Condamné en appel ce jeudi 15 octobre à quatre ans et huit mois de prison ferme pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ancien ministre de la Défense Dr Mohamed Diané voit sa peine allégée. Mais le parquet spécial de la CRIEF, déterminé à contester la décision et la relaxe pour détournement de deniers publics, a immédiatement annoncé son pourvoi en cassation devant la Cour suprême.
La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a condamné ce jeudi 15 octobre 2026, l’ancien ministre de la Défense nationale sous le régime d’Alpha Condé, Dr Mohamed Diané, à quatre ans et huit mois d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de 3 milliards de francs guinéens et de 300 milliards de francs guinéens de dommages et intérêts au profit de l’État guinéen, selon l’arrêt rendu par la juridiction et les déclarations du parquet spécial.

Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, l’ancien ministre a été relaxé du chef de détournement de deniers publics, les magistrats ayant estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir suffisamment cette infraction. En revanche, sa culpabilité a été retenue pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux en raison de l’importance de son patrimoine, jugé incompatible avec ses revenus ministériels, et de l’insuffisance de justificatifs sur l’origine licite de ses biens.
Sitôt cette décision prononcée, le procureur spécial de la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a annoncé son intention de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême. Selon le magistrat, cette démarche vise à contester l’appréciation juridique et les motifs légaux de la chambre des appels, estimant notamment que l’absence de rapport d’inspection ne suffit pas à écarter les faits dès lors que l’ordonnateur des dépenses n’a pas justifié l’utilisation des fonds publics maniés et que le non-respect des procédures de marchés publics peut caractériser des infractions assimilées à la corruption.
Le procureur spécial a ainsi réaffirmé sa détermination à défendre les intérêts de la société guinéenne et à promouvoir la reddition des comptes dans cette procédure qu’il juge loin d’être terminée.
Cette décision intervient près de deux ans après le jugement de première instance prononcé en décembre 2024, qui avait condamné Dr Mohamed Diané à cinq ans d’emprisonnement.
Détenu depuis le 31 mai 2022, l’ancien ministre voit ainsi sa peine ramenée à quatre ans et huit mois, ce qui, selon le décompte évoqué, ne lui laisserait plus que deux mois de détention à purger, sous réserve de l’issue du pourvoi en cassation porté devant la Cour suprême.
Par I.Sylla

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