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Opinion

Guinée : respect de la parole donnée (Tribune)

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Le respect de la parole donnée est un principe sacré dans nos valeurs ancestrales. Nos anciens disaient que celui qui ne respecte pas sa parole, ne trouvera que malheurs sur son chemin. Ils préféraient la mort au déshonneur de ne pas tenir parole.

Tous nos pays africains ont accédé à l’indépendance après la seconde guerre mondiale. L’humanité a tiré les leçons des horreurs de cette guerre et les conséquences gravissimes pour la dignité humaine du fascisme. Cette prise de conscience a été sanctionnée par l’adoption de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1948. C’est donc en tant que pays libre et souverain que nous avions adopté notre première Constitution le 10 novembre 1958 qui proclamait son adhésion totale à cette déclaration des Nations Unies.

Depuis notre indépendance, nous avions librement adopté nos constitutions de 1958, 1990 et 2010. Au vu des actes posés par nos dirigeants, nous pouvons affirmer clairement, qu’ils n’ont respecté ni la lettre, ni l’esprit de ces différentes constitutions. Ils n’ont pas respecté leur parole donnée, c’est pourquoi, malgré ses immenses potentialités naturelles, notre pays n’a connu que des malheurs depuis bientôt 60 ans. Pour cacher leur forfaiture morale et politique de ces dirigeants, des voix s’élèvent pour dire que c’est le fait de vouloir imposer un système démocratique occidental contraire à nos traditions qui est la cause principale de notre faillite politique. Or, nous venons de le voir, c’est en toute liberté que nous avions adopté notre première Constitution et donc le mode d’organisation des institutions de l’Etat et surtout les devoirs et droits fondamentaux des citoyens. Le stricte respect de sa parole donnée et le caractère sacré de la vie humaine ne sont pas des valeurs importées pour nos sociétés. Des contre pouvoirs ont toujours existé pour contenir le pouvoir du chef, qui du reste, avait l’obligation de respecter strictement les traditions au risque d’être destitué notamment  par le Conseil des anciens. Dans ces temps, les chefs avaient l’obligation d’assurer la paix, la sécurité et le bien-être de leurs populations. Ces devoirs étaient sacrés. La seule nouveauté apparue après l’Afrique pré-coloniale dans la pratique de dévolution du pouvoir, c’est le vote libre des populations pour choisir désormais leurs dirigeants. Et c’est cette liberté de choix, que les dirigeants post-coloniaux ont confisqué. Toute l’histoire moderne africaine avec son douloureux cortège de gâchis humain, politique, économique et social se résume à cette confiscation de la souveraineté populaire des peuples par des oligarchies corrompues, violentes et incompétentes. Nous ne voyons pas de changement en ce qui concerne les devoirs qui incombent aux chefs qui gardent toujours les mêmes responsabilités envers leurs concitoyens. Certes, la gestion de l’Etat devient plus complexe, mais les objectifs recherchés au bénéfice des populations sont toujours restés inchangés en tout temps. Ce qui est nouveau, c’est la captation par le chef des biens de toute la collectivité pour son profit exclusif et ses clans familiaux en laissant sombrer dans la misère le reste de la population.

Nos indépendances n’ont pas été accordées brutalement, dès 1946,il y a eu une sorte de période d’apprentissage à la démocratie occidentale dans tous les territoires africains sous domination française. Le multipartisme politique et syndicale fut instauré. Des élections législatives eurent lieu en 1946 et pour la première fois des députés africains ont siégé à l’Assemblée Nationale française pour représenter leurs territoires. Enfin, la loi 56-619 du 23 juin 1956, dite loi-cadre Deffere est adoptée  sur l’initiative de Gaston Defferre ministre des Territoires d;outre-mer et maire de Marseille et de Felix Houphouët-Boigny ministre d’Etat délégué à la présidence du Conseil et maire d’Abidjan. Elle instaure le suffrage universel directe et le collège unique. Elle établit dans tous les territoires, des Conseils de gouvernement qui bénéficient d’une large compétence sur toutes les questions d’intérêt local, il s’agit donc d’une large autonomie.

A l’indépendance, ce sont des dirigeants qui avaient siégé au Palais-Bourbon à Paris, dirigés des gouvernements locaux qui ont pris les reines du pouvoir dans leurs pays respectifs. A qui la faute s’ils ont tracé une autre direction à leurs pays en s’éloignant des valeurs démocratiques, en instaurant des pouvoirs autoritaires? Ce sont eux qui ont mis fin brutalement à l’expérience démocratique dans leur pays. Les partis, les syndicats, les journaux sont devenus uniques, tous étant au service exclusif d’un leader unique aux pouvoirs absolus.

A partir de 1990, un  vent de changement souffle de nouveau en Afrique, partout les jeunesses africaines réclament la démocratie et la fin des partis uniques. Alpha Condé fait partie de cette génération de leaders politiques africains qui seront les porte-parole de cette puissante lame de fond qui porte des revendications pour le changement démocratique. De 1990 à 2010, la jeunesse guinéenne a payé un lourd tribut pour la conquête de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays. Il y a eu beaucoup de morts et des vies humaines brisées pour cet idéal démocratique. Un seul mot suffit pour Alpha Condé : IMPOSTURE. Et c’est notre soeur Doussou Condé, dont la légitimité dans le combat durant cette période héroïque ne souffre d’aucun doute, qui a su si bien exprimé la trahison d’Alpha Condé qui prétend avoir combattu 50 ans pour nos libertés, la démocratie et l’Etat de droit. Pour masquer cette forfaiture politique, il a introduit le virus ethnique dans la lutte politique. Nous avons combattu le général Lansana Conté parce qu’il a ressuscité le Parti-Etat et pour son autoritarisme et sa mal gouvernance, c’est ce qui faisait l’unanimité au sein de l’opposition de l’époque et même ses partisans ne doutaient pas que c’était bien le sens de notre combat et non pour des raisons bassement ethniques. Depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010, Alpha Condé a fait voler en éclat ce consensus en menant une agressive campagne ethnique et depuis qu’il est au pouvoir, il poursuit cette voie dangereuse qui est une menace pour notre vivre ensemble, pour l’unité nationale.

Maintenant, nous sommes dans un tournant décisif de notre histoire. Nous devons tous nous retrouver pour nous mettre d’accord sur la place à donner à cette valeur cardinale défendue jadis par nos anciens : le respect de la parole donnée. Les responsables politiques des partis, les responsables des institutions républicaines, les chefs des forces de défense et de sécurité, les chefs religieux, les responsables de la société civile, en fait, toutes les composantes politique et sociale de notre société doivent se prononcer sur la nécessité vitale de respecter la Loi suprême de notre Etat. Nous ne pouvons pas construire un Etat, ni parvenir à éradiquer la pauvreté et assurer la prospérité dans notre pays en ne respectant pas notre Constitution. Aucune société humaine ne peut s’épanouir, se développer, vivre dans la cohésion et en sécurité tout en violant ses propres lois.

Nous sommes 12 millions de Guinéens sur un territoire de 245.857 km2 et au moins 5 millions qui vivent à l’étranger (ceux qui ont fuit la misère et les violences politiques). Avec la montée des populismes, la stigmatisation des immigrés partout dans le monde y compris donc en Afrique, nous n’avons que la Guinée qui nous reste, c’est la terre de nos ancêtres. Il faut impérativement que les lois soient respectées dans notre pays et que ses dirigeants s’acquittent honorablement de leurs responsabilités. On tourne, tourne, tourne, mais on se retrouvera toujours devant le sacro-saint “respect de la parole donnée” par celui d’entre nous qui aurait à prêter serment devant le peuple de Guinée et sur son honneur de respecter et faire respecter la Constitution.

Des voix autorisées disent avec insistance que le 21 ème siècle sera africain, mais à condition que les dirigeants africains respectent l’Etat de droit qui peut garantir le respect des contrats. Les investisseurs ont horreur des incertitudes quant à l’applicabilité des lois et donc de la garantie d’une justice indépendante et impartiale. Il n’y a ni miracle, ni fatalisme, mais des règles universelles à respecter pour tous ceux qui veulent développer leur pays. Partout où le mérite est un délit, la médiocrité la norme et les lois sont bafouées, il n’y aura que la misère et la violence. Des pays qui étaient pauvres, sans ressources naturelles comme la Corée du sud et Singapour, mais à force de travail et de respect stricte de leurs lois se sont hissés au rang  des pays industrialisés. Dans ces deux pays, les meilleurs sont recrutés par l’administration, la méritocratie est une règle d’or dans tous les secteurs d’activité. Leurs leaders sont des exemples pour l’ensemble de la société. C’est cette rigueur qui manque à l’Afrique où les solidarités ethniques prennent le dessus sur toutes les valeurs qui ont permis aux pays occidentaux et maintenant les pays émergents asiatiques d’atteindre un niveau de développement élevé.

Nous avons le choix de vivre dans la pauvreté ou la prospérité. La pauvreté, c’est la loi de la jungle, le règne des médiocres et la prospérité, c’est le règne du droit. Nous avons un choix de société à faire. Qu’on ne nous divertisse pas, la question centrale, l’enjeu majeur pour notre pays se résume au strict respect de la Constitution qui est notre Loi suprême. Celui qui sait qu’il ne pourra pas la respecter et la faire respecter, qu’il s’abstienne de vouloir être président. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation intenable où Alpha Condé a fini de domestiquer toutes les institutions  républicaines du pays, y compris l’armée. Il détient un pouvoir absolu qu’il exerce selon son bon plaisir, c’est un pouvoir hors-la loi. Qui pour lui faire entendre raison? Nous sommes une partie intégrante de l’histoire humaine qui nous enseigne que la liberté ne se donne pas, mais elle s’arrache. Face à l’irresponsabilité de toutes les institutions de la République, il ne nous reste plus que l’article 21 alinéa 4 de notre Constitution qui dispose : Le peuple de Guinée a le droit de résister à l’oppression.

C’est notre droit, maintenant libre à nous de l’exercer ou pas. Ce qui est certain, nous sommes responsables de notre condition de servitude ou de liberté.

Par Alpha Saliou Wann

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Tougué en lumière ! (par Jacque Lewa Léno)

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Tougué en lumière. Il faut vraiment parler de cette préfecture du centre nord de la Guinée. Préfecture plus ou moins visible, entre Labé et Dinguiraye perché sur le plateau du Fouta Djallon. Nous n’y avons pas encore été, il y a de quoi envier tous ceux qui  ont effectué une visite accidentelle là-bas. Voyage hasardeux, comme si un matin, on était parti de Labé, bien connue pour sa grandeur et son histoire pour Dinguiraye, la ville religieuse d’Elhadj Oumar Tall.

Par inadvertance on se retrouve dans ce qui apparaît à première vue à un village. C’est à peu près la même image qui frappe tous les étrangers qui visitent certaines de nos villes de l’est à l’ouest, du nord au sud. Tougué ne peut pas à elle seule, avoir la réputation de gros village érigé en préfecture.  Après tout il faut faire attention.

Les grands noms reviennent : Koin, Kollangui. La zone autrefois envahie par les Djallonkés. Non nous n’allons pas nous perdre. Pour ne pas avoir à parler de Kollet, Kouratongo, Tangaly et Fatakô. Ah mais de Fatakô, parlons en. Fatakô qui abrite l’une des plus grandes mosquées du pays, 15 000 places. Fatako chez feu Sékouba Kouyaté, l’auteur de la célèbre chanson Sayata Yeto et de son fils Habib. Fatakô, c’est chez Elhadji Ousmane Baldé, alias sans loi, le patron de la communauté Halli Pular et Foulbé. C’est une sous préfecture riche d’une économie portée par ses fils, qui ont accepté de faire le tour du pays. Fatakô tire sans doute sa célébrité récente de Sékouba, de son son fils, de la mosquée dont l’inauguration fut boudée par les autorités politiques du pays et de Sans loi, celui là même qui a songé bâtir une œuvre aussi gigantesque pour la communauté musulmane.

De Tougué nous dirons, pour parler de l’actualité, que c’est le berceau de l’Agence Nationale d’Inclusion Economique et Sociale. Peu importe l’endroit où l’ANIES a été créée, c’est à Tougué qu’on a commencé le partage des richesses : 250 000 francs guinéens et un petit téléphone pour être appelé. Qui n’a pas vu l’image de cette vieille dame, recevant du premier ministre Kassory, des billets de 10 000 GNF ? Nous ne connaissons pas le montant, mais elle avait souri pour imiter le chef du gouvernement qui venait d’essuyer la colère des jeunes de Labé. Nous pensions que Tougué ne recevrait pas de si tôt une autre délégation de politiques. Mais c’était sans comprendre que Djôken Alpha était en gestation.

La tournée a pu concerner plusieurs préfectures de la moyenne Guinée, mais il y a des endroits qui intéressent particulièrement les nouveaux rabatteurs. Tougué, c’est un peu plus de 28 milles habitants. Sans Loi est un adversaire, il ne faudrait pas qu’à cause de lui et Abdoulaye Yéro Baldé, les citoyens rejettent la drague de l’administration. Oui Yéro Baldé, on n’en parle pas, il a quitté le gouvernement pour rester calme. Il ne viendra pas parler à ses parents du RPG cette fois. Les autres moins connus avant, se font de la place au sein du Djôken Alpha et viennent promettre le fond de caisse de l’ANIES. Et ils demandent aux hommes et femmes de Tougué, de tout demander au président candidat, eux ils se chargent de remonter les sollicitations.

En dix ans de gouvernance, le pouvoir n’a pu faire de Tougué qui possède quand même, une vingtaine de sites touristiques, une destination, mais puisqu’on y trouve aussi de la bauxite, alors bientôt le rayonnement de la société de bauxite de Tougué. Mais pour cela tout dépendra du 18 octobre.

Par Jacque Lewa Léno

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La candidature de Cellou Dalein est-elle une équation ou une adéquation ?

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La candidature annoncée et assumée de Cellou Dalein Diallo, à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, a produit l’effet d’un roulement de tonnerre sans fin, dans le ciel politique de la Guinée chroniquement assombri par une nuée de difficultés. Les arguments en faveur et les avis en défaveur de la candidature résonnent de sens par-ci, ruissellent d’erreurs par-là.

Il convient de préciser à l’endroit des uns et des autres (ceux qui approuvent avec ferveur la candidature, comme ceux qui la désapprouvent avec frénésie) que les vérités d’ordre politique ne sont ni bibliques ni coraniques. Car, en effet, le combat politique – ayant pour finalité, la conquête du pouvoir – n’est jamais rectiligne dans sa double dimension stratégique et tactique. A ce propos, Lénine disait : « La Révolution n’est pas la perspective Nevski ». Allusion à l’avenue de 45 kilomètres la plus droite de la ville de Saint-Pétersbourg rebaptisée Leningrad.

L’expérience monumentale du monumental Abdoulaye Wade en est une nette illustration. Politicien doué et roué, opposant coriace et increvable, Abdoulaye Wade a toujours fait la navette entre la rue et les urnes – avec quelques escales en prison – jusqu’au succès du 19 mars 2000. Durant tout son long et rude combat politique, l’adversaire successif des Présidents Léopold Senghor et Abdou Diouf, n’a jamais boycotté une élection ; hormis les communales de 1996. Bref, l’ancien Président sénégalais a démontré éloquemment que la rue et les urnes ne sont pas forcément antinomiques. Donc, vivement l’alliage de la rigidité opportune et de la flexibilité nécessaire !

Au demeurant, la pertinence de la combinaison du moyen de pression (la rue) et du moyen de triomphe (le vote) est administrée par le parcours des Partis communistes d’Europe occidentale. Singulièrement, les imposants Partis communistes français et italien qui sont constamment allés aux élections, tantôt en solo, tantôt en tandem avec leurs cousins socialistes. Une expérience française qui a culminé, en 1981, avec la victoire d’un François Mitterrand épaulé par les communistes.

Comme quoi, le FNDC fait preuve de myopie politique en laissant Cellou Dalein, seul, face à Alpha Condé. Pourtant, le leader et candidat de l’UFDG ne fait que traduire ou appliquer le bréviaire de tout opposant avisé : contester, combattre et concourir. Baptisons ce bréviaire : les 3 C. Contester Alpha, combattre Alpha et concourir au suffrage universel avec Alpha, pour in fine, balayer Alpha. Comme on le voit, ces trois gestes-là sont compatibles. C’est d’autant plus vrai que l’élection présidentielle n’est pas assimilable à l’élection d’un député. Dans la première, les opinions les plus diverses peuvent se réunir et se fixer dans un intérêt commun et supérieur à tous les autres…intérêts. Pardonnez la répétition !

En définitive, ceux qui pointent les « contradictions » ou soulignent les « incohérences » de Cellou Dalein Diallo, doivent se convaincre que la politique de la chaise vide mène précisément vers un futur vide de toute possibilité de changement. Ou alors, que les contempteurs de Cellou Dalein et les procureurs de sa candidature déclinent une alternative valable, en dehors du simple et stérile boycott !

En vérité, l’équation fâcheusement créée par l’Empereur au petit pied, le Samory au rabais et le Sékou Touré sans charisme ni panache (j’ai nommé Alpha Condé) renvoie à une alternative à deux termes : le choix démentiel de la guerre civile en Guinée, choix exclu par les Guinéens de tous bords qui aiment leur patrie. Il s’y ajoute que le Président Alpha Condé et son État ont le monopole des armes et du feu : bonjour le fatal génocide ! Ou bien alors l’option adéquate de la compétition électorale qui est heureusement privilégiée par Cellou Dalein Diallo. Même si – à propos de la présidentielle du 18 octobre 2020 – les dés sont pipés et les cartes biseautées. Toutefois, il faut absolument tacler Alpha Condé dans la surface de réparation ! Sinon, il marquera aisément un troisième but (mandat) et mourra dans les buts, c’est-à-dire au pouvoir.

Par Babacar Justin Ndiaye, politologue sénégalais

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L’axe doit-il vraiment arrêter de se battre?

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Alors que la dictature s'enracine du jour au lendemain en Guinée, j'entends beaucoup des voix s'élever pour demander aux jeunes de l'axe de cesser de lutter pour l'instauration de la démocratie dans notre pays, au prétexte que dans les autres communes ça ne manifeste pas. Oui Zakariaou est tombé mais son président est aujourd'hui ministre sans que la liberté pour laquelle il fut tué ne soit effective. Après lui des centaines d'autres sont tombés sous les balles féroces de forces de sécurité.

Au moment où la liberté et la démocratie sont plus que jamais menacées par un groupe d'individus sans vergogne, dont le seul souci est de remplir les poches, même s'il faut massacrer tout le peuple, faudrait-il donc tout laisser?  Laisser libre chemin à la dictature et aux dictateurs? Oublier les martyrs couchés à Bambeto, alors qu'ils comptent sur leurs camarades vivant pour terminer leur rêve : une Guinée libre, juste et démocratique? Les laisser mourir pour rien?

En juin 1940, alors que sous l'occupation allemande, le Marchal Pétain s'apprêtait à signer l'armistice, depuis Londres, le Général De Gaulle a appelé les français à la résistance. Sans cet appel, la France serait aujourd'hui une région d'Allemagne.

De même, Si Soweto avait lâché, l'apartheid aurait demeurée pour toujours, les martyrs seraient morts pour rien, et Nelson Mandelà serait certainement oublié dans sa cellule de prison.

À la guerre comme à la guerre, ceux qui gagnent sont ceux qui n'abandonnent jamais. Aujourd'hui de mon point de vue, vouloir emmener les jeunes de l'axe à ne plus s'élever contre la dictature et la mauvaise gouvernance, c'est tacitement faire le travail de ceux qui nous bâillonnent. Car en vérité ce qu'ils veulent c'est voir tout le monde se courber devant leur chemin. Ils veulent exactement que Ratoma soit comme Kaloum ou ailleurs où un sac de riz suffirait pour se maintenir à vie au pouvoir. Que tout le peuple meure de misère, tant pis !

Nul n'ayant vu un animal s'apitoyer sur son sort, je dirai que plus que jamais l'axe doit résister, que les autres communes doivent rejoindre le combat, que la Guinée et les guinéens doivent se battre pour la liberté, pour la justice et pour la démocratie.

Même quand personne ne croit plus, ce combat doit continuer, l'axe doit le continuer. J'ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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