Cinq élèves des lycées N’Dama et Mohamed VI sont formellement exclues du milieu scolaire national. Cette mesure radicale, portée par le Directeur préfectoral de l’Éducation de Boké, Ibrahima Fofana, fait suite à la diffusion de vidéos jugées indécentes, largement relayées sur les réseaux sociaux.
Pour la Direction préfectorale de l’Éducation de Boké , l’acte dépasse la simple incartade pour devenir une atteinte flagrante à l’éthique et à la dignité de l’école guinéenne.
Les excuses publiques formulées par les adolescentes n’auront pas suffi à infléchir la position de la DPE. Du 16 février au 3 juillet 2026, ces jeunes filles sont interdites d’accès à tout établissement scolaire sur l’ensemble du territoire.
Leur retour en classe restera conditionné à un engagement solennel et écrit de leurs parents. Cette onde de choc frappe également l’encadrement du lycée N’Dama, immédiatement démis de ses fonctions.
Un climat de dérives scolaires après l’onde de choc de Labé
Cette fermeté à Boké s’inscrit dans un contexte national de vive tension, quelques jours seulement après l’effroyable fait divers de Labé. Dans cette localité, sept élèves du secondaire ont été interpellées début février après l’agression sauvage d’une de leurs paires. La vidéo du lynchage, devenue virale, a suscité une indignation générale.
Tout a commencé par une accusation de calomnie sur fond de rivalité amoureuse autour d’un garçon, prétexte sous lequel ces adolescentes en tenue scolaire ont violemment pris à partie leur camarade, d’abord dans une forêt de sapins, puis jusque dans l’intimité de sa chambre familiale pour la ruer de coups.
L’intervention rapide de Kadiatou Baillo Soumano, inspectrice régionale de la protection de la femme, et de la Brigade de Recherche a permis l’identification des suspectes. Six des agresseuses, majeures, ont été placées sous mandat de dépôt à la maison centrale de Labé dans l’attente de leur jugement, tandis que la septième, mineure, fait l’objet d’une procédure adaptée. Alors que la victime se remet de ses blessures à l’hôpital régional, sa famille réclame une justice exemplaire.
Face à cette multiplication des violences et des mises en scène numériques, le DPE de Boké a ordonné une campagne de rappel à l’ordre d’un mois, du 17 février au 17 mars.
Durant cette période, les règlements intérieurs seront lus et expliqués dans chaque école, en vue d’emmener les élèves à adopter des comportements plus responsables dans l’utilisation du numérique.
Par Mariam Bâ


