L’émotion est à son comble au quartier Friguiady Nord, dans la commune de Manéah. Le vendredi 1er mai 2026, aux alentours de 13 heures, la vie de la petite I.D., une écolière de seulement 6 ans, a basculé dans l’horreur. Alors que sa mère s’apprêtait à accompagner sa sœur à l’hôpital, l’enfant a été attirée par un voisin d’une cinquantaine d’années, Abdoulaye Sylla, tristement surnommé « Rambo ».
Le mode opératoire décrit par la victime est d’une froideur glaçante : « Il m’a donné un liquide » contenu dans une bouteille, a raconté la fillette, avant que son agresseur ne la déshabille et ne l’entraîne de force dans sa chambre. C’est en rentrant chez elle, les bras chargés de petits objets offerts par le suspect, que l’enfant a commencé à se tordre de douleur. Ce qui n’était au départ qu’une suspicion pour la mère s’est transformé en un cauchemar bien réel lorsque la petite a décrit les violences subies. Les jambes tremblantes, le corps meurtri, l’enfant souffre aujourd’hui le martyre.
L’émotion est d’autant plus vive que le calvaire de la fillette se poursuit dans sa chair. Selon le récit déchirant de sa mère, la petite victime « peine même à marcher et se déplace parfois en rampant à cause des douleurs ». Transportée d’urgence à l’Hôpital Régional d’Enta Nord, les examens médicaux ont confirmé l’indicible : un viol d’une extrême violence.
Face à cette tragédie, la riposte judiciaire ne s’est pas fait attendre. Alertées par le père, les forces de sécurité et l’OPROGEM ont interpellé Abdoulaye Sylla. Ce dernier a été présenté devant le Tribunal de première instance de Coyah le mardi 5 mai 2026. Le ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités a précisé qu’ « à l’issue de sa première comparution, il a été placé sous mandat de dépôt et transféré à la Maison Centrale de Coyah ».
Alors que la ministre Patricia Lamah a dépêché une mission pour soutenir cette famille brisée et démunie, le département crie son indignation face à cet acte qui piétine la dignité humaine. « Aucun auteur de tels actes ne doit bénéficier d’impunité », martèle le ministère, tandis que les parents, plongés dans une détresse absolue, supplient pour que les soins de leur fille soient assurés et que le coupable réponde de sa barbarie. Pour cette écolière dont l’innocence a été fauchée à 13 heures, au détour d’un geste faussement généreux, le combat pour la vie et pour la justice ne fait que commencer.
Ce drame à Coyah n’est malheureusement pas un cas isolé, mais le reflet d’une réalité nationale de plus en plus sombre. Le viol sur mineur est devenu un fléau d’une fréquence alarmante en Guinée, particulièrement dans la zone spéciale de Conakry et ses périphéries, où les signalements s’accumulent dans les commissariats et les centres de santé.
Cette recrudescence de la barbarie contre les plus vulnérables dénote l’urgence absolue de dépasser le stade des simples condamnations de principe. Il devient impératif que les autorités et les acteurs sociaux durcissent les mesures de protection et de répression, car chaque minute d’inaction laisse la porte ouverte à de nouveaux récits glaçants, brisant à jamais l’avenir des jeunes filles du pays.
Par Mariam Bâ


