Mamadou Alpha Hann a annoncé sa démission du Comité exécutif de la Fédération guinéenne de football (Feguifoot), réduisant l’effectif de l’organe dirigeant à six membres sur treize et ouvrant ainsi potentiellement la voie à une dissolution de l’instance selon les textes en vigueur. En vertu de l’article 36, alinéa 9 des statuts de la fédération, cette vacance de plus de la moitié des postes prévoit que le Secrétaire général assume la gestion des affaires courantes afin de « convoquer l’Assemblée Générale extraordinaire dans les plus brefs délais statutaires ». Si cette disposition est strictement appliquée, le Comité exécutif actuel pourrait cesser de fonctionner dans l’attente de l’élection d’une nouvelle équipe dirigeante.
Dans sa lettre de démission, Mamadou Alpha Hann juste son départ par l’impossibilité de mener à bien sa mission, pointant directement une « crise de gouvernance qui a profondément altéré la stabilité institutionnelle de la Fédération, affaibli la capacité décisionnelle du Comité exécutif et érodé la confiance entre les organes de gouvernance et les membres statutaires ».
Affirmant ne plus pouvoir exercer son mandat dans les conditions de « responsabilité, de sérénité et d’efficacité » requises, il qualifie son retrait d’acte « le plus cohérent avec les valeurs » de bonne gouvernance qu’il entend défendre.
Ce nouveau développement s’inscrit dans le prolongement direct des récentes turbulences ayant secoué la direction du football guinéen. La précédente révocation du président élu, Bouba Sampil, et la désignation du vice-président le plus âgé, Sory Doumbouya, pour assurer l’intérim, n’ont pas permis de résoudre les blocages internes.
Ces tensions se sont d’ailleurs matérialisées lors de la dernière Assemblée générale, marquée par de nombreux dysfonctionnements factuels : le rejet de l’ordre du jour par les membres et l’expression de pressions exigeant que le président par intérim retire sa plainte contre Blaise Camara, président du Kaloum FC.
Par I.Sylla


