SIGUIRI —Le grave accident survenu dans l’après-midi du dimanche 7 juin sur le site d’orpaillage artisanal de Fidi, situé dans la sous-préfecture de Kintinian (préfecture de Siguiri), s’est considérablement alourdi. Selon les informations fournies par un confrère de la presse locale ce mardi 9 juin, le bilan s’est alourdi à onze morts confirmés.
À ce décompte macabre s’ajoutent quatre blessés graves actuellement pris en charge par les structures sanitaires. L’angoisse reste entière pour les familles : plusieurs personnes manquent encore à l’appel, le nombre exact de travailleurs présents au moment de l’effondrement demeurant impossible à chiffrer avec précision.
Deux camions pris au piège
Le fil des événements se précise à mesure que les fouilles progressent. Selon les témoignages concordants des mineurs, un pan de terre massif s’est affaissé sur la zone de fouille, surprenant les ouvriers en pleine activité. L’éboulement a intégralement enseveli deux camions-bennes qui stationnaient dans la fosse pour charger du gravier aurifère.
Un responsable du site aurifère artisanal détaille la violence de la catastrophe et la répartition des victimes : « Le drame est survenu dans l’après-midi du dimanche alors que deux camions-bennes étaient en train de prendre du gravier. Dans le premier camion de 12 roues, il y avait 18 personnes à bord. Sept personnes ont réussi à s’échapper, quatre ont été blessées et sept sont décédées. Les premiers corps repêchés étaient au nombre de sept, dont quatre retrouvés hier et les autres aujourd’hui. Dans l’autre camion-benne de 10 roues, il y avait cinq personnes à bord, mais les machines ne sont pas encore arrivées à cet endroit », a-t-il expliqué à nos confrères de mediaguinee.
Une course contre la montre dans des conditions extrêmes
Depuis plus de 48 heures, les opérations de secours se déroulent dans des conditions particulièrement éprouvantes. Face à l’urgence absolue et à la quantité herculéenne de gravats à déplacer, la solidarité villageoise s’est immédiatement organisée aux côtés des autorités locales.
Devant la complexité des fouilles manuelles, la Société Aurifère de Guinée (SAG), une compagnie industrielle privée opérant dans la région, a été appelée en renfort. Elle a mis à disposition deux pelles mécaniques afin de déblayer la zone sinistrée et d’accélérer les recherches. Le même responsable du site a renchéri :
« Avec l’appui de moyens mécaniques dépêchés sur place, nous tentons de retrouver d’éventuels survivants et extraire les personnes encore ensevelies sous les décombres ».
L’inquiétude est maximale concernant le second camion de 10 roues, toujours emprisonné sous la terre. D’après les observations des orpailleurs locaux, « chaque engin mobiliserait habituellement entre 10 et 16 travailleurs ». Cette réalité logistique fait redouter aux secouristes une augmentation significative du nombre de victimes au cours des prochaines heures.
Le défi de la sécurité minière
À cette heure, aucun bilan définitif n’a été arrêté par les autorités administratives, qui observent une grande prudence. La nature informelle de ces exploitations rend le recensement des effectifs extrêmement opaque.
Ce nouvel accident vient cruellement rappeler « les dangers liés à l’exploitation artisanale de l’or dans la préfecture de Siguiri ». Une région minière où la précarité des installations artisanales continue de défier, souvent de manière fatale, les règles de sécurité les plus élémentaires.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


