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Opinion

LES EMPREINTES SOMBRES DES ÉLECTIONS ALLEMANDES ( Tribune)

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Les élections du 24 Septembre, 2017 en Allemagne, en raison du poids politique, économique et historique spécifique de ce pays, ont sans doute été au centre de l'intérêt international et européen

Les résultats ont été marqués par la victoire, même à des taux réduits de 33% de l’Union Chrétienne CDU /CSU sous la direction de la Chancelière Angela Merkel, alors qu’ aux élections fédérales de l’an 2013 ce taux c’était 41.5%, le retrait à 20.5% par rapport à 25.7% en 2013 du Parti Social – Démocratique SPD de Martin Schulz, mais aussi par l’entrée dans le Parlement Fédéral du Parti AfD, le parti d’extrême droite le plus dangereux en Europe en raison de la taille de l’Allemagne et des événements historiques dramatiques qui ont marqué de manière indélébile le 20ème siècle.

Les Allemands, il est plus qu’évident, ils sont reconnaissants à la Chancelière Merkel pour leur bien-être, pour leur niveau de vie élevé par rapport aux autres peuples européens, pour la lutte efficace contre le chômage, qui est à un niveau historiquement bas, à savoir seulement 3.9% de la population active, et bien sûr pour les excédents dans le budget. Alors, pour toutes ces raisons, ils lui ont donné un quatrième mandat à la Chancellerie, ce qui était seulement réussi par Konrad Adenauer, le réformateur de l’Allemagne de l’après – guerre et Helmut Kohl, le père de l’unification de l’Allemagne.

Néanmoins, de l’autre côté, la victoire de la Chancelière Merkel et la formation du gouvernement avec tous partenaires potentiels signifie évidemment la poursuite de la politique d’austérité extrême et la mise en œuvre fidèle des règles « sacrés » de la discipline budgétaire, car cela sert ouvertement l’Allemagne. Cependant, la mise en œuvre de cette politique depuis des années a déjà provoqué la fatigue et l’épuisement des pays de l’Europe du Sud, et surtout de la Hellas, et donc avec le temps elle mettra, par déterminisme mathématique, en danger d’effondrement l’ensemble du projet européen.

En même temps, le pourcentage historiquement élevé événement sans précédent, 12.6%, du parti d’extrême droite, xénophobe et d’anti-immigration AfD, qui a réussi pour la premier fois non seulement d’entrer au Parlement Fédéral, mais aussi de devenir le troisième parti dans un niveau pangermanique et le deuxième sur les Etats Fédéraux de l’Est, est un empreinte particulièrement sombre des élections allemandes et renforce considérablement les populistes et les extrémistes de droite à travers le continent Européen. Jamais après la deuxième guerre mondiale et l’effondrement du régime nazi en 1945 il avait passé quelque chose de semblable, ce qui est sans aucun doute une étape négative dans l’histoire allemande.

Il faut noter que lors des élections en Septembre 2013 le partie « Alternatif pour l’Allemagne » (Alternative für Deutschland – Afd), qui a été créé la même année en tant qu’une réaction d’une partie des Allemands contre les pays de l’Europe du Sud, avait recueilli le 4.7% et n’avait pas réussi d’entrer au Parlement. Mais par son entrée en cours au Parlement, le Parti AfD dur d’extrême droite et xénophobe, qui pour beaucoup est considéré comme héritier authentique du nazisme, il est tenu d’exercer une forte pression sur la Chancelière Angela Merkel pour changer le caractère libéral et  démocratique qu’elle avait montré en ce qui concerne les sujets d’immigration, du terrorisme et de la sécurité, telle que la politique des frontières ouvertes qui a donné lieu à l’entrée de nombreux réfugiés et migrants en Allemagne en Septembre 2015. Bien sûr, cette politique n’est pas essentiellement guidée par la philanthropie, mais elle est basée dans l’intérêt de l’Allemagne, car le pays a besoin d’un demi - million d’immigrants chaque année afin de continuer à exister en tant que puissance économique et d’être capable de soutenir efficacement son système social.

La comparaison faite par Madame le co-président du Parti AfD, Frauke Petry, au cours d’un de ses discours en Stuttgart, des sociétés qui incorporent les immigrés avec du compost, sa position sur la surveillance des frontières allemands par des gardes qui auront le droit de tirer sur tout réfugié ou immigrant tentant de passer illégalement, mais aussi la déclaration de l’autre co-président de l’AfD, Alexander Gauland, quelques jours avant l’Euro 2016 pour le grand joueur de football Allemand-Ghanéen noir de Bayern et de l’Equipe Nationale  d’Allemagne, Jérôme Boateng, « Le monde le considère comme un bon joueur, mais ne le veulent pas pour voisin » démontrent avec la manière la plus claire que cette parti a en effet hérité les traditions odieux de la race aryenne des bataillons d’assaut du Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands d’Adolf Hitler de la décennie de 1930.

Quelle est la raison, cependant, de cette hausse effrénée de ce parti politique raciste qui veut, entre autres, de changer l’attitude de l’Allemagne afin d’arrêter la manifestation de remords pour les horribles crimes commises par les nazis? Certainement une cause clé est la crise des réfugiés et de la migration qui a aujourd'hui pris des proportions énormes et qui teste les pays européens et bien sûr l’Allemagne. Sur ce territoire de flux continu de réfugiés et des immigrés, plutôt que d’être construit à partir du monde développé une politique démocratique et progressiste à l’égard des immigrés et de réfugiés qui démontre la compassion et la solidarité, des fleurs hérissés du mal poussent  et triomphe la politique et la rhétorique fasciste et inhumaine de la haine contre les personnes persécutées et infortunées qui ont fui leurs maisons dans les circonstances les plus tragiques, en cherchant de la lumière loin de l’obscurité horrible et mortelle de la guerre et l’extrême pauvreté, mais aussi de l’espoir d’un avenir meilleur et plus pacifique.

D’ailleurs, une autre raison importante de la montée rapide du parti d’extrême droite AfD est la forte utilisation par les cadres de ce parti politique des incidents terroristes islamiques et des cas de criminalité qu’ils les attribuent à l’afflux des réfugiés et des immigrants en provenance des pays musulmans. Donc, à la première occasion pendant la campagne électorale, ils ravivent  les souvenirs du massacre du marché de Noël à Berlin et les agressions sexuelles contre les jeunes femmes allemandes des immigrants arabes pendant le premier jour de la nouvelle année 2016 à Cologne.

Enfin, le sperme des vues extrêmes et xénophobes est incubé comme le nouveau « œuf de serpent » beaucoup mieux dans les sociétés prospères du Nord qui se sentent menacées par les « pauvres » du Sud, qui sont chargés aussi avec des divers stéréotypes négatifs, et bien sûr, par les réfugiés et les immigrants.

En conclusion, les empreintes des élections allemandes sont obscures à la fois pour les pays problématiques déficitaires de l’Europe du Sud, puisque la politique allemande d’austérité dur ne va pas changer au moins, et pour les citoyens démocratiques de l’Allemagne et de l’Europe entière qui regardent avec crainte et froideur l’invasion cauchemardesque des partis politiques fascistes, racistes et xénophobes.

Par Isidoros Karderinis

Curriculum vitae

Isidoros Karderinis, est né à Athènes en 1967. Il est romancier, poète et journaliste. Il a étudié l'économie et a terminé études de troisième cycle en Economie du tourisme. Ses articles sont républiés dans journaux, magazines et sites dans tout le monde. Ses poèmes ont été traduits en anglais, français et espagnol et sont publiés dans revues littéraires et aux pages littéraires des journaux.  Il a publié sept livres poétiques ainsi que deux romans; cinq parmi eux ont été publiés aux Etats Unis et en Grande Bretagne.

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Quel dialogue national pour surmonter ce qui nous oppose ?

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Lamarana-Petty Diallo note que le pays a besoin de dialogue. Il trouve même que se mettre autour de la table du dialogue est la voie incontournable qui s’impose à la Guinée d’Alpha Condé comme ce fut le cas à l’Afrique du Sud de Nelson Mandela et au Rwanda de Paul Kagamé.

La Guinée est embourbée dans une crise politique d’une quinzaine d’années. Marquée par des périodes d’accalmie et de soubresauts, parsemée de lumière et d’ombre, cette crise pèse sur les citoyens, les consciences et la communauté internationale.

Comment pourrait-il en être autrement, tant notre pays carrefour de la sous-région ouest-africaine, porte-flambeau du passé historique et politique de l’Afrique Noire, a connu bien de ratés pour assez peu de réussite. Tant il a très peu satisfait aux attentes placées en lui. Néanmoins, notre pays, aux composantes ethniques imbriquées les unes aux autres par des liens de parenté n’a jamais cessé de soulever d’espoir. Nous avons souvent été cités en exemple. Rien que pour cela, notre pays doit être à la hauteur en relevant les défis et en honorant son passé.

Une responsabilité au-delà des frontières

La responsabilité guinéenne est lourde car elle dépasse ses frontières. Elle touche, au-delà de nos populations, de nos ethnies celles de pays voisins. Cela rend la problématique guinéenne l’une des plus sensibles, des plus rebutantes, des plus complexes à dénouer. Partant, si la Guinée pose problème, les peuples et pays limitrophes en ressentent non pas le souffle. Mais le soufre.

Cependant, combien sommes-nous à en prendre la mesure ? Quel responsable politique sous-pèse les conséquences d’une situation qui perdure afin d’évaluer les enjeux et les défis pour que nous sortions de l’ornière ? Pour mettre fin aux guerres intestines aux conséquences indescriptibles ?

Ces quinze dernières années, la Guinée a été traversée par plus de sept (7) grandes crises. Des soulèvements populaires de 2006, aux massacres du 28 septembre 2009 jusqu’aux crises postélectorales de mars et octobre 2020, nous vivons au rythme des conflits. A bien y réfléchir, nous pouvons dire que nous avons échappé de justesse. Mais jusqu’à quand cette chance durera-t-elle ?

Si le dialogue annoncé ne se réalisait pas pour mettre fin aux ratages antérieurs, cette chance risque de nous lâcher. Le cycle d’espoirs ayant enfanté plus de chimères que de paix durable devrait prendre fin cette fois-ci par un dialogue politique, prélude à la réconciliation nationale.

N’a-t-on jamais pensé chez nous à la parabole de la nation et du mariage ? Imaginons que les crises répétitives de notre pays soient une succession de mariage et des divorces. Que seraient devenus les enfants issus de ces mariages, remariages, divorces et autres conciliabules infructueuses ?

Il est temps qu’on se dise qu’autant faire et défaire des mariages détruit les enfants, la lignée, la descendance et des générations entières, autant l’échec des dialogues inaboutis mettent le peuple en souffrance.

Si la Guinée n’est pas une famille, elle est au moins une entité nationale. Une composante d’ethnies aux liens séculaires dis-je. Hélas, ces liens sont travestis par les politiques du passé et du présent. Par des hommes et des femmes qui croient plus souvent à l’affrontement pour exister qu’au dialogue pour s’imposer. Pourtant, ce n’est pas la guerre qui fait le monde mais le dialogue, mère de la paix.

Notre responsabilité, en tant que pays carrefour, en tant que nation porte-étendard, c’est de mesurer à leur juste valeur les enjeux qui pèsent sur nous et sur nos voisins. Pour ce faire, nous devrions avoir une réelle conscience du dialogue et de sa portée.

Une perspective de dialogue n’est pas une période préélectorale

Les responsables politiques guinéens auraient tout intérêt à mesurer l’enjeu de la crise que nous traversons.  Plus d’un an que nous nous regardons en bourreaux et victimes. Plus d’un an que le langage de la rancœur, de la frustration a pris le dessus sur celui de la fraternité, la solidarité, la paix et la coexistence pacifique.

Comme si cela ne suffisait, on s’aperçoit qu’ils sont nombreux nos politiques qui voudraient se servir de l’annonce du «Cadre permanent du dialogue », pour renaitre de leurs cendres. On risque de voir,  très prochainement, germer çà et là, de nouvelles alliances entre les divorcés d’hier. Entre les copains et les coquins pour manger le pain du dialogue en voulant enfariner le peuple.

Ils sont nombreux à ne s’intéresser qu’à une chose. Est-ce que le dialogue en perspective sera encore l’occasion de décaisser quelques billets de banque sonnants et trébuchants. Est-ce que la communauté internationale mettra la main dans les poches ? Ainsi, certaines poches trouées de nos chers opposants, qui tendent plus la manche qu’ils ne s’opposent réellement, se rempliraient à nouveau.

Disons-le clairement. Si le dialogue devait être une boîte à sous,  une occasion pour remplir le panier de la ménagère de politiciens aussi riches qu’un rat d’église, prêts à tout, pour leur besace et leur ventre, il n’en vaudrait la peine. Certains parlent plus par opportunisme et n’ont aucune volonté de se saisir de l’opportunité qu’offre le cadre de dialogue qui solutionnerait nos problèmes. Un dialogue pouvant libérer notre peuple pris en étau entre un pouvoir et une opposition qui semblent n’exister que pour se taper là-dessus.

Pour ne rien arranger, des voix discordantes, peu inspirées et moins influentes jouent en solo. Dénonçant pêle-mêle une certaine tribune parue dans les médias la semaine dernière et invectivant aussi bien leur camp que leur adversaire, ils sèment la zizanie alors que le pays est en eau trouble.

Ailleurs, les porte-paroles de leaders politiques tapis dans l’ombre font le remue-ménage pour une «Transition transitoire» qui les mènera à Sékhoutouréya. Tout donne l’impression que sans la mort politique des uns le dialogue ne devrait pas avoir lieu. Et pourtant.

La Guinée joue son va-tout cette fois-ci. Elle dialoguera en toute franchise, à cœur ouvert, sans coups fourrés, pour sauver l’essentiel ; pour épargner son peuple des affres qu’il a toujours pu éviter. Ces mésaventures, dont l’ombre plane sur nos têtes, arrivent à tout pays dont les élites sont bornées, entêtées ou orgueilleuses.

Ces mésaventures sont évitables à une condition : que les termes du dialogue soient posés avec clarté.

Le dialogue ne doit pas se poser en termes de dualité possible-impossible.

Depuis la nomination de monsieur Fodé Bangoura comme Secrétaire permanent du dialogue bien de choses ont été dites.

Nous avons vu des responsables politiques applaudir de deux mains alors que d’autres condamnent. Les uns comme les autres n’ont pas pris le temps nécessaire à une distanciation propice à la maturation des idées pour une prise de position sereine. Ils ont autant acculé le pouvoir que l’opposition.

Politiquement, leur réaction est irresponsable. Ils ont vite oublié que monsieur Fodé Bangoura est un guinéen comme un autre. Que le dialogue ne relève pas de lui mais de celui qui en a pris l’initiative.

A mon avis, ceux qui voudraient une personnalité neutre en lieu et place de monsieur Bangoura, tout comme ceux qui réfutent le décret présidentiel, ont mal appréhendé la perspective d’une probable réussite. Si les avis personnels, les prises de positions individuelles sont les bienvenues, la décision finale devrait incomber aux instances nationales tant l’enjeu est de taille et les doutes tenaces.

Dans ces conditions, il appartient aux gouvernants de rassurer au-delà des mots en faisant en sorte que ce dialogue-ci enfante des lendemains meilleurs. Ils devraient clairement s’engager et ne pas se poser la question : « dialoguer ou ne pas dialoguer mais plutôt dire à leurs potentiels interlocuteurs nationaux ou internationaux : « quand ; comment ; sur quoi » dialoguer.

Il ne m’apparait pas nécessaire d’insister sur les points devant faire l’objet du dialogue tant ils sont connus de tous. Sans ces préalables qui engagent le gouvernement guinéen, le dialogue en perspective risque de ne pas avoir lieu car il serait biaisé dès le départ.

C’est au pouvoir de montrer, qu’au-delà de la nomination de monsieur Fodé Bangoura, que cette fois-ci les retrouvailles autour de la table ne tourneront pas à l’invitation de l’hyène à la chèvre pour que sa viande serve de festin. Qu’elles ne se réduiront pas à des salamalecs de grands boubous bien amidonnés, à un défilé d’assortiments féminins de Getzner, de mari-capables, de cravates et nœuds papillons pour hypnotiser les guinéens. Cette fois-ci, il ne s’agit plus de jouer au dialogue. Il faut le faire pour une raison bien simple.

Ne pas dialoguer équivaudrait à un suicide national

En Guinée, comme ailleurs en Afrique et dans le monde, il est habituel de recourir à la parole autour de la table, au dialogue politique donc, pour mettre fin à une crise pré ou postélectorale, un conflit interethnique, une guerre civile, un coup d’Etat armé, etc.  La situation guinéenne actuelle se prête à ce scénario.

Cependant, un dialogue a rarement fait l’unanimité. Pourtant, si controversé soit-il, sa nécessité s’impose. La physionomie politique guinéenne en fait un passage obligé.

D’un côté, on a un pouvoir acculé de l’intérieur et de l’extérieur. Un pouvoir qui a sûrement peur. Du moins secoué. Qui est aux abois selon les critiques les plus acerbes.

Un président qui souffre très certainement de la couleur qu’a prise son aura internationale. Pas brillantissime dirions-nous. Quelqu’un qui est habitué aux forums, sommets, conférences et qui a souvent été l’objet de considération est absent à tous les rendez-vous.  Quelqu’un qui a toujours été courtisé par les caméras et qui s’est souvent prêté aux flashs pour ses paroles détonantes passe presque pour un anonyme. Absent de la scène internationale, il ne peut ni faire prévaloir son passé « d’opposant historique » ni son « panafricanisme ».

De l’autre côté, une opposition souvent humiliée et constamment rabaissée plus bas que terre. Des personnalités prises en otage car ne pouvant se mouvoir au-delà des frontières nationales. Des gens sous surveillance, pourrait-on dire. Des cadres et militants en prison ou en exil, etc.

Qu’on se le dise, les gouvernants et l’opposition sont tous bousculés. Les uns ont la communauté internationale sur le dos. Les autres sont acculés par leur base. Par-dessus tout, la situation à l’interne ne saurait tenir car économiquement le pays est asphyxié. Il est bien connu que si la marmite ne bout pas, ce sont les Etats qu’on cuisine : par la rue et par d’autres voies.

L’opposition devrait être rassurée pour qu’elle cesse d’être sur ses gardes. Cela permettrait de voir ce qui est faisable ou envisageable.

Seul le dialogue pourrait éviter à la Guinée de faire face aux visages hideuses des lendemains sinistres ; des course poursuite qui finissent dans le sang. Par lui seul, on pourrait désengorger les prisons car les cimetières sont déjà pleins. N’est-ce pas que nous avons presque autant enterré que nous avons baptisé de 1958 à nos jours ?

Que faire si ce n’est dialoguer pour mettre fin à la prise d’otage de notre peuple par nos représentants tant en boubou, caftan, vestes, cravates, qu’en treillis. Nous n’avons qu’une solution : le dialogue.

S’interdire le dialogue relèverait, dans le contexte actuel, d’un grand risque tant pour les gouvernants que pour l’opposition. Ce serait tout simplement un suicide national. Par conséquent, personne n’a intérêt que le projet de dialogue échoue cette fois-ci.

Un message ? Ce serait celui-là

Guinéens, simples citoyens, responsables politiques, du président aux autres, le dialogue s’impose.

Qui aurait intérêt que le pays s’enflamme, flambe et se consume dans la guerre de politiciens ? Aucun peuple n’aime les conflits. Le nôtre a toujours été tolérant et attaché à l’essentiel.

Les responsables politiques guinéens devraient savoir qu’on n’est jamais aussi fort que lorsqu’on est faible pour construire. Alors, n’affutez pas vos armes pour la guerre mais plutôt vos langues pour le dialogue. Cette fois-ci, faites preuve de maturité et de résilience en surmontant ce qui vous oppose.

La Guinée a besoin de dialogue. Ce dialogue est impératif, salutaire et inévitable. L’Afrique du Sud est passée par-là. Le Rwanda n’a pas fait l’économie de se parler entre Tutsi et Hutu. Qu’est-ce qui empêcherait les Guinéens de se mettre autour de la table du dialogue ?

Dirigeants guinéens de tous bords politiques, élite guinéenne, de l’intérieur et de l’extérieur, la balle est dans notre camp. Le peuple nous regarde.

La Guinée est une fois de plus face à elle-même. Puisse-t-il la foi patriotique nous inspirer.

Par Lamarana-Petty Diallo

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Après tous ces crimes, le dialogue est une capitulation (Alpha Saliou Wann)

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Il est bon de savoir que nous luttons contre une dictature qui perdure dans notre pays depuis plus de 60 ans. On n’a pas affaire à des démocrates respectueux des droits humains. C’est donc une lutte périlleuse qui demande des sacrifices extrêmes.

Quand on lutte contre une dictature, on doit avoir conscience des risques pris : la prison et au pire des cas la mort. Mais, nous nous sacrifions pour une cause qui nous dépasse.

Nous devons clarifier les choses pour être bien certain de la finalité de notre engagement. Que voulons-nous ? La démocratie et l’Etat de droit. Ce sont des concepts qui doivent être bien compris au préalable par les dirigeants. Cela étant, nous devons nous placer dans une perspective historique longue aboutissant à l’instauration effective des valeurs démocratiques dans notre pays.

Si nous voulons gagner, nous devons éviter toute compromission avec le système dictatorial.

C’est une évidence pour tous qu’Alpha Condé est moralement et politiquement disqualifié pour diriger la Guinée. Il s’impose au pays par la force. Est-ce une raison de prendre acte de cette violence putschiste en collaborant avec lui? Pourquoi dialoguer avec un dictateur qui ne cède sur rien et qui est convaincu que la violence paie? Nous sommes en train de rendre banale la face hideuse de ce régime qui n’a pas hésité à massacrer de jeunes gens pour terroriser les populations et mettre à genoux les dirigeants de l’opposition.

Oui, après tous ces crimes, le dialogue est une capitulation.

Au fond, on ne dialogue pas pour que le régime se réforme et accepte l’Etat de droit. Dans le contexte actuel, le dialogue est perçu par Alpha Condé comme un acte d’allégeance à sa personne. Il a tué par centaines des jeunes manifestants et, les principaux dirigeants de l’UFDG sont jetés en prison afin de contraindre leur parti à s’agenouiller sous ses pieds. Il a suspendu le multipartisme politique avec l’interdiction de fait de l’UFDG qui est le seul parti de poids qui lui tienne tête réellement. Il ne s’agira donc pas d’un dialogue, mais d’une reddition de l’opposition.

La reddition est inacceptable. J’ai parlé plus haut d’une cause qui nous dépasse, il s’agit de la démocratie et de l’État de droit. En tant qu’humains, nous aspirons à la liberté et à la recherche du bonheur. Le seul système politique qui nous offre cette possibilité est le système de démocratie libérale. Nous nous battons pour cette cause qui nous garantira nos droits et libertés fondamentales.

Prenons pour référence le combat de l’ANC qui s’est fixé pour objectif le principe de « un homme, une voix ». Nelson Mandela et ses compagnons ont purgé 27 ans de prison sans renoncer à cette revendication. Plusieurs autres dirigeants de l’ANC sont restés en exil plus de 20 ans en refusant toute reddition. Leur courage et leur persévérance ont fini par payer : la fin de l’apartheid.

Le monde libre n’a pas cédé face au nazisme hitlérien qui a été combattu au prix de lourds sacrifices.

Nous devons donc avoir un mental d’acier pour affronter cette dictature.

Le malheur de l’Afrique, c’est de s’accommoder des violations des droits humains. Nous sommes prompts à fustiger l’esclavage et le colonialisme des puissances européennes, tout en étant moins regardant sur les pires atrocités que nous font subir nos propres dirigeants africains. Ils nous privent de nos libertés, pillent nos ressources et nous maintiennent dans la misère. Pourquoi voulez-vous qu’on s’acoquine avec de tels sinistres individus ? Ils méritent d’être vigoureusement combattu jusqu’au bout.

Nous devons donc poursuivre la lutte. Nous marquons des points non négligeables. Grâce à la mobilisation sans précédent de notre diaspora, Alpha Condé est isolé diplomatiquement à l’international. On l’a vu lors du sommet de Paris sur le financement des économies africaines, il était invité au départ, puis en raison de notre lobbying, le président Macron a finalement renoncé à sa participation. Les exécutants de ses basses besognes sont menacés de sanctions internationales. Le régime est aux abois. Il est étranglé financièrement. La seule carte qui lui reste pour rebondir, c’est d’obtenir la reddition de l’opposition au travers d’un dialogue de façade.

Voulez-vous qu’on lui fasse ce cadeau ?

Que les faibles démissionnent, mais les vrais combattants doivent poursuivre courageusement la lutte.

Nous devons faire une bonne lecture de la situation politique de notre pays. Il existe une majorité dans la population guinéenne qui aspire au changement démocratique. Depuis les années 1990, cette majorité lutte et maintient la pression sur le pouvoir au gré des trahisons de certains leaders politiques dont Alpha Condé. Vous avez sans doute remarqué la défiance de sa propre base déçue pour le non-respect de ses engagements électoraux. Ce qui veut dire que si des leaders actuels de l’opposition se soumettent au dictat d’Alpha CONDÉ, cela ne mettra pas fin à la mobilisation de cette majorité engagée pour le changement, car d’autres leaders reprendront immédiatement le flambeau de la lutte.

Pour être plus précis, je dirais que pour maintenir la dynamique de combat contre l’illégal 3ème mandat, le président de l’UFDG Cellou Dalein Diallo et le FNDC doivent refuser sans équivoque le dialogue avec le pouvoir dictatorial d’Alpha Condé. Nous ne devons pas nous arrêter en si bon chemin. Il faut lui asséner le coup de grâce pour faire triompher le droit.

Par Alpha Saliou Wann

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Nous devons combler le fossé mondial en matière de vaccination (Tribune)

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Fin mai 2021, seuls 2,1 % des Africains ont reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19. Nous devons combler le fossé qui se creuse en matière de vaccination entre les économies avancées et les pays en développement afin d'éviter ce que Tedros Ghebreyesus, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, a qualifié d'"apartheid vaccinal". C'est à la fois une obligation morale et dans l'intérêt de tous.

Dès lors, il nous faut agir au niveau multilatéral et à l'échelle planétaire pour accroître la production de vaccins et accélérer leur déploiement partout dans le monde. C'est la voie choisie par l'UE depuis le début de la pandémie. C'est désormais également celle retenue par les dirigeants du G20 lors du sommet mondial sur la santé qui s'est tenu à Rome le 21 mai dernier.

La pandémie continue de tuer des milliers de personnes chaque jour et, au rythme actuel, la population mondiale ne sera pas vaccinée dans son ensemble avant 2023. Or vacciner très largement cette population est le seul moyen de mettre fin à la pandémie. A défaut la multiplication des variants risque de compromettre l'efficacité des vaccins existants.

La vaccination est également un préalable à la levée des restrictions qui entravent nos économies et nos libertés. Ces restrictions pénalisent le monde entier, mais elles pèsent encore plus lourdement sur les pays en développement. Les pays avancés peuvent en effet s'appuyer davantage sur des mécanismes sociaux et des leviers de politique économique afin de limiter l'impact de la pandémie sur leurs citoyens.

Si le fossé mondial en matière de vaccination n'est pas comblé, il risque d'inverser la tendance à la baisse de la pauvreté et des inégalités planétaires observée ces dernières décennies. Une telle dynamique négative freinerait l'activité économique et accroîtrait les tensions géopolitiques. Le coût de l'inaction serait à coup sûr beaucoup plus élevé pour les économies avancées que ce que nous devrions dépenser collectivement pour aider à vacciner le monde entier. C’est pourquoi l'UE accueille favorablement le plan de 50 milliards de dollars proposé par le Fonds monétaire international dans le but de pouvoir vacciner 40 % de la population mondiale en 2021 et 60 % d'ici mi-2022.

Pour atteindre cet objectif, une action multilatérale étroitement coordonnée est nécessaire. Nous devons résister à la double menace que représentent d’un côté la "diplomatie des vaccins", qui lie la fourniture de vaccins à des objectifs politiques, et de l’autre le "nationalisme vaccinal", qui consiste à réserver les vaccins pour son seul pays. Contrairement à d'autres, l'UE a rejeté ces deux approches depuis le début de la pandémie. Jusqu'à présent, nous sommes le seul acteur mondial qui ait vacciné sa propre population tout en exportant parallèlement de grandes quantités de vaccins et en contribuant de façon substantielle au déploiement des vaccins dans les pays à faible revenu. Les Européens peuvent être fiers de ce que nous avons accompli.

En 2020, l'UE a soutenu la recherche et le développement de vaccins à grande échelle et contribué de manière significative à la mise au point de la nouvelle génération de vaccins à ARN messager. L'UE est ensuite devenue un des principaux producteurs de vaccins contre la COVID-19 : 40 % environ des doses utilisées jusqu'à présent dans le monde sont produites dans l'UE. L'UE a également exporté 240 millions de doses vers 90 pays, ce qui correspond approximativement au nombre de doses que nous avons utilisées en son sein.

L'UE, avec ses États membres et ses institutions financières — ce que nous appelons l'"Équipe Europe" — a commencé également à faire don de vaccins à ses voisins dans le besoin, en particulier dans les Balkans occidentaux. Elle entend faire don d'au moins 100 millions de doses supplémentaires aux pays à revenu faible et intermédiaire avant la fin de 2021, comme convenu lors du dernier Conseil européen. Avec une contribution de 2,8 milliards d'euros, l'Équipe Europe est également le principal contributeur au dispositif COVAX, qui permet aux pays les plus pauvres d'avoir accès aux vaccins. Environ un tiers de l'ensemble des doses COVAX livrées jusqu'à présent ont été financées par l'UE. Pourtant, cet effort est encore largement insuffisant pour empêcher que le fossé mondial ne se creuse en matière de vaccination.

Pour combler ce fossé, les pays disposant des connaissances et des moyens nécessaires devraient augmenter leurs capacités de production, afin de pouvoir à la fois vacciner leur propre population et exporter davantage de vaccins, comme le fait l'UE. En coopération avec les fabricants de vaccins, nous nous efforçons de porter les capacités de production de l'UE à plus de 3 milliards de doses par an d'ici à la fin de 2021. Nos partenaires industriels européens se sont engagés à fournir avant la fin de 2021 1,3 milliard de doses de vaccins à prix coûtant aux pays à faible revenu et à un prix réduit aux pays à revenu intermédiaire. Ils se sont également engagés à livrer plus de 1,3 milliard de doses en 2022, dont une grande partie sera distribuée par le dispositif COVAX.

Tous les Etats doivent éviter les mesures restrictives qui perturbent les chaînes d'approvisionnement des fabricants de vaccins dans d’autres pays. Nous devons également faciliter le transfert de connaissances et de technologies, afin que davantage de pays puissent produire des vaccins. Pour notre part, nous encourageons vivement les producteurs européens à le faire, en particulier en Afrique. J'ai participé au sommet de Paris consacré au soutien financier à l'Afrique qui s'est tenu le 18 mai dernier. A cette occasion, les dirigeants du continent ont souligné que l'Afrique importe 99 % de ses vaccins. Il faut que cela change. L'Équipe Europe lance une initiative avec ses partenaires africains, afin de renforcer les capacités de fabrication de vaccins, de médicaments et de technologies de la santé en Afrique. Cette initiative bénéficiera d’un financement de 1 milliard d'euros provenant du budget de l'UE et des institutions européennes de financement du développement,

L'octroi de licences volontaires est le moyen privilégié de réaliser ces transferts de technologie et de savoir-faire. S'il s'avère insuffisant, l'accord sur les ADPIC existant et la déclaration de Doha de 2001 prévoient déjà la possibilité de licences obligatoires. Selon certains pays, le recours à ces mécanismes de flexibilité demeure toutefois trop compliqué et trop lent. Afin d'accélérer ces transferts de technologie, l'UE présentera une nouvelle proposition dans le cadre de l'OMC au début du mois de juin.

La pandémie de COVID-19 nous a rappelé combien la santé est un bien public mondial. Notre action commune pour combler le fossé mondial en matière de vaccination contre la COVID-19 doit être la première étape sur le chemin de la véritable coopération globale dans le domaine de la santé prévue par la déclaration de Rome adoptée lors du sommet mondial sur la santé.

Par Josep Borrell - Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne

 

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