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Mali: appel à manifester après la diffusion d’une vidéo jugée blasphématoire contre l’islam

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Le Haut conseil islamique du Mali (HCIM) appelle à un vaste rassemblement, vendredi 4 novembre, sur le boulevard de l’indépendance de Bamako. Un appel à défendre l’islam après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo dans laquelle un homme tient des propos insultants contre la religion monothéiste. La vidéo, qui dure un peu moins de trois minutes, a commencé à circuler dimanche 30 octobre et est devenue virale en début de semaine. Elle a suscité l’émotion de beaucoup de Maliens.

La vidéo commence par « Hotep », salutation des adeptes du kémitisme, mouvement spirituel inspiré de l’Égypte antique et souvent qualifié de secte. Le kémitisime prétend défendre la culture africaine contre l’Occident et contre les religions monothéistes comme l’islam ou le christianisme.

En bambara

L’homme qui se filme dans une petite boutique et se présente sous le nom de Mamadou Dembélé insulte l’islam, son dieu et son prophète, en bambara, avant de fouler aux pieds le Coran. Un buzz inhabituel et extrêmement choquant dans un pays très majoritairement musulman.

Le ministère malien des Affaires religieuses a officiellement condamné ces actes et assuré que son auteur serait traduit « devant les instances indiquées ». De son côté, le Haut conseil islamique appelle les Maliens au rassemblement pour la défense de l’islam, vendredi 4 novembre.

Si les raisons de la colère sont très largement partagées dans le pays, le communiqué du gouvernement et l’appel du HCIM en étonnent également plus d’un. Ne donnent-t-il pas trop de poids aux élucubrations d’un homme qui se filme tout seul devant des sachets de lait en poudre ?

Appel à l’apaisement

Le HCIM s’était élevé contre le pouvoir, du temps des manifestations qui avaient précédé le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020. Avant le rassemblement de ce vendredi, l’actuel président du HCIM, Cheick Chérif Ousmane Madani Haïdara, a personnellement appelé à l’apaisement et au respect des initiatives prises par les autorités de transition.

Jeudi 3 novembre, le procureur de la Commune IV de Bamako a inculpé et mis sous mandat de dépôt un écrivain malien et cinq autres personnes pour « délit à caractère religieux pouvant causer des troubles à l’ordre public », rapporte Serge Daniel, notre correspondant dans la région.

C’est une vidéo ayant beaucoup circulé sur les réseaux sociaux qui a déclenché la colère des musulmans du Mali. On y voit un homme qui tient, vis à vis de la région musulmane, des propos jugés graves, blessants, blasphématoires. L’auteur des déclarations est aujourd’hui l’homme le plus recherché du pays. Mais en attendant de le « cueillir », comme le dit une source proche du dossier, cinq autres personnes ont été inculpées et écrouées jeudi pour « délit à caractère religieux pouvant causer des troubles à l’ordre public ».

Comme le fugitif, ils sont membres d’un courant religieux selon certains, d’une secte selon d’autres. En tout cas, ils remettent en cause l’existence de Dieu et de ses prophètes. L’une des personnes inculpées est un écrivain malien connu : Doumbi Fakoly Doumbia. Dans un vocal largement distribué à Bamako, il a pris la défense de l’homme recherché et de ses idées.

Le président-gourou de la secte est également écroué. L’affaire fait grand bruit dans la capitale. Outre son appel à manifester vendredi, le Haut conseil islamique du Mali a porté plainte. Les autorités, tout en dénonçant les propos de l’homme en fuite, appellent au calme.

RFI