La Haute Autorité de la Communication (HAC) a prononcé, ce jeudi 12 mars 2026 lors d’une séance plénière extraordinaire, la suspension pour trois mois des sites africaturemedia.com et guineesource.com, ainsi que de leurs canaux de diffusion.
Les journalistes Saa Édouard Tinguiano et Foromo Lamah, non détenteurs de la carte professionnelle, sont également suspendus pour six mois. L’instance de régulation les accuse d’avoir diffusé des images sensationnelles et des propos susceptibles d’attiser les tensions à la frontière entre la Guinée et le Liberia.
Ces sanctions interviennent après les incidents signalés le 10 mars à Kiéssènèye, localité de Guinée forestière située près de Guéckédou, à environ 700 kilomètres de Conakry. Selon plusieurs sources locales, le décrochage du drapeau guinéen par des jeunes libériens pour y hisser le leur a déclenché des heurts.
L’intervention de militaires guinéens a provoqué des accrochages avec les populations locales avant que la troupe ne se replie pour éviter une escalade.
Si Monrovia revendique la zone concernée, les autorités guinéennes soutiennent qu’elle relève de leur territoire.
Le préfet de Guéckédou est intervenu pour dissuader des jeunes guinéens de se rendre sur les lieux en réaction à ce qu’ils considèrent comme une provocation.
Dans un communiqué, le gouvernement libérien a appelé au calme et préconisé une solution diplomatique pour préserver les relations de bon voisinage.
Ces tensions surviennent pourtant quelques jours après une rencontre de haut niveau tenue le 8 mars à Guéckédou entre le ministre guinéen de l’Administration du territoire, le général Ibrahima Kalil Condé, et son homologue libérien des Affaires intérieures, Niuma Ley. Les deux délégations s’étaient alors engagées à privilégier le dialogue pour résoudre les différends frontaliers.
Ce contentieux fait suite à un précédent incident lié à l’extraction de sable dans le fleuve Makona. Conakry avait ordonné la saisie de machines d’une entreprise libérienne, arguant d’une exploitation illégale sur le sol guinéen, tandis que Monrovia affirmait que l’activité se déroulait à Foya, côté libérien.
Le général Ibrahima Kalil Condé a par ailleurs dénoncé un déplacement du drapeau libérien à l’intérieur des limites guinéennes, qualifiant cet acte d’occupation illégale violant le principe d’intangibilité des frontières héritées de la colonisation.
Par I.Sylla


