À Labé, le torchon brûle entre l’administration régionale et la corporation des bouchers, plaçant le panier de la ménagère au cœur d’un bras de fer sur le prix du kilogramme de viande. Alors que les étals affichent désormais 60 000 GNF, le gouverneur de région, le Général Boundouka Condé, a vigoureusement rappelé à l’ordre les acteurs de la filière, insistant sur le maintien du tarif officiel à 50 000 GNF jusqu’à nouvel ordre.
Cette mise au point intervient dans un climat de haute tension, marqué par la suspension de cinq bouchers, sanctionnés pour avoir pratiqué des prix illicites allant jusqu’à 75 000 GNF.
Le chef de l’exécutif régional dément fermement toute imposition unilatérale, précisant que le seuil des 50 000 GNF résultait d’un accord consensuel établi durant le mois de Ramadan, après que les bouchers eurent initialement tenté d’imposer un tarif supérieur.
Face à l’argument de la rareté du bétail en période de soudure et au coût du transport vers la capitale, le gouverneur oppose une fermeté administrative, conditionnant toute révision tarifaire à une analyse rigoureuse des services du commerce.
De son côté, la coopérative des bouchers justifie ce passage à 60 000 GNF comme un mal nécessaire pour éviter une pénurie totale sur le marché local, tout en promettant un retour à la normale dès les premières pluies.
Pour l’heure, le Général Boundouka Condé reste inflexible : tant qu’aucun protocole écrit n’est validé, toute vente au-delà du prix plancher de 50 000 GNF sera considérée comme une infraction, exposant les contrevenants à des fermetures de stands et à des amendes systématiques.
Par Mariam Bâ


