Dans une allocution d’une virulence sans précédent, Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a officiellement appelé à une « résistance frontale » contre le régime du général Mamadi Doumbouya. Cette déclaration de rupture marque un tournant majeur dans l’histoire politique du pays, le chef de l’opposition affirmant que face à la tyrannie, « la résistance devient un devoir ».
Le leader de l’UFDG réagit ainsi au séisme politique survenu tard dans la nuit du vendredi 6 mars 2026. Par un arrêté diffusé à la télévision nationale, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a prononcé la dissolution de 40 partis politiques pour « manquements à leurs obligations légales ». Cette mesure de proscription frappe les piliers de l’échiquier guinéen, notamment l’UFDG, le RPG Arc-en-ciel d’Alpha Condé et l’UFR de Sidya Touré. D’anciennes formations au pouvoir comme le PUP et le PDG-RDA figurent également sur cette liste, aux côtés de l’ARENA, l’UGDD ou le GRUP.
Face à cette « mise à mort programmée de la démocratie », Cellou Dalein Diallo dénonce une volonté morbide d’instaurer la pensée unique et un « Parti-État ». Selon lui, Mamadi Doumbouya et son clan, dépourvus de toute légitimité électorale, cherchent à effacer du paysage politique les forces susceptibles de leur porter ombrage. Le leader politique qualifie le 5 septembre 2021 de point de départ d’un « déclin national » marqué par des restrictions drastiques, des assassinats ciblés et des disparitions forcées qu’il assimile à des crimes contre l’humanité.
La décision du MATD entraîne des conséquences immédiates : perte de la personnalité morale, interdiction formelle de toute activité sous ces bannières et mise sous scellés des sièges nationaux et locaux. Le patrimoine des partis est placé sous séquestre dans l’attente d’une liquidation. Ce démantèlement de l’opposition intervient alors que la Guinée s’apprête à organiser des élections législatives et communales le 24 mai 2026, un scrutin qui se dessine désormais sans ses principaux acteurs historiques.
Pour Cellou Dalein Diallo, l’espace civique ayant été purement et simplement supprimé, il n’existe plus d’alternative au dialogue ou aux voies légales. Il exhorte donc les forces vives du pays à une « union sacrée » et à une lutte de libération nationale. Invoquant la mémoire des martyrs et la dignité non négociable du peuple, il assure que le régime d’exception a trop duré et que les dictatures finissent toujours par tomber.
En appelant les Guinéens à se lever comme un seul homme, l’ancien Premier ministre prévient que l’oubli et le pardon ne seront plus de mise et que chacun devra, le moment venu, répondre de ses actes devant l’histoire.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


