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Politique

LES INCOHÉRENCES D’AMADOU DAMARO CAMARA DÉPUTÉ AFFAIRISTE

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Paniqué, l’honorable Amadou Damaro Camara, frère et associé de Mohamed Camara, ex Maire de la Commune de Matoto, cherche infructueusement à se justifier, pour lui, tout le monde est dupe. Il ne sait pas qu’il est vu, connu et reconnu comme un cafard sur un carrelage blanc.

1ère incohérence et contre-vérités de l’affairiste Damaro.

Il déclare qu’ « il a été approché par un citoyen qui est venu lui voir pour lui dire que l’Etat lui doit de l’argent, c’est ainsi qu’il s’est intéressé et il est parti voir le Président de la République pour lui dire ‘’on vous accuse d’une injustice qui ne vous ressemble pas’’ ».

Dans cette phrase de l’affairiste et président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, il s’abstient à dessein de révéler trois choses à s’avoir : l’identité de son frère, ami et associé Mohamed Camara ; que c’est Mohamed qui a aidé le Président à gagner les élections dans la préfecture de Beyla ; qu’il a trompé le Président de la République avec des mots aimables avant de contacter le Ministre des Finances Mohamed Diaré à l’époque.

Mais en touchant le Président de la République comme lui-même a décrit, on se pose un certain nombre de questions. En quelle qualité Damaro a agi ? Ce soit disant Député connait-il les missions d’un Député de la République? Connaît-il la différence entre un Député uninominal et un Député élu sur la liste proportionnelle ? Connaît-il le principe de la séparation des Pouvoirs ? Connait-il que le Président de la République est une Institution ?

Certes, avec ses intérêts financiers et l’amour qu’il a pour l’argent, rien ne pouvait l’arrêter,même la Loi.

2ème incohérence de l’honorable affairiste :

Le parlementairea déclaré dans la Presse sans gêne, avoir appelé le Ministre de la Justice Me Cheick Sacko pour lui dire : « Attention Monsieur le Ministre, c’est moi qui suis parti voir le patron, le Président de la République. Voilà comment ça s’est passé. Je suis surpris que les Huissiers disent que c’est à cause de leur travail que la dette a été payée. Le Ministre m’a donné des explications qui ne m’ont pas du tout convaincu. ».

C’est très grave comme démarche pour un Député de la République. En quelle qualité un Député peut s’adresser à un Ministre avec un tel ton comme s’il était à l’Hémicycle ‘’Attention Monsieur le Ministre’’comme si le Ministre est leur adversaire ou comme si c’est le Ministre qui aurait demandé aux Huissiers de saisir son argent. Ridicule ne tue pas. Lui Damaro a quelle compétence professionnelle pour douter les explications d’un ministre en l’occurrence celui de la Justice, Maitre Cheick Sacko qui est un homme honnête, intègre et  connait les limites de sa responsabilité. Ce dernierest venu en Guinée pour servir sa nation et non pour se faire de l’argent, car il avait du travail en Europe. Contrairement au chômeurDamaro Camara venant des USA pour se faire de l’argent sur le dos des contribuables guinéens. C’est le cas du contrat de fournitures des véhicules des Députés dont il est impliqué. Ce scandale sera révélé au grand public comme celui de la SOGUICOM SA qu’il vient de gérer avec beaucoup de finesse pour son frère Mohamed Camara pour un montant de 29 milliards de francs guinéens.

Honorable Député -Agent de recouvrement de créances, si c’est vous qui avez débloqué le paiement, pourquoi on n’a pas mentionné votre nom dans la convention d’échéancier de paiement, mais plutôt la lettre de l’Agent Judiciaire de l’Etat qui a transmis l’exploit des Huissiers de Justice au Ministère de l’Economie et des Finances ?

Honorable Député,pour que vous soyez un agent de recouvrement il va falloir faire une proposition de loi dont vos collègues députés qui sont à vos ordres, comme vous le dites sans respect, peuvent voter. Mais pour le moment, seuls les Huissiers de Justice ont qualité de cette mission en République de Guinée, pas un Député. Et si vous le confirmez, vous êtes poursuivable pour le délit d’usurpation de fonction et de titres.

3ème incohérence du député huissier de justice Damaro Camara :

Dans la Presse, il déclare : « je suis retourné voir le Président pour lui dire que les Huissiers bloquent son compte et que le Président a appelé le Ministre de la Justice pour lui demander c’est quoi cette histoire ? ».

Mais avec cette attitude d’un Député, l’on se demande nous sommes dans quel pays ?

Amadou Damaro est-il le Président du groupe parlementaire RPG arc en ciel à l’Assemblée Nationale, ou le Président Directeur Général de la société SOGUICOM S.A ? En tout cas, il s’est battu trop pour ce simple citoyen qui était venu le voir.

De là, ce que Damaro n’a pas déclaré, c’est que le magistrat qui avait en charge du dossier à la Cour d’Appel a été aussi appelé à la Présidence de la République et a fini par céder à cause de la pression, pour ordonner injustement à la Banque de libérer l’argent de Damaro.

Aussi, il n’a pas déclaré qu’il était parti à la Cour Suprême pour obtenir un Arrêt de sursis à l’exécution d’une décision qui a été rendue par la Cour d’Appel en faveur des Huissiers.

Si vous ne le savez pas honorable Député, c’est ça l’ingérence ou immixtion dans les affaires judiciaires, l’usage irrégulier de titres de Député, trafic d’influence et abus d’autorité.

4ème incohérence de député affairiste

Damaro se dit surpris de le traiter comme propriétaire de la société, que leur société était créée pendant que lui,il était aux USA,« mais que les Huissiers ne savent pas qu’il n’était pas en Guinée de 1999 à 2011 ». C’est vrai cher député, on ne le savait pas du tout. Mais pour quelle raison ? Parce qu’on vient d’apprendre que depuis le coup d’Etat du 05 juillet 1985 vous avez eu des ennuis par la suite, nous le regrettons. Toutefois, cette longue absence involontaire ne peut pas vous empêcher d’être actionnaire dans une société surtout anonyme comme la SOGUICOM S.A. Sinon, comment on peut comprendre votre engagement comme un lion pour la cause de l’argent d’un simple citoyen qui était venu vous voir pendant que le Parlement dont vous siéger souffre de nombreux maux pour lesquels vous ne faites rien, pourtant vous êtes très efficace.

Pourquoi dès que votre argent a été libéré et que vous avez encaissé, vous avez rapidement voyagé le lendemain en abandonnant le dialogue politique inter guinéens pendant que vous étiez le chef des délégués de la mouvance présidentielle à ce dialogue ?

5ème incohérence et méconnaissance du député Damaro :

Damaro a dit des choses très graves de la part d’un Député de la République.

Car, en cherchant vainement à ridiculiser les Huissiers poursuivant, il se fait ridiculiser lui-même. Notre député pourtant président d’un groupe parlementaire, appelé à voter des lois à l’Assemblée, malheureusement méconnait les lois de son pays. Ce parlementaire ne connait que les démarches pour l’obtention des contrats juteux. C’est une honte.

Honorable Député, comme vous ne connaissez pas, retenez que ce n’est pas une plainte qui est portée contre vous, mais plutôt vous avez été cité directement et ce, conformément aux dispositions des articles 544 et 545 du Code de ProcédurePénale pourtant votées par l’Assemblée. Et c’est devant le Tribunal de Dixinn, celui de votre résidence et non à Kaloum comme vous confondez. Encore, il faut retenir que vous n’êtes pas poursuivi pour un crime, mais pour un délit.

Le cabinet des Huissiers s’est constitué partie civile et a payé la caution de 500 000 GNF, qu’il avait proposé de payer préalablement, mais que le Président audiencier avait fixé lors de la 1ère audience à 1 000 000 GNF à lademande de Procureur. La prochaine audience a été renvoyée pour le 3 Novembre à 9 heures pour votre information, ce qui veut dire que le procès continu.

La procédure est lancée vous pouvez rester abriter derrière votre immunité éternellemême après votre mandature. Si vous ne venez pas comme d’habitude faire usage de votre autorité sur les magistrats en charge de ce dossier, le Tribunal vous condamnera sur la base des seuls éléments fournis par vos adversaires et cela à vos risques et périls. Néanmoins, vous pouvez vous en douter.

Cette décision de justice correctionnelle sera publiée partout ou besoin sera et sera classée dans votre casier judiciaire. Et elle sera également signifiée‘’au patron’’ ainsi qu’à la mission Diplomatique de votre pays de résidence, les « Etats Unis d’Amérique », à l’effet de transmettre à qui de droit.

Peut-être, vous n’allez pas échapper ou mépriser les institutions américaines,votre pays de résidence, comme vous le faites pour celles de votre pays d’origine la Guinée.

Ainsi, on s’aura qui du cabinet des Huissiers ou du Député Damaro,qui est affairiste ? Qui va descendre dans la boue ? Qui a sorti des ordures? Et qui a fait des bêtises ?

A suivre…

Par Maitre Saidouba Kissing Camara, Huissier de Justice, Guinée Conakry

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Guinée : les hommages de Cellou Dalein Diallo aux détenus politiques

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Ce samedi 17 avril 2021, c’est la journée internationale des prisonniers politiques. A cette occasion, Cellou Dalein Diallo a rendu un hommage aux détenus politiques guinéens, qui sont majoritairement ses plus proches collaborateurs.  

« A l’occasion de la Journée internationale des prisonniers politiques, je souhaite rendre un hommage appuyé́ à mes principaux collaborateurs et aux nombreux militants de l’UFDG, de l’ANAD et du FNDC arbitrairement détenus dans les prisons guinéennes en raison de leur combat pour le respect de la vérité́ des urnes ou de leur opposition au troisième mandat. Je félicite tous ceux qui, de l’intérieur comme de l’extérieur, dénoncent cette détention illégale et œuvrent pour la libération de ces prisonniers d’opinion. »

Guinee28

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A LA UNE

A cause des violations des droits de l’homme, la Guinée recalée au programme de Millenium Challenge Corporation

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C’est une énorme opportunité d’aide que le gouvernement guinéen vient de perdre du côté des Etats-Unis.  En Raison des violations des droits de l’homme en Guinée, le pays a été recalé au programme de Millenium Challenge Corporation.

« La Guinée, bien qu’ayant validé 9 des 20 indicateurs du MCC n’a cependant pas pu accéder à ce programme en raison de la perte d’indicateurs relatifs aux droits démocratiques », a annoncé jeudi  le ministre des Investissements et des partenariats public-privé, expliquant que  l’agence de notation américaine Freedom House, dans son dernier rapport publié le 22 mars 2021, a abaissé de deux points la note de la Guinée dans ce registre.

Créé en 2004, le Millenium Challenge Corporation (MCC) est un programme d’aide bilatérale du Gouvernement des Etats Unis en faveur des pays à faibles revenus, sélectionnés sur la base d’indicateurs de performance. L’objectif est de mettre en œuvre des partenariats avec les pays qui réalisent des performances satisfaisantes dans les trois domaines clés que sont : La bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques ; La création d’un environnement favorable à l’initiative privée ; L’engagement de l’Etat à faire des investissements conséquents dans le secteur social.

Cette assistance du Gouvernement américain allant jusqu’à 500 millions de dollars U, est apportée aux pays bénéficiaires sous forme de Dons, pour la mise en œuvre d’un programme d’investissement pays appelé « Compact Pays » ou « Compact ».

Par Ibrahim Bangoura

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A LA UNE

Droits de l’homme en Guinée : après les Etats-Unis, Amnesty accable à en son tour le régime d’Alpha Condé

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Quelques jours après les Etats-Unis, Amnesty International a accablé le régime du président Alpha Condé. Dans son rapport annuel sur les droits humains publié ce mercredi 7 avril 2021, l’ONG note que des violations graves des droits de l’homme, avec l’assassinat des dizaines de personnes ont été commises en Guinée l’année dernière, dans le contexte de la modification controversée de la Constitution et des résultats contestés de l’élection présidentielle.

Lisez le rapport :

Des violations des droits humains ont été commises dans le contexte d’une modification controversée de la Constitution et des résultats contestés de l’élection présidentielle. Des dizaines de personnes ont été tuées par des membres des forces de défense et de sécurité lors de manifestations, et les auteurs de ces homicides demeuraient impunis. Des membres de partis politiques d’opposition et des militant·e·s en faveur de la démocratie ont été arrêtés et détenus arbitrairement. Le droit à la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique ont fait l’objet de restrictions. Le droit à la santé des prisonnières et prisonniers était mis à mal par une surpopulation chronique et des conditions de détention déplorables.

CONTEXTE

À partir du mois de mars, les autorités ont décrété l’état d’urgence pour faire face à la pandémie de COVID-19 et pris des mesures qui restreignaient, entre autres, le droit de circuler librement et le droit à la liberté de réunion. En mars, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), une coalition de partis politiques et d’organisations de la société civile, a été l’instigateur de manifestations de grande ampleur contre un projet de réforme de la Constitution qui devait autoriser le président de la République à briguer un troisième mandat. Il a également appelé à boycotter les élections législatives et le référendum sur la Constitution, qui ont eu lieu le 22 mars. En avril, la Cour constitutionnelle a indiqué que près de 90 % des votant·e·s s’étaient prononcés en faveur de la réforme. Le 24 octobre, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annoncé qu’Alpha Condé avait remporté l’élection présidentielle, bien qu’un autre candidat, Cellou Dalein Diallo, ait déjà revendiqué la victoire.

HOMICIDES ILLÉGAUX

Les forces de défense et de sécurité ont fait usage d’une force excessive contre des manifestant·e·s. Des dizaines de personnes ont été abattues et de nombreuses autres ont été blessées par balle ou touchées par des grenades lacrymogènes. Entre le 21 et le 22 mars, au moins 12 personnes ont été tuées lors de manifestations organisées par le FNDC. Le 12 mai, sept personnes ont trouvé la mort dans des manifestations, dont certaines ont tourné à la violence, dans les villes de Manéah, Coyah et Dubréka (région de Kindia) ainsi qu’à Kamsar (région de Boké). Elles dénonçaient la manière dont les forces de sécurité faisaient appliquer les restrictions de circulation liées à la pandémie de COVID-19. Dans les jours qui ont suivi l’élection présidentielle d’octobre, au moins 16 personnes ont été tuées par les forces de sécurité alors qu’elles protestaient contre les résultats du scrutin. Les forces de défense et de sécurité ont également commis des violences à l’encontre des populations de quartiers de la capitale, Conakry, perçus comme favorables à l’opposition, tuant au moins un habitant de Wanindara le 1 er décembre, sans raison.

Selon les autorités, deux policiers ont été tués à Conakry, le 21 octobre et le 30 novembre respectivement, et trois gendarmes et un soldat ont eux aussi trouvé la mort lors d’une attaque visant un train de la compagnie minière Rusal le 23 octobre, également dans la capitale.

ARRESTATIONS ET DÉTENTIONS ARBITRAIRES

Entre janvier et septembre, plusieurs dizaines de représentant·e·s d’organisations de la société civile et militant·e·s politiques ont été arrêtés arbitrairement pour s’être opposés au référendum, avoir appelé à manifester ou avoir dénoncé des violations des droits humains commises dans le pays. Le 6 mars, la police a arrêté Ibrahima Diallo, dirigeant du FNDC et coordonnateur du mouvement en faveur de la démocratie Tournons la page-Guinée (TLP-Guinée), et Sékou Koundouno, coordonnateur du Balai citoyen, un mouvement citoyen qui promeut la démocratie, à Conakry. Plus tôt dans la journée, ces deux hommes avaient tenu une conférence de presse, notamment pour dénoncer les arrestations arbitraires auxquelles se livraient les forces de sécurité. Ils ont été inculpés, entre autres, d’« outrage à agent », de « violences et voies de fait » et de « production, diffusion et mise à disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre et la sécurité publics ou à porter atteinte à la dignité humaine ».

Le 15 juillet, la cour d’appel de Conakry, ayant constaté des irrégularités juridiques et procédurales, a décidé de l’abandon des poursuites. Un autre dirigeant du FNDC et membre de TLP-Guinée, Oumar Sylla, a été arrêté le 17 avril à Conakry par la Brigade de recherche et d’intervention (BRI), après avoir participé à une émission de radio lors de laquelle des membres du FNDC avaient appelé à manifester contre la réforme de la Constitution. Il avait également dénoncé les homicides, les actes de torture, les détentions arbitraires et le harcèlement dont des membres du FNDC avaient été victimes dans la ville de Nzérékoré. Il a été inculpé de « communication et diffusion de fausses informations » et de « violences et menaces de mort ». Il a été libéré le 27 août, un juge ayant décidé de l’abandon des poursuites à son encontre. Cependant, le 29 septembre, il a de nouveau été détenu arbitrairement après que des policiers en civil l’ont arrêté lors d’une manifestation interdite à Matoto, l’une des communes de Conakry. Il se trouvait toujours à la maison centrale de Conakry pour « participation à un attroupement susceptible de troubler l’ordre public ». Le 7 mai, Saïkou Yaya Diallo, conseiller juridique du FNDC, a été arrêté à Conakry après avoir participé à une conférence de presse au cours de laquelle, avec d’autres personnes, il a isolé dans un bureau une femme qui, selon eux, travaillait pour les services de renseignement, aux fins semble-t-il de la protéger des autres participant·e·s. Il a été inculpé de « voies de fait », « violences », « menaces » et « injures publiques » et incarcéré à la maison centrale de Conakry, bien que deux décisions de justice aient ordonné sa libération et son placement sous contrôle judiciaire. Condamné le 16 novembre, il a été remis en liberté le 11 décembre, après avoir purgé sa peine. Le 10 novembre, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn a annoncé que 78 personnes, dont des personnalités de l’opposition, avaient été déférées à la justice dans le contexte des manifestations et violences post-électorales, et inculpées, entre autres, de « détention et fabrication d’armes légères », d’« association de malfaiteurs » et de « propos incitant à la violence ».

TORTURE ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS

Ibrahima Sow (62 ans) a été arrêté le 24 octobre, après l’attaque contre le train de la compagnie Rusal (voir Homicides illégaux). D’après les autorités, il a été testé positif au COVID-19 pendant sa détention. Il se serait rétabli mais, après s’être « plaint d’un diabète », il a été hospitalisé et est décédé. Des photos des blessures qui lui ont été infligées en détention incitaient fortement à penser qu’on l’avait brûlé au fer chaud ou au moyen d’un objet similaire.

LIBERTÉ DE RÉUNION ET D’EXPRESSION

Les autorités nationales et locales ont porté atteinte au droit à la liberté de réunion en interdisant, sans motif légitime, au moins sept manifestations contre le référendum sur la réforme de la Constitution et la candidature du président de la République à un troisième mandat. Des manifestations prévues en janvier dans les villes de Kissidougou et de Nzérékoré ont été interdites afin de « préserver la paix ». En mars, des manifestations ont également été frappées d’interdiction à Matoto et à Matam en raison de la visite d’une délégation de la CEDEAO qui devait avoir lieu peu après et des préparatifs de la Journée internationale des droits des femmes. Il en a été de même pour des manifestations qui devaient se dérouler à Matoto pendant la campagne électorale, entre septembre et octobre. Le droit à la liberté d’expression a aussi été restreint. Selon l’ONG Access Now, l’accès aux réseaux sociaux a été perturbé pendant 36 heures au total entre le 21 et le 23 mars. Le 18 octobre, la Haute autorité de la communication a suspendu pour un mois le site d’information Guineematin.com, après que celui-ci eut diffusé en direct le dépouillement des voix dans plusieurs bureaux de vote.

IMPUNITÉ

Bien que les autorités aient promis que tous les homicides de manifestant·e·s feraient l’objet d’une enquête, elles n’avaient pas communiqué d’informations officielles à ce sujet à la fin de l’année. La promesse faite en 2019 par le ministre de la Justice selon laquelle, à l’issue de l’information judiciaire conclue en 2017, le procès des auteurs présumés du massacre perpétré en septembre 2009 au stade de Conakry s’ouvrirait en juin 2020, ne s’était toujours pas concrétisée. Les forces de défense et de sécurité avaient alors tué 157 manifestant·e·s pacifiques dans le stade et violé au moins 100 femmes.

DROIT À LA SANTÉ/ CONDITIONS CARCÉRALES

La santé des personnes détenues était particulièrement menacée depuis le début de la pandémie de COVID-19 en raison de la surpopulation chronique et de l’insuffisance des installations sanitaires et des soins médicaux dans les lieux de détention. Selon les autorités, en mai, 68 des 713 détenu.e.s soumis à un test de dépistage du COVID-19 à la maison centrale de Conakry avaient obtenu un résultat positif. Le ministère de la Justice a déclaré que ces personnes étaient prises en charge dans des unités de soins déployées au sein de la prison. À la prison de Kindia, 30 tests positifs ont été enregistrés parmi les 352 détenu·e·s et les 25 surveillant.e.s que comptait l’établissement. Le ministère de la Justice a indiqué que les 28 détenu·e·s contaminés avaient été envoyés à la maison centrale de Conakry afin d’y être soignés. Il s’agissait de l’établissement pénitentiaire le plus surpeuplé du pays, avec 1 500 détenu·e·s alors qu’il était prévu pour n’en accueillir que 300.

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