La Confédération africaine de football (CAF) a annoncé, lundi 12 janvier 2026, l’ouverture d’enquêtes disciplinaires suite aux graves incidents ayant émaillé les rencontres Algérie-Nigeria et Cameroun-Maroc. Arbitres pris pour cibles, échauffourées sur le terrain et heurts en zone mixte : l’instance dénonce des « comportements inacceptables ».
Il aura fallu 48 heures à la CAF pour sortir du silence après un week-end de tension extrême au Maroc. Dans un communiqué sans équivoque, l’instance cible les événements survenus le 9 janvier à Rabat (Cameroun-Maroc) et le 10 janvier à Marrakech (Algérie-Nigeria). Saisie de rapports officiels et de preuves vidéo, la commission de discipline examine des faits « contraires à l’éthique sportive » impliquant joueurs, officiels et, plus surprenant, des membres des médias.
Arbitres sous escorte et nerfs à vif
Le climat a basculé dès le coup de sifflet final de Cameroun-Maroc (0-2). Révoltés par l’arbitrage du Mauritanien Dahane Beida, coupable à leurs yeux d’avoir ignoré une faute sur Bryan Mbeumo dans la surface, des membres du staff camerounais ont tenté d’encercler l’officiel, contraint de quitter la pelouse sous protection policière.
Le scénario s’est répété, avec une intensité accrue, lors de l’élimination de l’Algérie face au Nigeria (0-2). Les Fennecs, contestant l’arbitrage du Sénégalais Issa Sy (notamment un penalty non sifflé pour une main), ont laissé éclater leur frustration dès la fin du match. Si l’arbitre a dû être exfiltré, les tensions se sont déplacées entre joueurs, Luca Zidane étant notamment impliqué dans une altercation avec les Nigérians Raphael Onyedika et Fisayo Dele-Bashiru.
Chaos en zone mixte et plainte de la FAF
L’insécurité a également gagné les tribunes et les coulisses. À Marrakech, la sécurité a dû repousser des tentatives d’envahissement de terrain et des jets de projectiles. Plus inquiétant encore, une bagarre a éclaté en zone mixte entre des journalistes algériens et marocains, nécessitant plusieurs interventions pour mettre fin aux intimidations.
La CAF a prévenu : « Toute attitude contraire aux standards de professionnalisme fera l’objet de mesures disciplinaires ».
En réponse, la Fédération algérienne de football (FAF) a lancé une contre-offensive diplomatique. Tout en saluant le parcours de son équipe, la FAF a annoncé avoir déposé une plainte officielle auprès de la CAF et de la FIFA. Elle fustige des décisions arbitrales ayant « porté atteinte à la crédibilité du football africain » et réclame une enquête approfondie pour faire la lumière sur ces faits.
Par I.Sylla


