L’Afrique de l’Ouest s’est imposée comme une plaque tournante incontournable du narcotrafic mondial, au point de capter désormais au moins 30 % des flux de cocaïne destinés au marché européen en 2025. Selon le dernier rapport de l’Initiative mondiale contre le crime organisé (Gi-TOC), publié le 10 mars 2026, cette dynamique, en accélération constante depuis 2019, repose sur une corrélation directe entre l’explosion de la production en Amérique latine et la hausse de la demande européenne.
Cette pression mécanique se traduit par des saisies records, culminant à trente tonnes l’an dernier, incluant des cargaisons unitaires massives de dix tonnes qui étaient quasi inexistantes il y a encore six ans.
Si cette route détournée est privilégiée, c’est avant tout pour sa sécurité relative, garantie par une corruption qui s’insinue désormais dans les plus hautes sphères du pouvoir.
Les profits astronomiques générés par ce commerce offrent aux réseaux criminels des capacités de corruption sans précédent, transformant le marché de la drogue en une source de revenus irrésistible pour certains fonctionnaires et élites politiques de la région. Cette pénétration des institutions, du personnel aéroportuaire jusqu’au sommet des États, s’accompagne d’une crise sanitaire locale alarmante : le transit prolongé du produit a favorisé l’émergence d’une consommation indigène, notamment sous forme de crack, touchant durement les pays de la sous région.
Par Mariam Bâ


