Le Premier ministre de la Guinée équatoriale, Manuel Osa Nsue Nsua, a présenté la démission de l’ensemble de son gouvernement au chef de l’État lors d’une session extraordinaire du Conseil des ministres. L’information a été annoncée le mardi 16 juin par le vice-président, Teodoro Obiang Nguema Mangue, sur son compte X.
Cette démission collective intervient à la suite d’une évaluation interne ayant révélé un taux d’exécution des objectifs gouvernementaux de seulement 10 %. Selon un communiqué officiel, ce résultat a été jugé insuffisant au regard des ressources allouées. Plaidant pour « une administration plus dynamique, plus efficace et plus proche des besoins des citoyens », le vice-président a justifié cette décision en affirmant : « La confiance accordée par le chef de l’État aux membres de l’exécutif exige efficacité, discipline, capacité de gestion, obligation de rendre des comptes et une orientation claire vers les résultats. »
Ce changement à la tête de l’exécutif se produit dans un climat de forte pression économique. D’après les données fournies par la Banque mondiale, la Guinée équatoriale, lourdement dépendante de ses hydrocarbures, subit un ralentissement prolongé dû au déclin de sa production pétrolière et à la baisse des investissements. L’institution financière prévoit une contraction du PIB de 5,4 % pour l’année 2025 et de 3,5 % sur la période 2026-2027. Sur le plan social, la Banque mondiale estime que le taux de pauvreté s’élèvera à 61 % en 2025, avec un taux de chômage atteignant 13,7 %, dans un pays où une part importante de la population reste privée d’eau courante et d’électricité.
Nommé le 17 août 2024 après avoir dirigé la Banque nationale, Manuel Osa Nsue Nsua avait pour mission de conduire l’Agenda 2035, un programme destiné à réduire la dépendance au pétrole par le développement du tourisme et des économies bleue, verte, jaune et numérique. Commentant ces enjeux de diversification, la Banque mondiale a indiqué dans une récente analyse que « le maintien de la dynamique des réformes et leur mise en œuvre effective seront essentiels pour renforcer la gouvernance et l’environnement des affaires, et stimuler une croissance tirée par le secteur privé et favorable aux populations les plus démunies ».
Par Guinee28


