depuis hier, à la disposition de la brigade de recherches pour des questions relatives à la procédure ». Interrogé sur les mesures à prendre pour éviter de tels drames à l’avenir dans la capitale guinéenne, le haut gradé a pointé du doigt les manquements graves liés à l’urbanisme et à la construction. « Il faut que les bâtiments d’habitation soient implantés dans des zones strictement habitables. Il y a des zones à risques où l’on ne doit pas construire.
De plus, il faut veiller au respect rigoureux de la réglementation pour garantir une résistance qui empêche les immeubles de s’effondrer comme des châteaux de cartes », a-t-il martelé, insistant pour que des dispositions fermes soient prises par tous les services compétents afin de sauver les vies des concitoyens.
Par Mariam Bâ


