Une importante quantité de viande de boucherie, jugée « impropre à la consommation humaine », a été saisie et détruite le 3 juin 2026 dans la commune urbaine de Labé, déclenchant une enquête et plusieurs arrestations dans le secteur de la boucherie. Cette opération de salubrité publique a été menée par la Direction Nationale des Services Vétérinaires (DNSV), à travers la Direction Préfectorale de l’Agriculture et de l’Élevage de Labé, en étroite collaboration avec les autorités administratives, les forces de défense et de sécurité ainsi que les services techniques concernés.
Selon les informations recueillies, cette viande aurait été offerte lors de la fête de Tabaski par des ressortissants turcs, puis stockée pendant une longue période dans une chambre froide avant de se détériorer. Malgré son état, elle aurait été destinée à la vente sur le marché local.
Des bouchers affirment que la décision de commercialiser cette viande aurait été prise par la coopérative locale, en lien avec certains acteurs du secteur, et dénoncent une tentative d’écoulement d’un produit déjà altéré.
Un boucher, opposé à cette opération, explique que « des consignes auraient été données pour suspendre temporairement les abattages afin de privilégier la vente de cette viande », affirmant également que la marchandise dégageait une forte odeur de décomposition et présentait des signes évidents de détérioration. Un autre acteur du secteur indique que plusieurs points de vente avaient été identifiés et qu’une partie de la viande aurait déjà été écoulée auprès de consommateurs peu informés de son état réel.
Le président de la coopérative des bouchers de Labé, Boubacar Kanté, rejette en bloc ces accusations. Il affirme que l’objectif était de permettre l’accès à une viande à prix réduit pour la population, tout en rappelant que la qualité dépend des contrôles vétérinaires.
Alertée par la situation, la Brigade de recherches est intervenue pour saisir l’ensemble de la marchandise suspecte afin de la transporter pour expertise. Lors des inspections effectuées sur le terrain, les agents ont formellement constaté la présence de produits carnés présentant un « état de dégradation avancé » et des conditions de conservation ne répondant pas aux exigences sanitaires en vigueur.
Face aux risques potentiels pour la santé des consommateurs, les services compétents ont immédiatement procédé à la destruction de la marchandise par enfouissement, sous la supervision des autorités habilitées.
En parallèle, plusieurs personnes ont été auditionnées, dont le président de la coopérative, un vétérinaire et un notable impliqué dans la gestion de la viande. Selon des sources de l’Inspection régionale du commerce, les principaux suspects auraient été placés en garde à vue dans l’attente des résultats de l’enquête.
Alors que l’affaire continue de susciter de vives tensions au sein de la filière viande à Labé entre accusations de gestion opaque et inquiétudes sanitaires, la Direction Préfectorale de l’Agriculture et de l’Élevage de Labé a rappelé aux acteurs de la filière bétail-viande l’obligation de respecter scrupuleusement les normes d’hygiène, de conservation, de transport et de commercialisation.
Elle exhorte également les populations à s’approvisionner exclusivement auprès des points de vente agréés et à signaler aux services compétents toute suspicion de commercialisation de viande impropre.
Par Mouctar Barry


