La fouille inopinée menée le mardi 10 février 2026 à la Maison centrale de Conakry prend une tournure judiciaire majeure. Mercredi soir, la Direction de la Communication et de l’Information de la Présidence (DCI) a annoncé l’arrestation d’un sergent-chef de la garde pénitentiaire, interpellé en flagrant délit par le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN).
Le prévenu a été surpris avec un sac contenant une importante somme d’argent, du chanvre indien, du crack, ainsi que plusieurs téléphones portables. Selon la Direction centrale des investigations judiciaires, ce garde est soupçonné d’être un maillon essentiel d’un vaste réseau de trafic. Outre ces produits psychotropes, les perquisitions ont permis de saisir du tramadol, du valium et des armes blanches au sein de l’établissement.
Les autorités révèlent que des détenus utilisaient ces outils pour coordonner, depuis leurs cellules, des activités criminelles extérieures : arnaques sur les réseaux sociaux, vols d’identité et trafics de stupéfiants. L’enquête vise désormais à identifier l’ensemble des complicités au sein de la chaîne de responsabilité pénitentiaire.
Du contrôle de routine au transfèrement de Toumba Diakité
Cette opération de nettoyage fait suite aux tirs nourris qui ont paralysé le quartier de Kaloum au petit matin du mardi 10 février. Selon le Parquet général, ce qui devait être une fouille de routine a dégénéré en incident sécuritaire majeur suite au refus d’obtempérer d’Aboubacar « Toumba » Diakité.
Le ministère public accuse le condamné du procès du 28 septembre d’avoir été le « catalyseur » de la crise en proférant des menaces contre les agents, faisant planer un risque de mutinerie généralisée. Pour « préserver l’ordre public » et briser cette influence, les autorités ont procédé, le jour même et sous haute tension, au transfèrement d’urgence de Toumba Diakité vers la prison civile de Coyah.
La défense conteste
Cette décision a immédiatement provoqué une vive réaction du conseil du détenu. Les avocats de Toumba Diakité dénoncent une « mesure arbitraire » prise sans fondement légal selon eux. Ils exigent le retour immédiat de leur client à la Maison centrale de Conakry, contestant la version officielle des faits ayant conduit à ce départ forcé.
Par Alpha Abdoulaye Diallo


