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« Notre panafricanisme n’est pas de la faiblesse » : face aux diplomates, Morissanda Kouyaté manie la carotte et le bâton

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guinee28 • 3 min de lecture

Pendant que Ouagadougou et Bamako organisent le rapatriement et la prise en charge de milliers d’orpailleurs quittant la région de Siguiri, le ministre guinéen des Affaires étrangères a convoqué le corps diplomatique ce jeudi. Devant les ambassadeurs, Morissanda Kouyaté a fait alterner rappels des gestes de solidarité passés et fermeté inflexible sur le respect de l’environnement et des lois. Un exposé au cours duquel Conakry a tenu à recadrer les enjeux face aux accusations de ses voisins.

Face à l’escalade des tensions diplomatiques nées de l’assainissement des zones minières de Siguiri, le gouvernement guinéen a tenu à fixer les règles du jeu. Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté, a réuni ce jeudi 5 novembre 2026 l’ensemble du corps diplomatique accrédité en Guinée pour clarifier la position de Conakry. L’objectif central de ce grand oral était d’expliquer les raisons sécuritaires et écologiques des fermetures de sites d’orpaillage illégal, de démentir les rumeurs d’expulsions ciblant des nationalités spécifiques et de rappeler que la solidarité sous-régionale ne saura justifier la destruction du patrimoine national.

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Pour justifier l’interdiction de l’exploitation sauvage de l’or décidée le 2 novembre et le déploiement des forces de sécurité dans le Nord-Est, Morissanda Kouyaté a dénoncé un fléau aux conséquences irréversibles : pollution au cyanure, déforestation, hécatombe d’animaux et ensablement du fleuve Niger ainsi que de la rivière Tinkisso.

Face aux ambassadeurs, le chef de la diplomatie a mis en avant l’incohérence qu’il y aurait à laisser détruire les ressources de la nation alors que le gouvernement impose des critères environnementaux rigoureux aux multinationales.

« Notre projet phare, Simandou 2040, nous avons pris des mois et des mois à négocier le respect de l’environnement par rapport à ce grand projet. […] Les exploitants de l’or sauvages vont venir déséquilibrer, détruire nos forêts, nos eaux et en allant obstruer nos rivières », a martelé le ministre, soulignant l’importance pour un pays produisant 72 tonnes d’or par an d’imposer un cadre légal et un développement durable.

« Le panafricanisme n’est pas de la faiblesse »

Abordant le volet le plus critique de l’opération — le départ de milliers d’orpailleurs étrangers —, Conakry récuse toute campagne discriminatoire et rappelle que la mesure s’applique à tous.

Le ministre a énuméré la diversité des nationalités interpellées sur le terrain, citant notamment des citoyens guinéens, chinois, maliens, 409 Burkinabè, ainsi que des ressortissants ivoiriens, togolais, ghanéens, nigérians, béninois, vietnamiens, indiens, sierra-léonais et camerounais.

Poursuivis pour exploitation illégale, dégradation de l’environnement et traite d’êtres humains, de nombreux travailleurs avaient été initialement remis sans poursuites à leurs chancelleries. Mais face à leur retour massif sur les sites, la diplomatie guinéenne a choisi la fermeté.

« Ils ont été renvoyés paisiblement, non poursuivis (…). Ils sont revenus par centaines et par milliers à Siguiri. Ils ont recommencé. Parce qu’ils ont confondu le panafricanisme du Président, le panafricanisme de la Guinée, avec de la faiblesse », a déclaré Dr Morissanda Kouyaté.

Alors que des sanctions administratives ont déjà frappé les responsables locaux complaisants et que le Burkina Faso organise le rapatriement par bus de ses ressortissants, le ministre a invité les chancelleries à vérifier les faits sur le terrain plutôt qu’à relayer la désinformation des réseaux sociaux. Conakry entend ainsi maintenir ses relations fraternelles avec ses voisins, tout en faisant respecter sa souveraineté minière et environnementale.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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