Selon des révélations publiées ce vendredi par la plateforme Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), la Guinée refuserait d’extrader vers la Belgique Ibrahim Akhlal, figure du grand banditisme belgo-marocain.
Condamné en Belgique à un cumul de 21 ans de réclusion pour plusieurs vols à main armée, cet homme de 30 ans demeure incarcéré en Afrique de l’Ouest malgré une libération théorique qui aurait dû intervenir le 3 janvier 2025.
Le parcours judiciaire d’Ibrahim Akhlal est marqué par une évasion de la prison de Saint-Gilles en mars 2020, suivie d’une implication présumée dans un braquage spectaculaire d’or et de pierres précieuses à Amsterdam en mai 2021.
Lors de ce vol, dont le butin s’élèverait à 4 millions d’euros, un assaillant avait été tué. Visé par des mandats d’arrêt internationaux, le fugitif avait été localisé à Conakry en décembre 2022.
Après une brève évasion du territoire guinéen en juin 2023 et une arrestation subséquente en Mauritanie, il avait été transféré de nouveau en Guinée pour y purger une peine locale de deux ans d’emprisonnement.
D’après les informations recueillies par l’OCCRP auprès de son avocat, Me Mory Doumbouya, les autorités de Conakry n’auraient pas donné suite aux requêtes de Bruxelles et de La Haye.
Selon des sources citées par le média belge VRT, l’extradition aurait été bloquée in extremis par le ministre guinéen de la Justice. Ce dernier souhaiterait obtenir, en contrepartie, le transfert d’un ressortissant guinéen détenu en Belgique.
Les autorités belges s’opposeraient toutefois à un tel échange, invoquant l’absence de garantie quant au droit à un procès équitable dans le pays partenaire.
Le cabinet de la ministre de la Justice belge, Annelies Verlinden, a précisé à la VRT NWS que la coopération actuelle avec les autorités militaires guinéennes ne permettrait pas de conclure un accord d’extradition sur une base structurelle.
Par Mariam Bâ


