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« Je n’ai pas de compte bancaire » : à la barre, Ahmed Sékou Traoré s’explique sur un détournement présumé de 32 milliards à Ratoma

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guinee28 • 3 min de lecture

Face aux juges de la CRIEF ce lundi 2 novembre, l’ancien président de la délégation spéciale de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré, a peiné à apporter des précisions chiffrées sur sa gestion des finances communales entre 2024 et 2025. Mis en cause pour un préjudice estimé à 32 milliards de francs guinéens aux côtés du receveur communal, l’ancien responsable a obtenu un délai jusqu’au 16 novembre pour analyser les rapports financiers avec ses avocats.

Poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics portant sur 32 milliards de francs guinéens, l’ancien président de la délégation spéciale de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré, s’est expliqué sur sa gestion ce lundi 2 novembre 2026 devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

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À la barre, l’ancien responsable communal a livré des précisions sur les recettes fiscales et les dépenses enregistrées durant les exercices 2024 et 2025, tout en justifiant l’utilisation des fonds alloués aux infrastructures locales.

Interrogé sur sa situation personnelle, il a déclaré ne posséder aucun compte bancaire et ne détenir qu’un seul terrain acquis en 2017 à Yattaya pour 75 millions de francs.

Concernant les recettes fiscales, l’accusé a indiqué qu’elles s’élevaient à 5 milliards 187 millions 994 mille 101 francs en 2024, contre un montant global recouvré de 7 milliards 578 millions 079 mille 586 francs et 584 millions 634 mille francs en 2025, expliquant cet écart considérable par la modification du découpage territorial et la réduction du nombre de quartiers, passés de 34 à 11.

S’agissant des dépenses, elles ont atteint 3 milliards 555 millions 13 mille 851 francs en 2024 et 7 milliards 382 millions 506 mille francs en 2025.

Par ailleurs, il a détaillé l’utilisation de 14 milliards 625 millions de francs perçus de l’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC), affirmant qu’ils ont servi à ériger plusieurs ouvrages, notamment une école à Hamdallaye 2, le centre de santé de Kaporo, le pavage de la maison des jeunes de Taouyah et le désenclavement routier de Ratoma, tout en reconnaissant ne pas se souvenir des détails précis sur les entreprises prestataires sélectionnées par appel d’offres.

Face aux difficultés éprouvées par l’ancien édile pour préciser certains chiffres et montants inscrits dans les rapports officiels, ses avocats ont sollicité un délai supplémentaire pour lui permettre de se familiariser avec ces données. La Cour a accédé à cette requête et renvoyé l’affaire au 16 novembre prochain pour la poursuite des débats.

Pour rappel, Ahmed Sékou Traoré et le receveur communal Mohamed Camara répondent dans cette procédure de charges incluant des faits présumés de corruption d’agents publics, de faux et usage de faux en écritures publiques, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux et de complicité.

Par Mariam Bâ

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