L’ancien ministre Ibrahima Kourouma a enfin quitté la Maison centrale de Conakry ce mercredi 25 février 2026, rejoignant son domicile en début de soirée après plus de trois ans de détention. Cette libération effective intervient une semaine après l’arrêt de la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), qui avait prononcé sa relaxe totale, infirmant ainsi sa condamnation de mai 2025 pour enrichissement illicite.
Bien que le parquet spécial ait immédiatement formé un pourvoi en cassation devant la Cour suprême pour contester cette décision, l’ancien ministre de l’Enseignement préuniversitaire et de l’Habitat a pu recouvrer la liberté.
Son avocat, Me Almamy Samory Traoré, a salué cette application du droit, attribuant ce dénouement à l’intervention du nouveau Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, saisi par la défense pour faire respecter les garanties légales de son client.
Incarcéré depuis le 21 avril 2022, Ibrahima Kourouma était poursuivi pour des détournements présumés de deniers publics s’élevant à 612 milliards de francs guinéens et 12 millions de dollars, portant sur la gestion des examens nationaux et des infrastructures scolaires entre 2011 et 2014. Si l’ancien dignitaire du régime d’Alpha Condé a retrouvé les siens, la bataille judiciaire n’est pas close : l’affaire se déporte désormais devant la Cour suprême, dont l’arbitrage final scellera définitivement le sort de ce dossier emblématique.
Par I.Sylla


