Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté, a reçu une délégation de l’Union européenne (UE) à Conakry ce vendredi 6 février.
Cette rencontre fait suite aux déclarations de l’ambassadeur de l’UE en Guinée, Xavier Sticker, qui avait critiqué le 28 janvier dernier l’insuffisance de la coopération guinéenne en matière de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière.
La position de l’Union européenne
Bruxelles conditionne la fluidité de l’octroi des visas à une meilleure collaboration de Conakry sur le retour des migrants, qu’ils soient volontaires ou forcés. Lors de sa sortie médiatique, l’ambassadeur Xavier Sticker a menacé qu’en l’absence de progrès sur la délivrance des laissez-passer consulaires, l’UE pourrait activer l’article 25 bis du Code des visas. Cette mesure entraînerait une hausse des frais de dossier de visa ; un allongement des délais de traitement ou encore une réduction de la durée de validité des titres délivrés, notamment pour les étudiants et les opérateurs économiques.
La réponse de la diplomatie guinéenne
En réponse, Morissanda Kouyaté a rejeté la pression exercée par l’UE, affirmant que les menaces de restrictions n’auraient d’impact que sur une minorité de la population.
« J’ai vu dans la presse que l’Union européenne menace la Guinée parce que si la Guinée ne fait pas ceci, on ne donne pas les visas aux Guinéens et tout. Non, les 99% des Guinéens ne veulent pas aller en Europe. Ça il faut le savoir. C’est une infime partie qui veut partir. Donc ça ne nous effraie pas. Là on va faire l’article 25, les visas vont durer. Si les visas durent, nous aussi les visas durerons chez nous. Et ça ce serait malheureux qu’une institution aussi importante dans le monde soit en conflit avec notre pays. Ce n’est ni bon pour l’Union européenne, ni pour la Guinée. Évitons cela. Travaillons et rien ne sera restreint », a déclaré le chef de la diplomatie guinéenne.
Le ministre a toutefois mis en garde contre une possible application de la réciprocité diplomatique concernant les délais de délivrance des visas pour les ressortissants européens.
Sur le fond du dossier migratoire, Morissanda Kouyaté a posé deux conditions pour la poursuite du dialogue. Il s’agit du refus des expulsions par vols charters dans des conditions jugées humiliantes et le rejet formel des identifications de nationalité effectuées par téléphone cellulaire.
Tout en prônant la recherche de solutions pragmatiques, la Guinée mise donc sur une ligne de fermeté sur la protection des droits de ses concitoyens à l’étranger.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


