La Fédération guinéenne de football (Feguifoot) a officiellement saisi la Confédération africaine de football (CAF) afin d’obtenir des garanties de sécurité contraignantes, ou à défaut, la délocalisation sur terrain neutre de son match prévu en septembre prochain contre l’Afrique du Sud. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre de la première journée des qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027, se retrouve ainsi sous haute tension à deux mois du coup d’envoi officiel des éliminatoires.
Selon les termes du courrier officiel adressé par la Feguifoot à l’instance continentale, la partie guinéenne exprime de graves préoccupations quant à l’intégrité physique de sa délégation sportive.
La fédération pointe directement du doigt la recrudescence des violences xénophobes qui ciblent les ressortissants africains en Afrique du Sud depuis plusieurs mois. Ce mouvement de contestation est alimenté par des groupes anti-immigrants locaux qui accusent les travailleurs étrangers de saturer le marché de l’emploi et de favoriser la criminalité locale.
La Feguifoot justifie sa démarche en invoquant un climat d’insécurité générale devenu incompatible avec la sérénité requise pour un match international.
Les rapports factuels de la situation sur place font état de pillages systématiques et de menaces de mort directes, ayant déjà poussé plus de 25 000 migrants à fuir le territoire sud-africain. Face à la gravité de cette crise humanitaire et sécuritaire, plusieurs gouvernements africains, à l’instar du Nigeria et du Ghana, ont d’ailleurs déclenché des procédures de rapatriement volontaire en urgence pour mettre leurs citoyens à l’abri.
Considérant que le Syli National s’apprête à se déplacer dans un « environnement hostile », la Guinée refuse de s’exposer à de tels risques sans intervention de l’autorité organisatrice. Saisie en urgence par ce dossier sensible, la CAF est désormais contrainte de prononcer un arbitrage rapide dans les prochaines semaines.
Deux options s’offrent désormais au comité exécutif de l’institution : valider le maintien de la rencontre sur le sol sud-africain en imposant le déploiement d’un dispositif de sécurité exceptionnel, ou ordonner la délocalisation pure et simple de l’affiche vers un pays tiers neutre.
Par I.Sylla


