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Politique

Mali Yemberen : l’armée en question

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Une fois de plus les forces de défense et de sécurité ont frappé, cette fois-ci ce sont les populations de la commune urbaine de Mali qui sont leurs victimes. Nous avons vu les vidéos de leur barbarie : des blessés par balles, des commerces pillés, incendiés et la terreur qu’ils ont fait régner dans la ville deux jours durant.

Ces scènes de violences rapportés en direct par les sites guinéens et relayés par des vidéos sur les réseaux sociaux ont suscité l’émoi de tous ceux qui sont épris de justice, de paix et de sécurité dans notre pays. La presse internationale en a fait des reportages qui ont sans doute obligé le pouvoir à communiquer sur cet événement intolérable. Le ministre de la Justice s’est exprimé et le parquet général a fait un communiqué pour dire qu’une enquête judiciaire est ouverte. Mais nous savons tous que la Justice sur ordre du pouvoir a toujours été expéditive quand il s’agit d’arrêter et d’incarcérer les opposants du régime ou même de simples citoyens. J’ai vu mourir à la maison centrale un voleur à la tire d’un téléphone portable et un autre voleur d’un poulet. Ils sont des centaines dans ce cas qui meurent dans l’indifférence générale dans nos prisons. Des mandats de dépôt sont délivrés contre eux et ils croupissent en prison sans jugement.

Pour ce cas précis, le colonel Issa Camara, commandant du Bataillon d’infanterie de Mali, n’a pas été limogé et il se permet de faire des interviews dans la presse pour justifier sa forfaiture en montant de toutes pièces des histoires de transfert d’armes et de munitions dans la région pour déstabiliser le pouvoir.

Le pouvoir communique pour calmer la communauté internationale en faisant croire que la Justice s’est saisi de l’affaire. Nous ne le croyons pas. Nous exigeons donc les mesures suivantes :

  • Mettre aux arrêts le colonel Issa Camara et tous les officiers de la chaine de commandement du camp de Mali et les traduire devant le Tribunal Militaire
  • Les soldats de rang responsables de ces comportements de voyous représentent un danger pour les populations de Mali, en attendant de situer leur responsabilité pénale personnelle, l’Etat Major des Armées a l’obligation de les renvoyer de Mali où ils ne peuvent plus cohabiter avec leurs victimes,
  • Le gouvernement doit rembourser dans les plus brefs délais les dommages matériels et financiers causés par cette bande armée aux citoyens de Mali. Il est hors de question cette fois-ci que nos compatriotes soient victimes du vandalisme des FDS et que cela soit mis au compte des pertes par l’Etat sans les dédommager.

Je crois que cette affaire est une occasion de plus pour qu’on se pense sur la responsabilité directe d’Alpha Condé dans les drames terribles que nous vivons depuis son accession au pouvoir. Nous sommes un Etat souverain avec des institutions qui doivent fonctionner conformément à notre Constitution. Il est inacceptable qu’il utilise l’Etat pour régler ses comptes politiques. C’est  pas un procès d’intention, mais les faits prouvent qu’Alpha Condé se sert effectivement de la Justice et des Forces de Défense et de Sécurité à des fins politiques personnels.

Finalement, on peut dire qu’on n’a pas une armée nationale, mais des hommes armés et entretenus par la collectivité qui se mettent au service exclusif d’un homme  pour lequel et sur son ordre, ils se donnent le droit de massacrer, de violer, de piller et de détruire les biens de leurs compatriotes dont ils sont chargés constitutionnellement de protéger contre toutes les menaces. Personnes ne peut contester la réalité des massacres des Guinéens et les pillages, destructions de leurs biens par les FDS.

Depuis qu’il est au pouvoir en 2010 et en tant que Ministre de la Défense en titre, près d’une centaine de jeunes manifestants ont été tués par les FDS qui sont donc sous son autorité directe, sans qu’il n’ordonne la moindre enquête à plus forte raison que les chefs des unités responsables de la repression soient traduit devant la Justice. Bien au contraire, il les a félicité pour le travail accompli. Aucun ministre de la Justice, ni procureur ou juge n’a osé enquêter sur les responsables des tirs à balles réelles d’armes de guerre, ils ont plutôt réprimé les manifestants victimes de la folie meurtrière des FDS. Ces manifestants (en réalité beaucoup sont arrêtés leurs quartiers en marge des manifestations ) ont été arrêtés, jugés et condamnés.

Les thuriféraires d’Alpha condé disent que ce qui s’est passé à Mali est un cas isolé qui ne remet pas en cause sa réforme phare des FDS, n’est ce pas faire preuve de mauvaise foi? Des sommes colossales ont été débloquées par la communauté internationale pour financer cette réforme et des milliers de milliards de francs guinéens ont été décaissés pour le compte des armées, mais pour quels résultats? La mission parlementaire qui a sillonné les principaux camps militaires du pays a dressé un constat accablant. Les militaires sont abandonnés à eux -mêmes dans des camps qui ne sont pas dignes d’une armée notamment à l’intérieur du pays. Pour Alpha Condé la réforme des FDS consiste à mettre à la retraite 4000 militaires (dont certains étaient recrutés dans les années 1950 et 1960), à vider les camps de Conakry des militaires et armement lourds pour l’intérieur du pays où ils se morfondent dans des camps qui manquent de tout, à organiser une chasse aux sorcières contre les meilleurs officiers et placer à la tête des armées des officiers incompétents, qui de ce fait lui doivent leur promotion et  donc lui sont soumis. Et voilà, il se félicite qu’on ne voit plus de militaires avec armes en bandoulière dans les rues de Conakry. Par contre, on les voit bien rançonner  les voyageurs dans les nombreux barrages qu’ils ont érigé partout à l’intérieur du pays (le ministre Gassama Diaby en sait quelque chose), terroriser, tuer de paisibles citoyens à Zowota, Womè,  Gueckedou, Mamou, Dalaba, Pita, Labe, Gaoual ou Mali pour mater toute forme d’opposition au pouvoir.

Les militaires retraités ont protesté à travers leur syndicat pour non paiement de l’intégralité des montants annoncés par les bailleurs pour financer leur départ à la retraite. Le chef de leur syndicat le colonel Douno Guilavogui croupit en prison pour cette revendication. Au vu de leur situation déplorable, leurs mauvaises conditions de vie dans les camps de l’intérieur notamment où ils sont parqués et le train de vie des chefs militaires qui dilapident les milliards de francs destinés à l’armée, il est à craindre que la révolte sourde qui gronde n’éclate au grand jour pour exprimer leur ras le bol. Ce qui est clair, Alpha Condé a été  incapable d’assumer correctement son rôle de Chef des Armées. Notre armée est profondément malade, malheureusement il est venu aggraver sa situation en exacerbant les divisions en son sein, en la maintenant dans son rôle de repression des populations pour qu’il se maintienne au pouvoir. Aujourd’hui, c’est sur elle qu’il compte s’appuyer pour imposer au peuple de Guinée un 3 ème mandat. C’est pourquoi, il tergiverse pour sanctionner des hommes de mains aussi féroces et serviles que le colonel Issa Camara capables d’exécuter sans états d’âme ses basses besognes.

Nos forces de défense et de sécurité, devenues très tôt des forces de repression des régimes guinéens, doivent impérativement faire leur propre auto-critique et reconnaitre qu’elles on été une calamité pour les Guinéens depuis 1958, qu’elles ont failli à leur mission patriotique de défense et de protection des citoyens Guinéens contre toutes les menaces extérieures et intérieures. Les Guinéens ne peuvent pas continuer de les entretenir pour  les massacrer, à se comporter  comme s’ils étaient dans un territoire sous occupation militaire.

Il faut qu’elles reconnaissent qu’elles ont eu tort d’accepter que nos chefs d’Etat aient violé avec leur complicité et soutien nos lois,  en tuant, violant, pillant leurs propres compatriotes qu’ils sont sensés protéger. La Constitution leur recommande de ne pas obéir à un ordre manifestement illégal. Ils ont de nombreux exemples de leurs frères d’armes africains qui ont quand à eux pris leur responsabilité pour que leur pays vivent en paix, dans la sécurité et le respect des textes constitutionnels.

 

Nous devons changer de paradigme. De Sékou Touré à Alpha Condé, les chefs de notre pays ont toujours utilisé l’Armée, la Police et la Gendarmerie comme instruments de repression de leurs opposants, les détournant ainsi de leurs missions traditionnelles de défense du territoire et de protection des Guinéens et de leurs biens. Ce qui doit changer. Nous devons passer des FDS tribalisées à des FDS respectueuses des valeurs republicaines et se cantonnant à leurs missions constitutionnelles. C’est une nouvelle vision de la défense et de la sécurité de notre pays. Ce changement de cap est intimement conditionné par un changement de leadership qui a pour souci la sécurité et le développement de notre pays. Aucun développement n’est possible sans la sécurité. Or, nos FDS sont un facteur de blocage pour le monde des affaires avec toutes les entraves à la circulation des  personnes et des biens, les violences et destructions des biens économiques, le climat général d’insécurité. Nous devons tenir compte de tous ces aspects politiques et économiques pour engager une reflexion profonde sur les enjeux d’une nouvelle politique de défense  et de sécurité qui tienne compte des nouvelles menaces qui frappent à nos portes. Il faut une alternative crédible à Alpha Condé. Nous devons donc nous mobiliser pour la démocratie et l’Etat de droit pour lesquels nous nous battons depuis 1990. Nous sommes en retard par rapport à nos voisins ouest africains. Message donc à nos FDS :

L’opposition compte protester dans la rue contre la dictature d’Alpha Condé qui refuse de respecter notre Constitution, qui empêche le fonctionnement régulier des institutions de la République, nous leur demandons de se comporter dignement en refusant d’obéir à tout ordre les appelant à faire du mal à leurs compatriotes.  Ils souffrent autant que les civils des conditions de vie misérables dans notre pays et donc ces manifestations permettent de faire pression sur le pouvoir pour qu’il change  et accède aux demandes politiques et sociales.

Le changement est possible, si nous le voulons.

 

Par Alpha Saliou Wann, président de l’Alliance des Forces Démocratiques

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Guinée : les hommages de Cellou Dalein Diallo aux détenus politiques

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Ce samedi 17 avril 2021, c’est la journée internationale des prisonniers politiques. A cette occasion, Cellou Dalein Diallo a rendu un hommage aux détenus politiques guinéens, qui sont majoritairement ses plus proches collaborateurs.  

« A l’occasion de la Journée internationale des prisonniers politiques, je souhaite rendre un hommage appuyé́ à mes principaux collaborateurs et aux nombreux militants de l’UFDG, de l’ANAD et du FNDC arbitrairement détenus dans les prisons guinéennes en raison de leur combat pour le respect de la vérité́ des urnes ou de leur opposition au troisième mandat. Je félicite tous ceux qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, dénoncent cette détention illégale et œuvrent pour la libération de ces prisonniers d’opinion. »

Guinee28

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A cause des violations des droits de l’homme, la Guinée recalée au programme de Millenium Challenge Corporation

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C’est une énorme opportunité d’aide que le gouvernement guinéen vient de perdre du côté des Etats-Unis.  En Raison des violations des droits de l’homme en Guinée, le pays a été recalé au programme de Millenium Challenge Corporation.

« La Guinée, bien qu’ayant validé 9 des 20 indicateurs du MCC n’a cependant pas pu accéder à ce programme en raison de la perte d’indicateurs relatifs aux droits démocratiques », a annoncé jeudi  le ministre des Investissements et des partenariats public-privé, expliquant que  l’agence de notation américaine Freedom House, dans son dernier rapport publié le 22 mars 2021, a abaissé de deux points la note de la Guinée dans ce registre.

Créé en 2004, le Millenium Challenge Corporation (MCC) est un programme d’aide bilatérale du Gouvernement des Etats Unis en faveur des pays à faibles revenus, sélectionnés sur la base d’indicateurs de performance. L’objectif est de mettre en œuvre des partenariats avec les pays qui réalisent des performances satisfaisantes dans les trois domaines clés que sont : La bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques ; La création d’un environnement favorable à l’initiative privée ; L’engagement de l’Etat à faire des investissements conséquents dans le secteur social.

Cette assistance du Gouvernement américain allant jusqu’à 500 millions de dollars U, est apportée aux pays bénéficiaires sous forme de Dons, pour la mise en œuvre d’un programme d’investissement pays appelé « Compact Pays » ou « Compact ».

Par Ibrahim Bangoura

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A LA UNE

Droits de l’homme en Guinée : après les Etats-Unis, Amnesty accable à en son tour le régime d’Alpha Condé

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Quelques jours après les Etats-Unis, Amnesty International a accablé le régime du président Alpha Condé. Dans son rapport annuel sur les droits humains publié ce mercredi 7 avril 2021, l’ONG note que des violations graves des droits de l’homme, avec l’assassinat des dizaines de personnes ont été commises en Guinée l’année dernière, dans le contexte de la modification controversée de la Constitution et des résultats contestés de l’élection présidentielle.

Lisez le rapport :

Des violations des droits humains ont été commises dans le contexte d’une modification controversée de la Constitution et des résultats contestés de l’élection présidentielle. Des dizaines de personnes ont été tuées par des membres des forces de défense et de sécurité lors de manifestations, et les auteurs de ces homicides demeuraient impunis. Des membres de partis politiques d’opposition et des militant·e·s en faveur de la démocratie ont été arrêtés et détenus arbitrairement. Le droit à la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique ont fait l’objet de restrictions. Le droit à la santé des prisonnières et prisonniers était mis à mal par une surpopulation chronique et des conditions de détention déplorables.

CONTEXTE

À partir du mois de mars, les autorités ont décrété l’état d’urgence pour faire face à la pandémie de COVID-19 et pris des mesures qui restreignaient, entre autres, le droit de circuler librement et le droit à la liberté de réunion. En mars, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile, a été l’instigateur de manifestations de grande ampleur contre un projet de réforme de la Constitution qui devait autoriser le président de la République à briguer un troisième mandat. Il a également appelé à boycotter les élections législatives et le référendum sur la Constitution, qui ont eu lieu le 22 mars. En avril, la Cour constitutionnelle a indiqué que près de 90 % des votant·e·s s’étaient prononcés en faveur de la réforme. Le 24 octobre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé qu’Alpha Condé avait remporté l’élection présidentielle, bien qu’un autre candidat, Cellou Dalein Diallo, ait déjà revendiqué la victoire.

HOMICIDES ILLÉGAUX

Les forces de défense et de sécurité ont fait usage d’une force excessive contre des manifestant·e·s. Des dizaines de personnes ont été abattues et de nombreuses autres ont été blessées par balle ou touchées par des grenades lacrymogènes. Entre le 21 et le 22 mars, au moins 12 personnes ont été tuées lors de manifestations organisées par le FNDC. Le 12 mai, sept personnes ont trouvé la mort dans des manifestations, dont certaines ont tourné à la violence, dans les villes de Manéah, Coyah et Dubréka (région de Kindia) ainsi qu’à Kamsar (région de Boké). Elles dénonçaient la manière dont les forces de sécurité faisaient appliquer les restrictions de circulation liées à la pandémie de COVID-19. Dans les jours qui ont suivi l’élection présidentielle d’octobre, au moins 16 personnes ont été tuées par les forces de sécurité alors qu’elles protestaient contre les résultats du scrutin. Les forces de défense et de sécurité ont également commis des violences à l’encontre des populations de quartiers de la capitale, Conakry, perçus comme favorables à l’opposition, tuant au moins un habitant de Wanindara le 1 er décembre, sans raison.

Selon les autorités, deux policiers ont été tués à Conakry, le 21 octobre et le 30 novembre respectivement, et trois gendarmes et un soldat ont eux aussi trouvé la mort lors d’une attaque visant un train de la compagnie minière Rusal le 23 octobre, également dans la capitale.

ARRESTATIONS ET DÉTENTIONS ARBITRAIRES

Entre janvier et septembre, plusieurs dizaines de représentant·e·s d’organisations de la société civile et militant·e·s politiques ont été arrêtés arbitrairement pour s’être opposés au référendum, avoir appelé à manifester ou avoir dénoncé des violations des droits humains commises dans le pays. Le 6 mars, la police a arrêté Ibrahima Diallo, dirigeant du FNDC et coordonnateur du mouvement en faveur de la démocratie Tournons la page-Guinée (TLP-Guinée), et Sékou Koundouno, coordonnateur du Balai citoyen, un mouvement citoyen qui promeut la démocratie, à Conakry. Plus tôt dans la journée, ces deux hommes avaient tenu une conférence de presse, notamment pour dénoncer les arrestations arbitraires auxquelles se livraient les forces de sécurité. Ils ont été inculpés, entre autres, d’« outrage à agent », de « violences et voies de fait » et de « production, diffusion et mise à disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre et la sécurité publics ou à porter atteinte à la dignité humaine ».

Le 15 juillet, la cour d’appel de Conakry, ayant constaté des irrégularités juridiques et procédurales, a décidé de l’abandon des poursuites. Un autre dirigeant du FNDC et membre de TLP-Guinée, Oumar Sylla, a été arrêté le 17 avril à Conakry par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), après avoir participé à une émission de radio lors de laquelle des membres du FNDC avaient appelé à manifester contre la réforme de la Constitution. Il avait également dénoncé les homicides, les actes de torture, les détentions arbitraires et le harcèlement dont des membres du FNDC avaient été victimes dans la ville de Nzérékoré. Il a été inculpé de « communication et diffusion de fausses informations » et de « violences et menaces de mort ». Il a été libéré le 27 août, un juge ayant décidé de l’abandon des poursuites à son encontre. Cependant, le 29 septembre, il a de nouveau été détenu arbitrairement après que des policiers en civil l’ont arrêté lors d’une manifestation interdite à Matoto, l’une des communes de Conakry. Il se trouvait toujours à la maison centrale de Conakry pour « participation à un attroupement susceptible de troubler l’ordre public ». Le 7 mai, Saïkou Yaya Diallo, conseiller juridique du FNDC, a été arrêté à Conakry après avoir participé à une conférence de presse au cours de laquelle, avec d’autres personnes, il a isolé dans un bureau une femme qui, selon eux, travaillait pour les services de renseignement, aux fins semble-t-il de la protéger des autres participant·e·s. Il a été inculpé de « voies de fait », « violences », « menaces » et « injures publiques » et incarcéré à la maison centrale de Conakry, bien que deux décisions de justice aient ordonné sa libération et son placement sous contrôle judiciaire. Condamné le 16 novembre, il a été remis en liberté le 11 décembre, après avoir purgé sa peine. Le 10 novembre, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn a annoncé que 78 personnes, dont des personnalités de l’opposition, avaient été déférées à la justice dans le contexte des manifestations et violences post-électorales, et inculpées, entre autres, de « détention et fabrication d’armes légères », d’« association de malfaiteurs » et de « propos incitant à la violence ».

TORTURE ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS

Ibrahima Sow (62 ans) a été arrêté le 24 octobre, après l’attaque contre le train de la compagnie Rusal (voir Homicides illégaux). D’après les autorités, il a été testé positif au COVID-19 pendant sa détention. Il se serait rétabli mais, après s’être « plaint d’un diabète », il a été hospitalisé et est décédé. Des photos des blessures qui lui ont été infligées en détention incitaient fortement à penser qu’on l’avait brûlé au fer chaud ou au moyen d’un objet similaire.

LIBERTÉ DE RÉUNION ET D’EXPRESSION

Les autorités nationales et locales ont porté atteinte au droit à la liberté de réunion en interdisant, sans motif légitime, au moins sept manifestations contre le référendum sur la réforme de la Constitution et la candidature du président de la République à un troisième mandat. Des manifestations prévues en janvier dans les villes de Kissidougou et de Nzérékoré ont été interdites afin de « préserver la paix ». En mars, des manifestations ont également été frappées d’interdiction à Matoto et à Matam en raison de la visite d’une délégation de la CEDEAO qui devait avoir lieu peu après et des préparatifs de la Journée internationale des droits des femmes. Il en a été de même pour des manifestations qui devaient se dérouler à Matoto pendant la campagne électorale, entre septembre et octobre. Le droit à la liberté d’expression a aussi été restreint. Selon l’ONG Access Now, l’accès aux réseaux sociaux a été perturbé pendant 36 heures au total entre le 21 et le 23 mars. Le 18 octobre, la Haute autorité de la communication a suspendu pour un mois le site d’information Guineematin.com, après que celui-ci eut diffusé en direct le dépouillement des voix dans plusieurs bureaux de vote.

IMPUNITÉ

Bien que les autorités aient promis que tous les homicides de manifestant·e·s feraient l’objet d’une enquête, elles n’avaient pas communiqué d’informations officielles à ce sujet à la fin de l’année. La promesse faite en 2019 par le ministre de la Justice selon laquelle, à l’issue de l’information judiciaire conclue en 2017, le procès des auteurs présumés du massacre perpétré en septembre 2009 au stade de Conakry s’ouvrirait en juin 2020, ne s’était toujours pas concrétisée. Les forces de défense et de sécurité avaient alors tué 157 manifestant·e·s pacifiques dans le stade et violé au moins 100 femmes.

DROIT À LA SANTÉ/ CONDITIONS CARCÉRALES

La santé des personnes détenues était particulièrement menacée depuis le début de la pandémie de COVID-19 en raison de la surpopulation chronique et de l’insuffisance des installations sanitaires et des soins médicaux dans les lieux de détention. Selon les autorités, en mai, 68 des 713 détenu.e.s soumis à un test de dépistage du COVID-19 à la maison centrale de Conakry avaient obtenu un résultat positif. Le ministère de la Justice a déclaré que ces personnes étaient prises en charge dans des unités de soins déployées au sein de la prison. À la prison de Kindia, 30 tests positifs ont été enregistrés parmi les 352 détenu·e·s et les 25 surveillant.e.s que comptait l’établissement. Le ministère de la Justice a indiqué que les 28 détenu·e·s contaminés avaient été envoyés à la maison centrale de Conakry afin d’y être soignés. Il s’agissait de l’établissement pénitentiaire le plus surpeuplé du pays, avec 1 500 détenu·e·s alors qu’il était prévu pour n’en accueillir que 300.

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