L’ancien directeur général de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), Aladji Cellou Camara, ainsi que trois autres cadres de l’institution, ont été placés sous mandat de dépôt et incarcérés à la Maison centrale de Coronthie, à Conakry, ce jeudi 9 juillet 2026, pour des soupçons de malversations financières, a-t-on appris.
Cette décision judiciaire de la justice guinéenne intervient après une garde à vue dans les locaux de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF). Outre l’ancien directeur général, cette mesure privative de liberté vise la directrice administrative et financière, Mariama Dalanda Diallo, le directeur des opérations, Djely Mady Cissoko, et le conseiller chargé de missions, Sékou Camara.
Si le parquet n’a pas encore communiqué la liste officielle des chefs d’inculpation, des « sources proches du dossier » évoquent des faits présumés de détournements de deniers publics, de corruption et d’autres infractions économiques liés à leur gestion de l’établissement public.
Ces quatre anciens responsables rejoignent en détention l’ancien directeur général adjoint de l’OGP, Jean-Marie Soriba Coumbassa, dit « Jeannot », écroué une semaine plus tôt, le mardi 30 juin 2026.
Selon une « source proche du dossier », M. Coumbassa a été inculpé par la chambre de l’instruction de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour « détournement de deniers publics », « corruption d’agents publics », « enrichissement illicite », « blanchiment de capitaux » et « complicité ». Ces poursuites découlent des investigations portant sur la gestion de fonds versés à l’institution par la société de téléphonie Areeba.
La chute de l’équipe dirigeante a été déclenchée par un décret du président Mamadi Doumbouya, lu à la télévision nationale le dimanche 28 juin 2026, limogeant conjointement MM. Camara et Coumbassa pour « inconduite » et confiant l’intérim à Alya Camara, alors directeur des ressources humaines. Ce limogeage faisait immédiatement suite à la diffusion virale d’une vidéo documentant une altercation au siège de l’OGP. Sur ces images, le directeur général adjoint tentait de forcer l’entrée d’une salle de réunion en déclarant : « Je viens assister à la réunion de l’OGP. Cela concerne l’OGP, c’est pourquoi je suis là. » S’y opposant fermement, Aladji Cellou Camara lui a rétorqué : « Non, tu n’es pas concerné. Vous avez déjà organisé votre réunion à mon insu et vous ne participerez pas à cette réunion. » Après être parvenu à s’introduire dans la pièce, M. Coumbassa a accusé son supérieur hiérarchique en affirmant : « Mes agents sont aujourd’hui en prison à cause de lui… » Cet incident public avait entraîné le dépôt d’une plainte officielle à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DPJ) contre l’ancien directeur adjoint, qui avait déjà fait l’objet d’une suspension temporaire en début d’année pour « manquement grave à ses obligations ».
Ces récentes incarcérations s’inscrivent dans une crise de gouvernance structurelle frappant l’OGP, une institution déjà sous le coup d’enquêtes judiciaires pour des détournements massifs sous la direction précédente. L’ancien directeur général, Mandian Sidibé, est actuellement poursuivi devant la CRIEF, avec son chef comptable et un autre collaborateur, pour un détournement présumé de 78 milliards de francs guinéens. Si le juge Alpha Camara a ordonné le 15 juin 2026 la remise en liberté de M. Sidibé justifiée par la « dégradation » de son état de santé, l’ancien dirigeant reste poursuivi pour abus de fonction, concussion, corruption et atteinte à l’égalité des candidats dans les marchés publics, avec une ouverture des débats au fond fixée au 20 juillet 2026.
Par Guinee28


