Presque deux jours après les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont frappé le Venezuela mercredi en l’espace de moins d’une minute, les recherches s’intensifient ce vendredi pour tenter de retrouver des survivants. Le bilan provisoire de cette double secousse s’élève déjà à 589 morts et plus de 50 000 disparus. La zone la plus durement touchée se situe au nord de la capitale Caracas, dans le secteur de La Guaira, comprenant la ville côtière de Catia la Mar ainsi que l’aéroport international de Maiquetia, qui a été endommagé et fermé.
Face à l’ampleur de la catastrophe, l’aide internationale commence à affluer sur le territoire vénézuélien avec environ un millier de secouristes mobilisés.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé vendredi que des équipes de sauvetage provenant d’au moins 17 pays sont en cours de déploiement. Selon le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, les effectifs des États-Unis, du Chili, de Colombie, du Salvador, d’Italie, du Mexique et de Suisse sont déjà sur le terrain. Les États-Unis ont par ailleurs confirmé l’arrivée à Caracas d’un premier détachement militaire américain dirigé par un général des Marines.
De son côté, la télévision vénézuélienne a rapporté l’arrivée de 80 secouristes suisses et de 80 secouristes mexicains appelés les « Taupes », spécialisés dans la recherche de victimes de tremblements de terre. D’autres renforts sont attendus ou en provenance du Royaume-Uni, de République tchèque, de France, d’Allemagne, de Jordanie, des Pays-Bas, du Qatar et d’Espagne.
L’intervention des secours se heurte à des obstacles majeurs, notamment l’immensité de la zone à fouiller et le manque d’équipements lourds. Tom Fletcher, responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, a expliqué à l’AFP : « Cette opération de secours est extrêmement complexe. Plus de 50.000 personnes sont portées disparues et plus de 500 sont décédées ; fouiller les décombres représente donc une tâche colossale ».
La menace de nouvelles secousses complique également les efforts. Le secrétaire général adjoint de l’ONU aux Affaires humanitaires a souligné à ce propos que « les équipes de secours interviennent donc dans des conditions d’une complexité incroyable ».
Sur le terrain, des images diffusées par l’AFP témoignent de scènes de destruction massive, dévoilant des bâtiments aplatis et des montagnes de gravats où des familles tentent de dégager leurs proches. À La Guaira, Amparo del Giudice, qui recherche son fils enseveli, a témoigné de son impuissance auprès de l’AFP : « Il y a beaucoup de blocs de pierre, on ne peut pas les enlever avec les mains ». Dans ce contexte d’urgence, et rappelant que des millions de Vénézuéliens souffraient déjà d’insécurité alimentaire avant ces séismes, les agences de l’ONU et les organisations humanitaires ont officiellement réclamé un « accès humanitaire rapide et sans entrave ».
Par Guinee28


