L’Office Central Antidrogue (OCAD) a marqué un point décisif dans la traque des réseaux de stupéfiants. Suite à l’interpellation d’une convoyeuse en possession de 16,8 kg de haschich en décembre dernier, les enquêteurs ont réussi à remonter la filière jusqu’à la tête présumée du réseau, présentée à la presse ce vendredi 23 janvier 2026.
L’affaire a débuté le vendredi 19 décembre 2025 au cœur de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré. Lors d’un contrôle de routine, les agents de l’OCAD interceptent Mme Dacosta Quinta (ou Kinta). La fouille de ses bagages révèle une cargaison de 159 plaques de haschich, un dérivé de cannabis à haute concentration, pour un poids total de 16,8 kilogrammes.
Une dénonciation et un mois de traque
Placée en interrogatoire, la présumée trafiquante n’a pas tardé à collaborer avec les enquêteurs. Elle a formellement désigné une certaine Mme Fatoumata Sy comme étant la propriétaire de la marchandise, avouant au passage avoir déjà effectué deux convoyages importants pour le compte de cette dernière.
Sous la direction de la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN), une vaste opération de surveillance a alors été lancée. « Il a fallu un mois de recherche, de filature et de surveillance autour de Madame Fatoumata Sy pour que mon équipe réussisse à l’interpeller », a précisé Abdoulaye Sangaré, Directeur Général de l’OCAD. Cette dernière a finalement été arrêtée le 19 janvier 2026.
L’interpellation de Fatoumata Sy est perçue comme une victoire majeure pour les autorités. Selon Abdoulaye Sangaré, son nom apparaissait de manière récurrente dans de nombreuses enquêtes liées à l’introduction du haschich en Guinée, où une seule plaquette se négocie à environ 5 millions de francs guinéens.
Lors de son audition, la mise en cause a admis avoir effectué de multiples voyages dans la sous-région et au Maghreb, notamment au Mali, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Tunisie et au Maroc. Si elle reconnaît transporter des substances vers l’étranger, elle nie cependant avoir introduit de la drogue sur le sol guinéen.
Des poursuites devant le tribunal de Mafanco
Malgré sa ligne de défense, les charges retenues contre les deux femmes sont lourdes. Selon le capitaine Rama Baldé, porte-parole de la DGPN, elles sont poursuivies pour détention ; transport ; trafic international de cocaïne et de substances psychotropes.
Ces faits, prévus et punis par les articles 812 et 821 du Code pénal en vigueur, exposent les deux prévenues à de sévères sanctions. Le dossier a été transféré au Tribunal de Première Instance (TPI) de Mafanco, chargé de juger l’affaire.
Cette opération s’inscrit dans la stratégie de fermeté affichée par les unités de police qui, sur l’ensemble du territoire national, intensifient la lutte contre le grand banditisme et les réseaux de criminalité organisée.
Par Mariam Bâ


