L’exil forcé du Syli National commence à peser lourd sur les épaules de Paulo Duarte. À l’issue du match nul arraché face au Togo (2-2) au stade Moulay-Al Hassan de Rabat, le sélectionneur portugais a troqué son analyse tactique pour un plaidoyer vibrant en faveur d’un retour à Conakry. Malgré la remontée au score initiée par Serhou Guirassy, le technicien ne décolère pas de voir son équipe condamnée à l’itinérance depuis maintenant quatre ans. Pour lui, jouer au Maroc, aussi accueillantes que soient les infrastructures, prive ses joueurs d’un avantage psychologique essentiel : la ferveur populaire.
« On a besoin de jouer chez nous. On a besoin de jouer en Guinée. Le public a besoin de voir nos matchs en Guinée, les qualifications pour la CAN se faire en Guinée ; ce n’est pas au Maroc que je respecte. Le Maroc, je l’adore et il a des terrains fantastiques, mais ici on n’a pas de public », a martelé Duarte face à la presse.
Le sélectionneur insiste sur l’impact de cette absence de douzième homme, non seulement sur ses troupes, mais aussi sur le corps arbitral et la sérénité de l’adversaire : « L’arbitre a besoin de sentir le pressing du public. Ici, un adversaire qui joue au Maroc, si on fait du Maroc notre maison, l’adversaire sera confortable, très confortable. L’arbitre sera trop confortable et on va passer. »
Alors que les prochaines échéances pour les qualifications de la CAN se profilent pour septembre, Paulo Duarte lance un appel direct aux autorités guinéennes pour que les chantiers de mise aux normes des stades soient finalisés à temps.
Pour le technicien, l’argument du délai ne tient plus, estimant que le calendrier offre une fenêtre de tir idéale pour réintégrer le stade Général Lansana Conté, où le Syli n’a plus évolué depuis juin 2022. « On a gagné un an. On ne peut pas dire que le stade ne sera pas terminé. Jouer chez nous devant soixante mille personnes, ce n’est pas la même chose qu’avoir mille personnes à Casablanca ou à Rabat. Je demande aux autorités, s’il vous plaît, il faut accélérer la procédure. C’est là-bas qu’on fait de meilleurs résultats », a-t-il conclu, rappelant que l’identité et la performance de la sélection nationale restent intrinsèquement liées à sa terre.
Par I.Sylla


