Trois jours après la signature du décret déclassant les réserves foncières de Simbaya-Wanindara et de l’île de Kassa au profit de leurs occupants, le général Mamadi Doumbouya s’est rendu ce lundi 19 octobre à Wanindara, où il a été accueilli par une foule en liesse. Un geste politique dans ce bastion historique des contestations.
Au lendemain de l’officialisation de cette mesure très attendue, le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, a effectué une visite de terrain particulièrement remarquée dans ce quartier emblématique de la haute banlieue de Conakry, afin d’échanger directement avec les habitants et de mesurer la portée de la décision présidentielle.

Accueilli sous une forte escorte sécuritaire, le chef de l’État a été reçu par une foule nombreuse et enthousiaste de riverains venus exprimer leur soulagement. Sur place, Mamadi Doumbouya s’est offert un bain de foule, recevant chaleureusement les bénédictions des sages ainsi que les remerciements des autorités locales, notamment le maire de la commune et les représentants du conseil de quartier.
Cette initiative s’appuie sur un acte réglementaire majeur visant à débloquer une situation domaniale complexe dans la capitale et ses environs. La décision porte en premier lieu sur le site de Simbaya-Wanindara, un vaste domaine de 315 hectares, 38 ares et 35 centiares (titre foncier n° 23-190-2018-TF de Conakry), encadré jusqu’ici par le décret n° 211-PRG-SGG-89 du 23 novembre 1989. La seconde réserve concernée est celle de l’île de Kassa, immatriculée sous le titre foncier n° 23-267-2018-TF.
Conformément à l’article 2 du texte officiel, ces deux zones feront désormais l’objet d’opérations de restructuration, de régularisation et d’aménagement urbain au bénéfice direct de leurs occupants. Ces démarches devront s’effectuer dans le strict respect du Code de l’urbanisme et du Code foncier et domanial.
Le texte fixe toutefois un périmètre précis : sont expressément exclues du déclassement les parcelles sous baux emphytéotiques ou à construction, ainsi que l’intégralité des équipements publics (écoles, centres de santé, terrains de sport, espaces verts, cimetières). Les lieux de culte, les installations des forces de défense et de sécurité, les servitudes techniques ainsi que les emprises de la route le Prince, des transversales et des axes secondaires demeurent également hors du dispositif.
Afin de garantir l’exécution méthodique des termes du décret, le président de la République a officiellement chargé les ministres en charge de l’Urbanisme, de la Défense nationale, de l’Administration du territoire et de la Sécurité de veiller à l’application stricte des directives.
La forte mobilisation citoyenne observée lors de cette visite éclair dans un quartier historiquement réputé comme un haut lieu des tensions politiques à Conakry semble marquer un tournant décisif dans les relations entre le pouvoir central et les populations locales. Du moins pour le moment.
Par Mariam Bâ

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