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Le FNDC a-t-il échoué ? « Ça me paraitrait simpliste de le dire », se lâche Boubacar Sow (Interview)

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Alors que le président Alpha Condé  entame un troisième mandat de six ans, malgré une forte contestation menée par le Front national pour la défense de la Constitution et qui a été réprimée dans le sang, le Coordinateur de l’antenne Suisse du front refuse tout échec du combat du FNDC. Bien que le mouvement s’essouffle pour « plusieurs raisons » admet Boubacar Sow, il continue de croire que la bataille est loin d’être perdue. Mais pour la gagner, une nouvelle stratégie s’impose à l’opposition, estime-t-il dans cette interview exclusive qu’il a bien voulu accorder à Guinee28.

Lisez :

Guinée28 : bonjour M. Sow, vous êtes le Coordinateur de l’antenne Suisse du FNDC. Bien que loin du pays, vous avez été très actif sur la lutte contre le troisième mandat en faveur du président Alpha Condé. Maintenant qu’il a pris fonction, peut-on dire que le front a échoué ?

Boubacar Sow : Bonjour M. Diallo, merci de m’offrir cette opportunité de donner mon point de vue sur ces sujets d’intérêt national. Pour en venir à votre question, je dois dire que ça me paraitrait simpliste de dire que le FNDC aurait échoué dans sa lutte pour le respect de la constitution de 2010 et contre le troisième mandat. S’il ya échec, le FNDC seul ne peut le porter. Ce serait plutôt, l’échec  de toutes celles et ceux qui aspirent à la démocratie, à la bonne gouvernance et au respect des lois de la République dans notre pays. Pour ce qui me concerne et à cet stade de choses, je préférai plutôt, parler de perte de batail que du combat pour parler d’échec. L’échec dans un combat, ce n’est pas le fait de tomber, mais, le fait de tomber sans possibilité de se relever. Avec l’adoption de leur nouvelle constitution et la concrétisation du projet de troisième mandat en faveur de M. Alpha Condé, le FNDC a été certes, malmené ; mais, il n’a pas abdiqué, il ne s’est pas rendu à l’adversaire pour parler d’échec. Je rappelle à ce sujet que l’exercice ou  le jeu démocratique  impose des principes et de règles à respecter par les parties prenantes. Le FNDC s’est toujours battu dans le strict respect des règles démocratiques contrairement à ses adversaires en face qui ont recouru à tous les moyens légaux et illégaux possibles pour arriver à leur fin.

Depuis un certain temps, il semble que le mouvement s’essouffle, les appels à manifester sont souvent peu suivis. Aujourd’hui, est-ce que le FNDC se porte vraiment bien ? Si oui, quel serait sa priorité face à Alpha Condé qui est bien parti pour se maintenir au pouvoir ces six prochaines années ?

Aujourd’hui, c’est évident que le mouvement s’essouffle pour plusieurs raisons :

Le FNDC était comme un train qui roule avec des resquilleurs plus nombreux que ceux en règle. Le train avait embarqué tout azimut sans possibilité de distinguer les passagers en règle et les resquilleurs. L’autre raison est liée à la nature de son adversaire en face ; je vais parler du clan à la tête du pays. Les manifestations des rues que le FNDC a utilisé comme moyen de lutte, ne peut faire fléchir qu’un régime qui se préoccupe ou accorde de l’importance à la tendance de l’opinion publique. En Guinée, vous pouvez mettre tous les guinéens dans la rue pour une manifestation pacifique, la seule réponse que vous aurez du régime actuel, c’est celle des balles pour tuer les uns et du gaz lacrymogène pour disperser les plus chanceux. C’est dire que quand vous avez un adversaire comme celui-là, qui se fiche de la tendance de l’opinion publique, qui impose la force comme argument au détriment de la force de leurs arguments, vous n’aurez que deux options : (1) jouer la carte de l’adversaire pour répondre la violence par la violence jusqu'à l’établissement d’un équilibre de forces ou (2) renoncer à l’affronter les mains nues en abdiquant. Personnellement, je ne suis plus partisan de manifester pour manifester, manifester pour être massacré, manifester pour être terrorisé, kidnappé et séquestrés sans aucune forme de procédure légale. Beaucoup de nos collègues croupissent  actuellement dans les geôles du régime pour s’être simplement exprimé ou manifesté contre le projet du troisième mandat. Cela dit, la question qui mérite d’être posée, n’est pas de savoir si le FNDC se porte bien ou pas ; mais plutôt, celle de savoir si notre pays, la République de Guinée se porte bien avec tout ce que les guinéens vivent actuellement. Pour l’autre volet de votre question portant sur ce qui pourrait être les priorités actuels du FNDC, je dirai que les priorités du FNDC n’ont jamais changé, il s’agit d’œuvrer en faveur d’une alternance démocratique dans notre pays, d’empêcher une nouvelle dictature ne s’installe pour saper le rêve du peuple de Guinée de vivre dans un Etat de droit avec un régime qui gouverne conformément aux lois de la République. Vous dites que Mr Alpha Condé serait bien parti pour se maintenir au pouvoir durant ces six prochaines année ; c’est vous qui le dite. Pour nous, il est loin d’être bien parti ; disons qu’il est parti pour le moment et attendons l’arrivée. La lutte pour laquelle le FNDC s’est engagée n’impose pas une course de vitesse ; mais bien une course de fond. C’est tout ce que je peux vous dire à ce stade de choses.

Depuis sa réélection contestée pour un troisième mandat, plusieurs opposants sont écroués à la maison centrale, l’un, Roger Bamba, est décédé la semaine passée, alors que d’autres sont malades, comment observez-vous tout ça ?

Avant de répondre à votre question, permettez-moi tout d’abord, de m’incliner pieusement devant la mémoire de tous nos camarades tombés sous les balles de ceux qui avaient pour mission de les protéger. J’adresse mes condoléances émues au peuple martyr de Guinée, aux familles biologiques et politiques des toutes les victimes dont le tout dernier d’entre eux ; je vais nommer, Roger Bamba, paix à son âme. Il faut dire que j’observe cette situation avec rage, révolte et indignation. Quand les guinéens à l’unisson, c’était battus dans les années 90 et 2000 pour réclamer, voir exiger des autorités de l’époque,  la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance ; personne ne pouvait parier que 30 ans 20 ans après, on allait se retrouver avec un régime pire en la matière que tous les précédents réunis. La question que je me pose actuellement est de savoir qu’est-ce que les guinéens ont fait au bon Dieu pour mériter un tel sort cruel. La Guinée, notre pays, faute de volonté politique  maintien et pérennise un système de gouvernance anachronique qui condamne sa population martyr à vivoter, osciller entre rêve et désenchantement. Le pire de cet désenchantement, c’est ce régime actuel dont le chef avait suscité d’immense espoir avant son arrivé au pouvoir en 2010 dans les conditions que vous connaissez mieux que moi. J’observe ainsi,  loin du pays, tous ces espoirs déçus, toute cette bouillabaisse politique, toute cette déconfiture de notre classe politique avec tristesse, regret et amertume. A un moment donner pourtant de notre histoire, les guinéens avaient lancés un défi à leurs autorités en entonnant « Plus jamais ça en Guinée ». Voir qu’on revient à la case de départ pendant que d’autres pays de la sous-région s’organisent pour avancer, me désole et m’empêche parfois, de dormir malgré la douceur qu’offre le climat suisse où je réside.

Selon vous, qu’est-ce que le FNDC et l’opposition doivent maintenant faire face à ce régime pour obtenir une alternance démocratique ?

Pour moi, la situation d’aujourd’hui doit préoccuper au-delà de l’opposition républicaine et du FNDC. La question est de savoir ce que les guinéens épris de paix, de liberté et de justice, rêvant vivre dans un pays démocratique où les droits de la personne sont respectés, doivent faire pour se libérer du clan composé d’une cinquantaine de personnes dont ils sont devenus otages. En attendant bien entendu, le FNDC et les partis politiques véritablement de l’opposition n’ont pas d’autres choix que de se concerter, aplanir leurs divergences, s’organiser ou se réorganiser en vue de poursuivre avec  vigueur et détermination,  la lutte engagée en se dotant rapidement d’une nouvelle stratégie pouvant rivaliser avec celle de l’adversaire axée sur la terreur et la division. Le faire, c’est redonner un espoir au peuple de Guinée et honorer la mémoire de toutes les victimes tombées sur le champ de bataille en faveur de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays.

Quel est votre avenir au sein du FNDC ?

Ma réponse: je ne suis pas du genre à m’engager légèrement dans tout et en faveur de tout. J’ai le mandat de mes compatriotes de la diaspora guinéenne de suisse et la confiance de mes collègues de la coordination nationale. Je ne peux pas et ne voudrais pas trahir leur confiance en quittant un navire quoiqu’en difficulté à mi-chemin. C’est vous dire que je reste fidèle à mon engagement de poursuivre la lutte au sein du mouvement et au côté de mes autres camarades.

Interview réalisée par Alpha Abdoulaye Diallo

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« On n’a jamais mis des opposants en prison », jure Alpha Condé

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Alors que plusieurs militants et responsables de l’opposition croupissent sans jugement depuis plusieurs mois à la maison centrale, dont au moins quatre ont déjà perdu la vie, le président Alpha Condé a nié avoir emprisonné des opposants. Pour lui, ceux qui sont « en prison ne sont pas des hommes politiques », a-t-il déclaré ce mercredi 24 février 2021, en marge du lancement du forum pour l’investissement en Guinée  (Guinea Investment Forum).

« La Guinée a fait d’énormes progrès sur le plan des droits humains, mais on continue toujours de nous considérer comme avant. Les pays qu’on dit démocratiques en Afrique, mettent leurs opposants en prison. Nous, on n’a jamais mis des opposants en prison », a dit Alpha Condé, ajoutant que « les gens qui sont en prison ne sont pas des hommes politiques ».

Dans son discours, le chef de l’Etat a aussi traité les guinéens des tortues « sans honte ».

« Les Guinéens n’ont pas honte, ils ont peur. Alors, c’est comme la tortue, il faut mettre le feu derrière », et « c’est ce qui va se passer », dit-il, avant de promettre que d'ici la fin de l'année il va ''récupérer"  tous les "biens de l'Etat détournés".

Par Mariam Bâ

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Ebola : Rémy Lamah se donne six semaines pour éradiquer la maladie

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Alors que la campagne de vaccination contre la fièvre hémorragique Ebola, lancée hier mardi, se poursuit en Guinée, le ministre de la Santé espère éradiquer le virus «en six semaines».

«Je pense qu’en six semaines, on peut en avoir terminé avec cette maladie», a confié à l’AFP le ministre Rémy Lamah.

Plus de 11 000 doses de vaccin fournies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sont arrivées lundi en Guinée. L’OMS prévoit d’acheminer prochainement des États-Unis 8500 doses supplémentaires, pour éliminer la maladie qui a déjà fait cinq morts depuis sa réapparition à Gouéké en Guinée forestière, il y a un peu plus d’une semaine.

Un total de 385 cas contacts a été recensé par les autorités sanitaires. Ils font dans leur grande majorité l’objet d’un suivi et seront prioritairement vaccinés, selon Bouna Yattassaye, directeur adjoint de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), cité par l’AFP.

Par Ibrahim Sylla

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Manifestation contre les délestages électriques à Faranah

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A peine réélu pour un troisième mandat contesté, le président Alpha Condé fait face à une grogne dans ses propres fiefs.

Après Kissidougou en début de semaine, une manifestation a été signalée ce mercredi 24 février 2021, à Faranah, où on avait pourtant voté à plus de 100% en faveur du chef d’Etat, lors de la présidentielle du 18 octobre dernier.

Les manifestants qui érigent des barricadent  dans plusieurs ruelles de la commune urbaine, protestent contre les délestages électriques.

Lundi passé, une manifestation similaire avait éclaté dans la ville de Kissidougou, un autre fief électoral du parti au pouvoir. Mais les protestataires avaient été rapidement dispersés par les agents de forces de sécurité à l’aide des gaz lacrymogènes.

Par Guinee28

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