Ce mois de janvier 2026, qui vient de tourner sa dernière page, restera gravé dans les annales comme le premier jalon du septennat. Il est celui qui nous a permis de tourner définitivement la page de la transition, scellant le destin de la République à travers la cérémonie d’investiture du président élu Mamadi Doumbouya.
Ainsi, nous venons de finaliser notre réintégration effective au sein de l’Union africaine, de la CEDEAO et de l’ONU, après la levée des dernières suspensions. Nous marquons notre retour au bercail international des pays dirigés par des chefs d’État élus.
Nous retrouvons notre place au sein de la grande famille institutionnelle mondiale. Ce que les juristes appellent la réintégration au concert des nations est désormais un fait. Oui ! Notre pays reprend ses droits et ses obligations dans toutes les instances qui régissent la marche du monde. Ce pas vers la Terre promise de la démocratie est immense. Il marque la fin d’un isolement douloureux de quatre ans.
Pourtant, cette joie ne doit pas nous aveugler. Le soulagement diplomatique ne saurait occulter l’exigence de la tenue prochaine des élections législatives, sénatoriales et communales. Car comme le dit le proverbe pastoral, « ce n’est pas parce que l’aube se lève que la journée de travail est terminée.»
Le temps du jubilé est donc encore loin. Très loin, même. Nos organisations régionales sont les nôtres. Il est vrai qu’elles traversent une crise de sens. Elles peinent à répondre aux aspirations profondes des militants de la démocratie. Elles existent davantage par leurs sommets que par leur impact réel sur le quotidien des citoyens en termes de solidarité et de développement. Mais il faut faire avec.
Nous savons tous que l’écart entre les idéaux et la pratique demeure béant, car les grandes puissances se permettent de mépriser les textes fondateurs de l’ONU ou de l’UA. Nous devons leur montrer que le temps des béni-oui-oui est révolu. Nous devons devenir des acteurs de la géopolitique mondiale. Nos voix doivent peser.
Notre retour dans les instances internationales n’est pas un chèque en blanc diplomatique, mais un devoir de respecter l’ordre constitutionnel.
Nous ne serons véritablement à la Terre promise que lorsque toutes les institutions seront meublées et animées par des femmes et des hommes de valeur, capables de remplir leurs fauteuils et non d’y figurer en pantins ou en mendiants dont la seule ambition est celle du ventre ou du nombril.
Cela doit être notre objectif à tous.
Notre mission de citoyens engagés pour la démocratie ne sera accomplie que lorsque nous aurons atteint la Terre promise. Celle d’une démocratie réelle et d’une République aux institutions pérennes, respectées de tous et par tous.
J’ai dit.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


