Le Canada s’apprête à expulser, le 26 février prochain, une jeune mère guinéenne de 24 ans, la séparant brutalement de son nourrisson de quatre mois. Détenue au Centre de surveillance de l’immigration de Laval, Aminata (nom fictif) fait face à un renvoi forcé vers la Guinée sans qu’aucune évaluation des risques n’ait été menée par les autorités fédérales, selon les informations rapportées par Le Devoir.
Son avocate, Me Anne-Cécile Khouri-Raphael, dénonce une situation extrêmement dangereuse où sa cliente risque selon elle, la persécution, le mariage forcé et des violences physiques sévères, des examens médicaux ayant déjà confirmé la présence de cicatrices de brûlures et de coups de fouet, ainsi que des traces d’excision.
Arrivée au Québec en 2022 pour fuir ces violences, la jeune femme a vu sa demande d’asile rejetée par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) en juin 2024 pour une simple question d’identité liée à des erreurs administratives sur ses documents, sans que le fond de ses craintes ne soit jamais examiné.
Bien qu’intégrée socialement, ayant travaillé comme préposée aux bénéficiaires et s’étant mariée civilement, elle a tenté de se cacher en Ontario durant sa grossesse pour protéger son enfant de l’excision, avant de se livrer aux autorités le mois dernier.
Alors que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) préconise une détention ferme en raison d’un risque de fuite, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a également été impliquée dans le dossier, une intervention jugée abusive par des spécialistes de la parentalité en contexte migratoire cités par Le Devoir.
Me Khouri-Raphael réclame désormais un sursis de quelques mois afin de permettre une évaluation réelle des risques avant le renvoi (ERAR) et de préserver l’intérêt supérieur de l’enfant, actuellement privé de l’allaitement et de la présence de sa mère.
Par Mariam Bâ


