Au Sénégal, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a limogé son Premier ministre Ousmane Sonko ce vendredi 22 mai à Dakar, entraînant par ricochet la dissolution du gouvernement. L’annonce officielle a été faite à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, via un communiqué stipulant que le chef de l’État a « mis fin aux fonctions de monsieur Ousmane Sonko Premier ministre, et par conséquent à celles des ministres et secrétaires d’Etat membres du gouvernement », tout en précisant que « les membres du gouvernement sortant sont chargés d’expédier les affaires courantes ».
Ce limogeage découle de longs mois de rivalité et de dualité au sommet de l’État entre les deux hommes, autrefois alliés sous le slogan « Diomaye Moy Sonko ».
Porté au pouvoir par l’influence de son ancien mentor, disqualifié de la présidentielle de 2024 , le président Faye a fini par sanctionner la « personnalisation excessive » de son Premier ministre, qui bénéficie d’une forte popularité auprès de la jeunesse et dont le parti contrôle l’Assemblée nationale.
Les frictions se sont cristallisées autour de l’avenir politique du pays, alors qu’une récente réforme électorale ouvre la voie à une candidature de Sonko en 2029, face aux ambitions émergentes du président sortant.
À cela s’ajoute une ligne politique clivante de la part du Premier ministre, qui a fustigé le jour même devant le Parlement la « tyrannie » de l’Occident sur les questions de mœurs, dans un contexte économique lourd où le Sénégal fait face à une dette culminant à 132% du PIB et à la suspension d’un programme d’aide du FMI.
Après l’annonce de son éviction, Ousmane Sonko a réagi dans la nuit depuis son domicile du quartier de Keur Gorgui, où il a salué ses partisans venus l’acclamer en déclarant : « Alhamdoulillah. Ce soir je dormirai le cœur léger ». Aucune information n’a encore été communiquée quant à l’identité du futur chef du gouvernement.
Par Guinee28


