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Qui peut croire qu’Alpha Condé va livrer à la justice ses exécutants ?

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Les dirigeants de notre pays et leurs nervis des forces de sécurité, confiants en leur impunité, ont toujours réprimé dans le sang toute contestation de leur mal gouvernance.

Rappelez-vous qu'en 1958, 1984 et 2010, ces dirigeants se sont présentés devant nous avec les mots Liberté et Démocratie, qui représentent les plus grandes aspirations de tous les peuples du monde en tout temps. Nous avions cru en eux, alors qu'en réalité, ils n'étaient que des autocrates violents, impitoyables et incompétents. A la place de la liberté et de la démocratie promise, ils nous ont fait couler des larmes et du sang. N'est ce pas qu'on est mieux servi que par soi-même? Nous devons donc nous battre nous-mêmes pour garantir nos libertés et nos droits fondamentaux inscrits dans le titre 2 de notre Constitution.
Je considère que depuis 2012, toutes les discussions informelles et tous les accords passés avec Alpha Condé, notamment en ce qui concerne les violences d'Etat infligées aux manifestants, se sont révélés n'être qu'un cirque de très mauvais goût. Désormais, qui peut croire qu'Alpha Condé va livrer à la justice ses exécutants ? Depuis 2011, ce ne sont que les manifestants qui ont été arrêtés, jugés et condamnés par la Justice qui n'a pas considéré que les assassinats de citoyens méritent d'être élucidés.
Soyons pragmatiques, nous sommes dans un monde ouvert et nous disposons de tous les instruments juridiques internationaux pour traquer et faire condamner les tueurs et leurs commanditaires.
Je demande à des avocats et activistes de la société civile épris de justice, de se retrouver pour créer un collectif contre l'impunité qui se chargera, dans le cadre du volontariat, de prendre les dossiers des crimes sur les manifestants à Conakry et les villageois de Zogota lâchement assassinés dans l'exercice de leur droit constitutionnel pour certains et dans leur sommeil pour d'autres.
Ce collectif doit prendre contact avec toutes les ONG internationales et africaines qui ont traqué et fait condamner par un tribunal spécial à Dakar, l'ancien chef d'État tchadien Hissène Habré. Dans l'immédiat, tous les dossiers individuels de ces personnes tuées en violation flagrante de notre Constitution doivent être transmis à la Cour de justice de la CEDEAO. C'est la première étape d'un processus qui servira d'exemple à tous ceux qui pensent que les crimes sont payants. Je rappelle que c'est par son arrêt du 18 novembre 2010 que la Cour de justice de la CEDEAO a décidé que Hissene Habré devrait être jugé par "une juridiction spéciale ad hoc à caractère international". En janvier 2011, l'UA a répondu à l'arrêt de la CEDEAO en proposant un projet pour des chambres spéciales au sein du système judiciaire sénégalais comprenant des juges nommés par l'UA. Le principe de la compétence universelle peut être appliqué sur ces cas de crimes contre nos compatriotes.
Les crimes commis contre les citoyennes et citoyens de notre pays ne doivent pas se négocier entre acteurs politiques. D'ailleurs, nous sommes tous témoins que rien de concret n'est sorti de leurs conciliabules sur le sujet depuis 2013. Comme la justice guinéenne a failli, place à la justice internationale. La justice de la CEDEAO peut être saisie directement sans passer au préalable devant la justice d'un pays membre.
Si nous voulons faire cesser les tueries des Guinéens, agissons. Nous sommes tous concernés, car chacun de nous peut se retrouver au mauvais moment et au mauvais endroit comme cette jeune mère de six enfants Mariama Bah tuée par balles le 14 mars dernier.
Je dirais aux proches des victimes de refuser toutes indemnités forfaitaires tant que la justice ne s'est pas prononcée sur les assassinats. Ils auront plus de garantie avec les juridictions internationales qui condamneront l'Etat guinéen à payer des dommages et intérêts aux victimes.
Nous avons perdu le sens de nos valeurs. Que ce soit les dirigeants ou les citoyens, la vie humaine a perdu son caractère sacré. Nous voyons bien de simples citoyens se réjouir des assassinats de leurs propres compatriotes et encourager le pouvoir à sévir sous prétexte de faire respecter l'autorité. Ils oublient que l'Etat a l'obligation stricte de respecter toutes les dispositions du titre 2 de notre Constitution. Ce combat qui consiste à faire soumettre l'Etat au droit est le seul qui vaille d'être mené par tous les Guinéens au regard de notre sanglante histoire politique depuis ces six dernières décennies.
Trêve de parole, que nos avocats et activistes de la société civile combattants de la liberté avec les proches des victimes se lèvent pour mettre fin à l'impunité, que toutes les citoyennes et citoyens Guinéens qui tiennent à la liberté, la justice et la paix se joignent à eux pour faire aboutir cette lutte.

Par Alpha Saliou Wann

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Médias : les associations de presse rappellent à l’ordre le SPPG ( déclaration)

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Les Associations professionnelles de presse de Guinée, ont appris, par voie presse, la décision du Syndicat de la presse professionnelle de Guinée(SPPG), interdisant à un journaliste d’une radio privée locale, l’exercice de son métier jusqu’à nouvel ordre.

Cette décision, première du genre en Guinée, a fait l’objet d’échanges, le jeudi 18 août 2022, entre les présidents des associations de presse et le Secrétaire général du SPPG. Ces responsables d’associations de presse ont proposé au Secrétaire Général du SPPG, de prendre les dispositions idoines, à l’effet de rapporter ladite décision.

Les présidents des Associations de presse ont rappelé au Secrétaire Général du SPPG, que la décision extrême de suspendre ou d’interdire à un Journaliste d’exercer son métier, ne peut être prise que par la Justice et la Haute Autorité de la Communication.

Par conséquent, les Associations professionnelles de presse de Guinée se désolidarisent de cette décision illégale du SPPG. Les Associations professionnelles de presse de Guinée se réservent ainsi le droit de saisir la Haute Autorité de la Communication (HAC), pour toutes fins utiles.

Ont signé:

Le Président de l’URTELGUI

Le Président de l’AGUIPEL

Le Président du REMIGUI

Le Président de l’AGEPI

 

 

 

 

 

 

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Guinée : la junte menace les conseils communaux

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En marge du conseil des ministres du jeudi 18 août, le chef de la junte a mis en garde les conseils communaux.

Alors que le colonel Mamadi Doumbouya a déjà dissous les mairies de Siguiri, Gaoual et Dialakoro pour mauvaise gestion et détournement, il a rappelé aux autres communes "les impérieuses obligations"'qui les  incombent "par rapport à la gestion correcte et transparente des fonds publics de leurs collectivités".

A défaut "d’observer ces prescriptions légales, il sera procédé à leur dissolution et de leur remplacement par des délégations spéciales, conformément à la Loi », a-t-il averti, selon le compte-rendu dudit conseil lu par le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo.

Par I.Sylla

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Yayi plus déterminé que jamais !

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C’est annoncé. Le médiateur de Cédéao sera de retour à Conakry cette semaine pour la suite de sa mission. Cette fois-ci son job sera d’apaiser les relations déjà tendues entre la Cédéao et les autorités de Conakry sur le délai de 24 mois de la transition évoqué par le président Embalo de la Guinée Bissau. Thomas Boni Yayi viendra nous répéter de ne pas nous en faire, que tout ira bien, et que son institution viendra à bout du régime d’exception comme nous le souhaitons tous. 

Si le succès de sa mission est certain, disons que cela dépendra de ses formules diplomatiques qu’il saura énoncer pendant ses prises de parole et ses actes. Parce que l’Onu, l’Ue et la Cédéao déplorent la situation qui prévaut à Conakry avec l’utilisation d’armes létales dans le maintien d’ordre qui tuent, mutilent et blessent les partisans du retour à la démocratie et à l’Etat de droit. Et, de leur côté, les acteurs sociopolitiques s’inquiètent de la perte de temps causée par la lenteur de la Cédéao et de la suite des événements qu’ils planifient et organisent, telles que les manifestations de rue, qui n’ont pas abouti à faire reculer le régime du colonel Doumbouya dans son enracinement.

Cela dit, en jetant un coup d’œil responsable sur tous ces indicateurs, il est possible d’avoir l’impression que la mission Yayi sera un succès même avec des signaux qui ne montrent pas que la junte saisit bien « l’urgence d’instaurer un dialogue inclusif en vue d’une transition garante de la paix sociale » comme au Burkina Faso et au Mali.

J’ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

 

 

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