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La démocratie recule-t-elle en Afrique ?

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Où en est la démocratie sur le continent africain ? L'Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA) basé à Stockholm donne des réponses dans son rapport sur l’état de la démocratie dans le monde publié ce 22 novembre. Et les conclusions de l'étude ne sont pas bonnes. L’Afrique voit pour la première fois en dix ans une augmentation du nombre de régimes autoritaires.

"Le monde devient plus autoritaire" c'est le dur constat du rapport de l'IDEA. Les experts de ce laboratoire d’idées? L'institut créé en 1995 et qui rassemble 31 pays, estime que le nombre de pays dont le régime devient autoritaire est trois fois supérieur au nombre de pays qui tendent vers la démocratie.

Un net recul de la démocratie

Les démocraties reculent. Les régimes hybrides ( régimes qui combinent pratiques autoritaires du pouvoir et élections démocratiques) et les régimes autoritaires progressent.  Cette tendance politique touche "70% de la population mondiale". Kevin Casas-Zamora, dirigeant d’IDEA joint par l'AFP ne cache pas son pessimisme, "cela en dit long sur le fait qu'il se passe quelque chose de grave sur la qualité démocratique".

Pour 2021, le pointage provisoire de l'IDEA recense 98 démocraties - un nombre au plus bas depuis plusieurs années - 20 régimes "hybrides" dont la Russie, le Maroc ou encore la Turquie et 47 régimes autoritaires, parmi lesquels la Chine, l'Arabie Saoudite, l'Éthiopie ou encore l'Iran.

Qu’en est-il en Afrique ?

Les experts constatent une forte prédominance de régimes "autoritaires" avec l’exception de la Tunisie considéré comme une démocratie "intermédiaire". Ils constatent dans leur rapport sur l'Afrique et le Moyent Orient que le nombre de démocraties est passé de 22 à 18 entre 2015 et 2020.

En particulier, le Bénin et la Côte d’Ivoire ont perdu leur statut de démocratie. Et le Mali bascule de régime hybride à régime autoritaire.

La Zambie, désormais classée pays démocratique, est le seul pays à avoir changé positivement de catégorie cette année.

Des critères clés pour définir un État démocratique

Les experts de l’IDEA s’appuient sur un certain nombre de critères pour évaluer l’état démocratique d’un pays, notamment la tenue régulière de scrutins électoraux.

Élections libres

Ils constatent qu’au cours de l’année 2020 des élections nationales et régionales ont pu se tenir régulièrement et restent le mode normal de transfert de pouvoir dans de nombreux pays.

Ainsi en mars 2021 l’Afrique du Sud et la Tunisie ont reporté leurs scrutins.

En mai ce fut au tour du Gabon, de la Gambie, du Kenya, de la Libye, de l’Ouganda et du Zimbabwe.

En août ce fut au tour de l’Éthiopie, en septembre du Nigeria, en octobre du Liberia, en novembre du Niger et de la Somalie, en décembre du Tchad.

En février 2021 c’est la Somalie qui a suspendu son processus électoral.

Si le Mali a tenu des élections en mai 2020, un coup d'État en août a modifié la situation et la junte militaire a instauré un gouvernement de transition en septembre 2020. La CEDEAO et la communauté internationale font pression sur le gouvernement pour que des élections générales aient lieu en février 2022. Le Premier ministre Choguel Maïga a parlé d'un report de ces élections générales.

Légitimité du gouvernement

Seuls quatre pays recueillent des scores honorables dans la catégorie représentativité du gouvernement : le Cap Vert, le Ghana, le Sénégal et l’Afrique du Sud.

Entre 2015 et 2020, 13 pays africains ont modifié ou éliminé des articles de leur constitution afin d’étendre la durée des mandats présidentiels.

Des transitions obtenues par des coups d’État militaires ont eu lieu en Algérie, en Égypte, au Soudan et au Zimbabwe en 2020 et au Mali et au Tchad en 2021.

Liberté d’expression

Dans un effort de contenir la désinformation au sujet de la pandémie, nombres de  gouvernements ont réduit fortement la liberté d’expression souligne le rapport des experts.

29 pays ont adopté des lois qui ont restreint la liberté d’expression sur internet.

Entre 2020 et 2021 l’accès à internet a été supprimé dans le cadre d’élections au Burundi, en Guinée, en Tanzanie, au Togo et Ouganda.

L’Éthiopie détient le record des fermetures d’internet sur le continent. Le Nigeria a interdit Twitter en 2021. La Zambie a fermé tous les réseaux sociaux pendant l'élection présidentielle d'août 2020.

Recours à la force

Onze gouvernement, l’Angola, l’Éthiopie, le Ghana, le Liberia, la Libye, la Mauritanie, le Nigeria, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud, le Soudan et la Tunisie ont eu recours à l’armée pour faire respecter les mesures sanitaires. Les experts ont répertorié "un recours excessif à la force" dans 21 pays.

Respect des droits fondamentaux

Depuis 1994, le continent sur ces trois décennies a connu un formidable développement démocratique, soulignent les experts de l’IDEA. Les libertés des citoyens comme comme la liberté d’expression ou la celle d’association et de réunion, ont connu des avancées. Cependant, depuis quelques années ils remarquent un recul de ces libertés notamment au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Tanzanie et en Zambie.

Accroissement des violences politiques et du terrorisme

D’autres facteurs entrent en compte pour quantifier l’état de la démocratie dans un pays, notamment l’insécurité. Sur ce point certaines régions sont plus éprouvées que d'autres.

Les régions sahéliennes, d’Afrique de l’Est et d’Afrique du Nord ont été les plus touchées par les activités djihadistes. En Afrique centrale, les conflits au Cameroun et dans les régions orientales de la République démocratique du Congo ont provoqué de vastes mouvements migratoires.

Mais pour conclure, ils soulignent la part importante que prennent les organisations de jeunes et de la société civile dans le développement démocratique notamment dans les mobilisations en Afrique du Sud, en Algérie, au Mali, au Nigeria, en Tunisie et au Soudan.

Par TV5monde

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Guinée : un journaliste convoqué dans un camp militaire

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Un journaliste est convoqué à la direction du renseignement militaire de l’État-major Général des armées, a-t-on appris.

Il s’agit de Mohamed Bangoura, directeur de publication du site d’information mosaiqueguinee.com. Selon les explications recueillies auprès de notre confrère par la Remigui (Réseau des médias sur internet en Guinée)  , sa convocation serait consécutif à la publication d’un article de presse dans son site évoquant une disparition d’un camion de tramadol.

« Convoquer un journaliste dans un camp militaire de cette façon, nous avons vécu beaucoup de régimes d’exception mais ceci est une première que nous ne devrions pas laisser prospérer », indique l’association, invitant les autorités militaires derrière cette affaire à privilégier les voies légales en la matière.

Dans un autre communiqué, un syndicat de la presse en Guinée souligne que le journaliste subit ces derniers jours  des harcèlements et des intimidations. « Des militaires ont débarqué vendredi dans sa rédaction d’où ils voulaient le cueillir et trainer dans la boue comme un objet avant de l’envoyer à une destination inconnue. Heureusement qu’il n’était pas sur place ce jour-là mais depuis lors, il reçoit des appels téléphoniques l’intimant de se présenter au camp », déplore le SPPG.

Ce syndicat rappelle qu’en Guinée, un journaliste n’a pas à répondre dans un camp militaire et invite à notre confrère à ne répondre. « Au nom du principe selon lequel, nul n’est tenu obéir à un ordre manifestement illégal, nous demandons à Mohamed Bangoura de ne pas répondre à cette convocation illégale ».

Par Mariam Bâ

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Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara gracie Laurent Gbagbo

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En Côte d'Ivoire, le président Alassane Ouattara a accordé samedi 6 août sa grâce à son prédécesseur et ancien rival Laurent Gbagbo, sous le coup d'une peine de 20 ans de prison dans son pays à la suite de la crise post-électorale de 2010-2011.

" Dans le souci de renforcer la cohésion sociale, j’ai signé un décret accordant la grâce présidentielle à M. Laurent Gbagbo" a déclaré le président ivoirien lors de son discours à la nation, ce 6 août. "J’ai également demandé qu’il soit procédé au dégel de ses comptes et au paiement de ses arriérés de rentes viagères », ajoute-il.

Laurent Gbagbo réclamait en effet depuis son acquittement par la CPI que l’État ivoirien lui verse les arriérés de rentes viagères dues aux anciens présidents, et qui avaient été gelés lors de sa détention à La Haye, ce qui devrait atteindre 3 millions d’euros si le barème lui est appliqué rétroactivement sur 10 ans. Ses comptes bancaires seront également dégelés.

Par Guinee28 

 

 

 

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Justice: un avocat malien interdit de plaider en Guinée

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Un avocat d'origine malienne qui défend l'ancien Premier ministre Kasssory Fofana, incarcéré depuis plusieurs mois à la maison centrale pour détournement, a été interdit de postuler et de plaider devant toutes les juridictions en Guinée.

Il s'agit de Me Mamadou Ismaïla Konaté, inscrit aux barreaux de Paris et de Mali.

La justice guinéenne le reproche d’avoir tenu des propos discourtois envers le procureur spécial de la Cour de  répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Aly Touré, lors d’une émission radiodiffusée non autorisée.

Autre motif, la justice évoque l'absence à ce jour d’une convention de réciprocité entre les barreaux de Paris, du Mali et de la Guinée quant à l’exercice de la profession d’avocat.

Par I. Sylla 

 

 

 

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