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Opinion

LES EMPREINTES SOMBRES DES ÉLECTIONS ALLEMANDES ( Tribune)

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Les élections du 24 Septembre, 2017 en Allemagne, en raison du poids politique, économique et historique spécifique de ce pays, ont sans doute été au centre de l'intérêt international et européen

Les résultats ont été marqués par la victoire, même à des taux réduits de 33% de l’Union Chrétienne CDU /CSU sous la direction de la Chancelière Angela Merkel, alors qu’ aux élections fédérales de l’an 2013 ce taux c’était 41.5%, le retrait à 20.5% par rapport à 25.7% en 2013 du Parti Social – Démocratique SPD de Martin Schulz, mais aussi par l’entrée dans le Parlement Fédéral du Parti AfD, le parti d’extrême droite le plus dangereux en Europe en raison de la taille de l’Allemagne et des événements historiques dramatiques qui ont marqué de manière indélébile le 20ème siècle.

Les Allemands, il est plus qu’évident, ils sont reconnaissants à la Chancelière Merkel pour leur bien-être, pour leur niveau de vie élevé par rapport aux autres peuples européens, pour la lutte efficace contre le chômage, qui est à un niveau historiquement bas, à savoir seulement 3.9% de la population active, et bien sûr pour les excédents dans le budget. Alors, pour toutes ces raisons, ils lui ont donné un quatrième mandat à la Chancellerie, ce qui était seulement réussi par Konrad Adenauer, le réformateur de l’Allemagne de l’après – guerre et Helmut Kohl, le père de l’unification de l’Allemagne.

Néanmoins, de l’autre côté, la victoire de la Chancelière Merkel et la formation du gouvernement avec tous partenaires potentiels signifie évidemment la poursuite de la politique d’austérité extrême et la mise en œuvre fidèle des règles « sacrés » de la discipline budgétaire, car cela sert ouvertement l’Allemagne. Cependant, la mise en œuvre de cette politique depuis des années a déjà provoqué la fatigue et l’épuisement des pays de l’Europe du Sud, et surtout de la Hellas, et donc avec le temps elle mettra, par déterminisme mathématique, en danger d’effondrement l’ensemble du projet européen.

En même temps, le pourcentage historiquement élevé événement sans précédent, 12.6%, du parti d’extrême droite, xénophobe et d’anti-immigration AfD, qui a réussi pour la premier fois non seulement d’entrer au Parlement Fédéral, mais aussi de devenir le troisième parti dans un niveau pangermanique et le deuxième sur les Etats Fédéraux de l’Est, est un empreinte particulièrement sombre des élections allemandes et renforce considérablement les populistes et les extrémistes de droite à travers le continent Européen. Jamais après la deuxième guerre mondiale et l’effondrement du régime nazi en 1945 il avait passé quelque chose de semblable, ce qui est sans aucun doute une étape négative dans l’histoire allemande.

Il faut noter que lors des élections en Septembre 2013 le partie « Alternatif pour l’Allemagne » (Alternative für Deutschland – Afd), qui a été créé la même année en tant qu’une réaction d’une partie des Allemands contre les pays de l’Europe du Sud, avait recueilli le 4.7% et n’avait pas réussi d’entrer au Parlement. Mais par son entrée en cours au Parlement, le Parti AfD dur d’extrême droite et xénophobe, qui pour beaucoup est considéré comme héritier authentique du nazisme, il est tenu d’exercer une forte pression sur la Chancelière Angela Merkel pour changer le caractère libéral et  démocratique qu’elle avait montré en ce qui concerne les sujets d’immigration, du terrorisme et de la sécurité, telle que la politique des frontières ouvertes qui a donné lieu à l’entrée de nombreux réfugiés et migrants en Allemagne en Septembre 2015. Bien sûr, cette politique n’est pas essentiellement guidée par la philanthropie, mais elle est basée dans l’intérêt de l’Allemagne, car le pays a besoin d’un demi - million d’immigrants chaque année afin de continuer à exister en tant que puissance économique et d’être capable de soutenir efficacement son système social.

La comparaison faite par Madame le co-président du Parti AfD, Frauke Petry, au cours d’un de ses discours en Stuttgart, des sociétés qui incorporent les immigrés avec du compost, sa position sur la surveillance des frontières allemands par des gardes qui auront le droit de tirer sur tout réfugié ou immigrant tentant de passer illégalement, mais aussi la déclaration de l’autre co-président de l’AfD, Alexander Gauland, quelques jours avant l’Euro 2016 pour le grand joueur de football Allemand-Ghanéen noir de Bayern et de l’Equipe Nationale  d’Allemagne, Jérôme Boateng, « Le monde le considère comme un bon joueur, mais ne le veulent pas pour voisin » démontrent avec la manière la plus claire que cette parti a en effet hérité les traditions odieux de la race aryenne des bataillons d’assaut du Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands d’Adolf Hitler de la décennie de 1930.

Quelle est la raison, cependant, de cette hausse effrénée de ce parti politique raciste qui veut, entre autres, de changer l’attitude de l’Allemagne afin d’arrêter la manifestation de remords pour les horribles crimes commises par les nazis? Certainement une cause clé est la crise des réfugiés et de la migration qui a aujourd'hui pris des proportions énormes et qui teste les pays européens et bien sûr l’Allemagne. Sur ce territoire de flux continu de réfugiés et des immigrés, plutôt que d’être construit à partir du monde développé une politique démocratique et progressiste à l’égard des immigrés et de réfugiés qui démontre la compassion et la solidarité, des fleurs hérissés du mal poussent  et triomphe la politique et la rhétorique fasciste et inhumaine de la haine contre les personnes persécutées et infortunées qui ont fui leurs maisons dans les circonstances les plus tragiques, en cherchant de la lumière loin de l’obscurité horrible et mortelle de la guerre et l’extrême pauvreté, mais aussi de l’espoir d’un avenir meilleur et plus pacifique.

D’ailleurs, une autre raison importante de la montée rapide du parti d’extrême droite AfD est la forte utilisation par les cadres de ce parti politique des incidents terroristes islamiques et des cas de criminalité qu’ils les attribuent à l’afflux des réfugiés et des immigrants en provenance des pays musulmans. Donc, à la première occasion pendant la campagne électorale, ils ravivent  les souvenirs du massacre du marché de Noël à Berlin et les agressions sexuelles contre les jeunes femmes allemandes des immigrants arabes pendant le premier jour de la nouvelle année 2016 à Cologne.

Enfin, le sperme des vues extrêmes et xénophobes est incubé comme le nouveau « œuf de serpent » beaucoup mieux dans les sociétés prospères du Nord qui se sentent menacées par les « pauvres » du Sud, qui sont chargés aussi avec des divers stéréotypes négatifs, et bien sûr, par les réfugiés et les immigrants.

En conclusion, les empreintes des élections allemandes sont obscures à la fois pour les pays problématiques déficitaires de l’Europe du Sud, puisque la politique allemande d’austérité dur ne va pas changer au moins, et pour les citoyens démocratiques de l’Allemagne et de l’Europe entière qui regardent avec crainte et froideur l’invasion cauchemardesque des partis politiques fascistes, racistes et xénophobes.

Par Isidoros Karderinis

Curriculum vitae

Isidoros Karderinis, est né à Athènes en 1967. Il est romancier, poète et journaliste. Il a étudié l'économie et a terminé études de troisième cycle en Economie du tourisme. Ses articles sont républiés dans journaux, magazines et sites dans tout le monde. Ses poèmes ont été traduits en anglais, français et espagnol et sont publiés dans revues littéraires et aux pages littéraires des journaux.  Il a publié sept livres poétiques ainsi que deux romans; cinq parmi eux ont été publiés aux Etats Unis et en Grande Bretagne.

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L’exception sénégalaise ! (Par Tierno Monénembo)

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Macky Sall, à son tour,  succombera-t-il à la funeste tentation du troisième mandat, comme on lui en prête l’intention ou son échec relatif aux législatives finira-t-il par l’en dissuader ? Le proche avenir le dira.

S’il s’en va à la fin de son mandat, nous pousserons tous un grand ouf de soulagement. Sinon, cela ne nous inquiétera pas outre mesure car son coup de force institutionnel n’aurait aucune chance de passer. Nous sommes au Sénégal, le pays du lettré Senghor. Dans cette société tout en subtilités et en nuances, les différences ne sont pas conflictuelles et les contradictions, pas forcément mortelles. C’est un corps sain, disposant des anticorps qu’il faut pour résister aux virus qui empoisonnent la vie politique de ses voisins : coup d’Etat, troisième mandat, parti unique, guerre de clan ou de religion.

 

Non, l’exception sénégalaise n’est pas une fiction. François Hollande se voulait un « président normal », eh bien, le Sénégal peut  être traité de « pays normal », c’est-à-dire d’une terre à la  singularité presque miraculeuse dans le sordide contexte que l’on sait. C’est vrai que les trains n’y arrivent pas à l’heure, puisqu’ils sont souvent en panne quand ils existent. C’est vrai que les éboueurs ne passent pas tout le temps mais les facteurs sont à l’œuvre, le courrier arrive à destination. C’est vrai que parfois, le débat politique s’enflamme et les grèves deviennent dures mais dans l’ensemble, la courtoisie régnant partout -même chez les flics !-,  le climat social est agréable.

 

Si l’Etat sénégalais n’est pas parfait, il a au moins le mérite d’exister. Ici, contrairement à la Guinée par exemple, on a le sens de l’institution et le respect de la procédure. Le formalisme, le principe de base de l’Etat est la règle, ce qui fait qu’en toute circonstance, l’administration assure le service minimum. Rien d’étonnant à cela : ce pays n’a jamais connu de dirigeant catastrophique. S’ils n’ont pas réalisé des prouesses économiques, tous ceux qui se sont succédé à sa tête ont veillé à favoriser l’instruction, à respecter la vie humaine, à préserver la trame sociale et à protéger les élites.

 

Le Sénégal est sans doute, le pays le moins réprimé d’Afrique.  Cela donne cette société intelligente où les forces vives sont intactes physiquement aussi bien que mentalement. En cas de danger, les prêtres, les marabouts, les écrivains, les médecins, les avocats ont le réflexe de tous sortir du bois pour éviter la dérive. Le pays de Birago Diop et de Cheikh Hamidou Kane ne tombe jamais dans le fossé, il tient la route malgré les énormes défis économiques et sociaux qui jonchent son chemin.

 

Voilà ce que Senghor avait répondu à Ahmadou Ahidjo quand celui-ci lui avait confié son intention de quitter, à son instar, volontairement le pouvoir et de le céder à Paul Biya : « Faites attention, Monsieur Le Président. Le Cameroun, ce n’est pas le Sénégal. »  La Guinée, non plus n’est pas le Sénégal, est-on tenté d’ajouter. Impossible d’imaginer un troisième mandat suivi d’un coup d’Etat militaire, à Dakar ! Dans un pays où les Généraux quand ils ne sont pas philosophes, sont juristes ou  historiens, à 20 comme à 67 ans, nul ne peut commencer une carrière de dictateur.

Tierno Monénembo, in Le Point

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REVEILLE-TOI, LENO, ILS SONT DEVENUS FOUS ! (Tierno Monénembo)

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Je viens d’avoir Sékou Koundouno du FNDC au téléphone : ce que l’on redoutait depuis quelques heures est arrivé. Ils viennent d’arrêter Foninké Mengué, Djanii Alpha et Billo Bah. Ils ont osé, les salauds ! Mais à quelque chose, malheur est bon, l’acte ignoble qu’ils viennent de commettre montre enfin leur véritable visage. Mamadi Doumbouya et ses acolytes ne peuvent plus nous mentir : leurs têtes de monstres parlent mieux que leurs bouches de bluffeurs.

Je l’ai déjà écrit dans ces colonnes : l’attribution (absolument illégale !) du nom de Sékou Touré à l’aéroport de Conakry, n’a rien d’anodin.  Notre  lieutenant-colonel a voulu nous adresser un message à peine codé : Je suis le nouveau Sékou Touré et tenez-vous bien, je serai encore cent fois plus sanguinaire que lui.

La messe est dite, Djanii Alpha, Foninké Mengué et Billo Bah ont été interpellés hier en pleine conférence de presse, au vu et au su du monde entier, traités comme des bêtes de somme et conduits vers une destination inconnue. Le point de non-retour a été largement dépassé. Que plus personne ne nous parle de transition. Nous sommes au début de la pire dictature de notre malheureuse histoire.

Et vous savez pourquoi tout ce barda ? Vous savez pourquoi cette monstrueuse démonstration d’absolutisme ? Vous savez pourquoi ces nobles patriotes ont  été malmenés de la sorte ? Pour avoir écrit et propagé ces mots simples, ces mots vrais, ces mots de courage et d’indéniable patriotisme : « Bon, j’espère quand-même que dans le fans-club (plus ça dure, plus on s’enrichit) qu’il dirige, des voix vont se lever pour lui rappeler   (à Dansa Kourouma) que le CNT n’est pas une association de blakoro qui rêve debout. » Voilà, mes chers compatriotes, le motif pour lequel nos compatriotes ont été jetés en prison et pour lequel ils risquent peut-être l’écartèlement ou la décapitation.

J’invite tous les magistrats du globe à se pencher sur cette innocente déclaration pour me dire s’ils y trouvent un seul indice grave et concordant (j’emploie volontiers le langage châtié des professionnels du droit !) d’infraction ou de crime et délit.

Non, Monsieur Wright, Foninké Mengué n’a pas discrédité la justice guinéenne. Nul ne peut discréditer ce qui n’existe pas. Oui, vous le savez mieux que moi, la justice guinéenne n’a jamais existé. Nos magistrats ne sont pas au service du droit. Ils s’en foutent de la morale et de la loi.  Notre justice est une justice aux ordres : rien pour la veuve et l’orphelin, tout pour les sordides caprices du chef !

C’est la énième fois que Foninké Mengué est en prison. Seulement, c’est Alpha Condé qui est parti, le vieux lion du FNDC, lui est toujours là, solide comme un roc, en parfait accord avec les profondes aspirations de son peuple. Mamadi Doumbouya devrait méditer cela si jamais il lui reste une petite goutte de lucidité.

En tout état de cause, cette ignominie ne découragera personne. Les Guinéens en ont vu d’autres.  Ils savent qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils doivent se battre jusqu’au dernier contre cette clique militaire qui les martyrise, debout comme un seul homme, armés de courage, plus que jamais convaincus que le combat pour la liberté est le plus beau des combats.

La dictature ne passera plus dans ce pays, Lieutenant- Colonel Mamadi Doumbouya ! Tuez-nous tous, si voulez ! Mais rien, je dis bien rien ne nous empêchera de vous cracher les quatre vérités.

Tierno Monénembo, in le Lynx

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Tierno Monénembo : l’Afrique face à la guerre du blé

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Une balle éclate en Ukraine et c’est la famine au Sahel. L’effet « mondialisation » fait penser à « l’effet papillon » cher à Edward Lorenz, l’un des maîtres à penser de la fameuse théorie du chaos : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Pour extraordinaire que cela paraisse, ce scénario catastrophe est plausible sur le plan météorologique aussi bien que sur le plan alimentaire. Une feuille morte tombe en Australie et c’est l’avalanche au Groenland ! Un grain de blé se perd à Kiev,  et c’est la pénurie de semoule à Bamako ! Il n’y a pas de petite querelle, disait Hampâthé  Bâ, il n’y a pas de petite cause non plus. C’est un simple soupir de bébé qui déclenchera le big-bang final, si ça trouve. La vie est un tout. C’est pour avoir oublié cela que nous avons bâti ce monde absurde de frontières factices et de nations belliqueuses.

Mais bon, ce n’est pas en 2 022 que nous allons corriger les erreurs commises au Néolithique. Le nationalisme est devenu notre dogme et   la guerre, notre mode vie. Partout, même sur les atolls du Pacifique, la géopolitique a pris le pas sur la morale et la religion. Rangez votre bible, parlez-moi d’intérêt et de stratégie ! Point de regret ! Si l’habitude est une seconde nature, l’erreur, elle est une seconde erreur. Faisons comme De Gaulle, prenons le monde « tel qu’il est » et tant-pis, si plus personne ne peut limiter les dégâts. Et le monde tel qu’il est, c’est d’abord et  avant tout, la guerre d’Ukraine ou plutôt la guerre du blé.

La Russie et l’Ukraine exportent à eux seuls 30% du blé mondial. C’est dire que le conflit entre ces deux nations slaves,  entraînera inévitablement une crise alimentaire de grande importance (l’ONU parle déjà d’un ouragan de famines »). Et bien que fort éloignée de la zone de turbulence, l’Afrique en sera la première victime. Et pour cause, c’est elle qui dépend le plus des céréaliers de Moscou et de Kiev : en moyenne, 40% de sa consommation, 65% pour le Sénégal, 68% pour la RD du Congo, 75 % pour le Bénin et le Soudan, 85% pour l’Egypte, 100 % pour la Somalie.

Pourquoi croyez-vous que Macky Sall (président en exercice de l’Union Africaine)  et Moussa Faki Mahamat (Secrétaire Exécutif de ladite organisation) ont rencontré Poutine à Sotchi le 3 Juin dernier ? Bien sûr, pour prôner la paix et l’amitié entre les peuples comme le veut la liturgie diplomatique mais aussi et surtout pour exhorter le nouveau tsar de toutes les Russies à débloquer  les 20 000 000 de tonnes de céréales que la guerre a bloquées dans les ports de Kharkiv et d’Odessa.

Dans l’imagerie universelle, quoi de plus normal que l’Afrique quémande à manger ! Et pourtant, ce continent, à lui seul, pourrait nourrir l’humanité. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les spécialistes de la FAO. Elle disposerait de 50 à 60% des terres arables disponibles dans le monde. Là, comme dans les autres secteurs d’activité, ce ne sont pas les moyens qui manquent, c’est la volonté politique, c’est l’imagination au pouvoir. Nos dirigeants n’ont pas encore compris que la dépendance alimentaire est la pierre angulaire de la dépendance politique. Nous resterons assujettis et sous-développés tant que nous cracherons sur le manioc et l’igname, le niébé et la banane- plantain pour nous empiffrer de ce blé qui ne pousse même pas sur nos terres.

Malgré les projets faramineux et les discours grandiloquents, aucun de nos Etats n’a réussi à briser cette intolérable absurdité née de la domination européenne : l’Afrique est le seul continent qui produit ce qu’il ne consomme pas et qui consomme ce qu’il ne produit pas. Au fond, la colonisation n’est pas dans le canon, elle est dans l’assiette.

Tierno Monénembo, in  Le Point

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