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Opinion

Guinée : respect de la parole donnée (Tribune)

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Le respect de la parole donnée est un principe sacré dans nos valeurs ancestrales. Nos anciens disaient que celui qui ne respecte pas sa parole, ne trouvera que malheurs sur son chemin. Ils préféraient la mort au déshonneur de ne pas tenir parole.

Tous nos pays africains ont accédé à l’indépendance après la seconde guerre mondiale. L’humanité a tiré les leçons des horreurs de cette guerre et les conséquences gravissimes pour la dignité humaine du fascisme. Cette prise de conscience a été sanctionnée par l’adoption de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 1948. C’est donc en tant que pays libre et souverain que nous avions adopté notre première Constitution le 10 novembre 1958 qui proclamait son adhésion totale à cette déclaration des Nations Unies.

Depuis notre indépendance, nous avions librement adopté nos constitutions de 1958, 1990 et 2010. Au vu des actes posés par nos dirigeants, nous pouvons affirmer clairement, qu’ils n’ont respecté ni la lettre, ni l’esprit de ces différentes constitutions. Ils n’ont pas respecté leur parole donnée, c’est pourquoi, malgré ses immenses potentialités naturelles, notre pays n’a connu que des malheurs depuis bientôt 60 ans. Pour cacher leur forfaiture morale et politique de ces dirigeants, des voix s’élèvent pour dire que c’est le fait de vouloir imposer un système démocratique occidental contraire à nos traditions qui est la cause principale de notre faillite politique. Or, nous venons de le voir, c’est en toute liberté que nous avions adopté notre première Constitution et donc le mode d’organisation des institutions de l’Etat et surtout les devoirs et droits fondamentaux des citoyens. Le stricte respect de sa parole donnée et le caractère sacré de la vie humaine ne sont pas des valeurs importées pour nos sociétés. Des contre pouvoirs ont toujours existé pour contenir le pouvoir du chef, qui du reste, avait l’obligation de respecter strictement les traditions au risque d’être destitué notamment  par le Conseil des anciens. Dans ces temps, les chefs avaient l’obligation d’assurer la paix, la sécurité et le bien-être de leurs populations. Ces devoirs étaient sacrés. La seule nouveauté apparue après l’Afrique pré-coloniale dans la pratique de dévolution du pouvoir, c’est le vote libre des populations pour choisir désormais leurs dirigeants. Et c’est cette liberté de choix, que les dirigeants post-coloniaux ont confisqué. Toute l’histoire moderne africaine avec son douloureux cortège de gâchis humain, politique, économique et social se résume à cette confiscation de la souveraineté populaire des peuples par des oligarchies corrompues, violentes et incompétentes. Nous ne voyons pas de changement en ce qui concerne les devoirs qui incombent aux chefs qui gardent toujours les mêmes responsabilités envers leurs concitoyens. Certes, la gestion de l’Etat devient plus complexe, mais les objectifs recherchés au bénéfice des populations sont toujours restés inchangés en tout temps. Ce qui est nouveau, c’est la captation par le chef des biens de toute la collectivité pour son profit exclusif et ses clans familiaux en laissant sombrer dans la misère le reste de la population.

Nos indépendances n’ont pas été accordées brutalement, dès 1946,il y a eu une sorte de période d’apprentissage à la démocratie occidentale dans tous les territoires africains sous domination française. Le multipartisme politique et syndicale fut instauré. Des élections législatives eurent lieu en 1946 et pour la première fois des députés africains ont siégé à l’Assemblée Nationale française pour représenter leurs territoires. Enfin, la loi 56-619 du 23 juin 1956, dite loi-cadre Deffere est adoptée  sur l’initiative de Gaston Defferre ministre des Territoires d;outre-mer et maire de Marseille et de Felix Houphouët-Boigny ministre d’Etat délégué à la présidence du Conseil et maire d’Abidjan. Elle instaure le suffrage universel directe et le collège unique. Elle établit dans tous les territoires, des Conseils de gouvernement qui bénéficient d’une large compétence sur toutes les questions d’intérêt local, il s’agit donc d’une large autonomie.

A l’indépendance, ce sont des dirigeants qui avaient siégé au Palais-Bourbon à Paris, dirigés des gouvernements locaux qui ont pris les reines du pouvoir dans leurs pays respectifs. A qui la faute s’ils ont tracé une autre direction à leurs pays en s’éloignant des valeurs démocratiques, en instaurant des pouvoirs autoritaires? Ce sont eux qui ont mis fin brutalement à l’expérience démocratique dans leur pays. Les partis, les syndicats, les journaux sont devenus uniques, tous étant au service exclusif d’un leader unique aux pouvoirs absolus.

A partir de 1990, un  vent de changement souffle de nouveau en Afrique, partout les jeunesses africaines réclament la démocratie et la fin des partis uniques. Alpha Condé fait partie de cette génération de leaders politiques africains qui seront les porte-parole de cette puissante lame de fond qui porte des revendications pour le changement démocratique. De 1990 à 2010, la jeunesse guinéenne a payé un lourd tribut pour la conquête de la démocratie et de l’Etat de droit dans notre pays. Il y a eu beaucoup de morts et des vies humaines brisées pour cet idéal démocratique. Un seul mot suffit pour Alpha Condé : IMPOSTURE. Et c’est notre soeur Doussou Condé, dont la légitimité dans le combat durant cette période héroïque ne souffre d’aucun doute, qui a su si bien exprimé la trahison d’Alpha Condé qui prétend avoir combattu 50 ans pour nos libertés, la démocratie et l’Etat de droit. Pour masquer cette forfaiture politique, il a introduit le virus ethnique dans la lutte politique. Nous avons combattu le général Lansana Conté parce qu’il a ressuscité le Parti-Etat et pour son autoritarisme et sa mal gouvernance, c’est ce qui faisait l’unanimité au sein de l’opposition de l’époque et même ses partisans ne doutaient pas que c’était bien le sens de notre combat et non pour des raisons bassement ethniques. Depuis le deuxième tour de l’élection présidentielle de 2010, Alpha Condé a fait voler en éclat ce consensus en menant une agressive campagne ethnique et depuis qu’il est au pouvoir, il poursuit cette voie dangereuse qui est une menace pour notre vivre ensemble, pour l’unité nationale.

Maintenant, nous sommes dans un tournant décisif de notre histoire. Nous devons tous nous retrouver pour nous mettre d’accord sur la place à donner à cette valeur cardinale défendue jadis par nos anciens : le respect de la parole donnée. Les responsables politiques des partis, les responsables des institutions républicaines, les chefs des forces de défense et de sécurité, les chefs religieux, les responsables de la société civile, en fait, toutes les composantes politique et sociale de notre société doivent se prononcer sur la nécessité vitale de respecter la Loi suprême de notre Etat. Nous ne pouvons pas construire un Etat, ni parvenir à éradiquer la pauvreté et assurer la prospérité dans notre pays en ne respectant pas notre Constitution. Aucune société humaine ne peut s’épanouir, se développer, vivre dans la cohésion et en sécurité tout en violant ses propres lois.

Nous sommes 12 millions de Guinéens sur un territoire de 245.857 km2 et au moins 5 millions qui vivent à l’étranger (ceux qui ont fuit la misère et les violences politiques). Avec la montée des populismes, la stigmatisation des immigrés partout dans le monde y compris donc en Afrique, nous n’avons que la Guinée qui nous reste, c’est la terre de nos ancêtres. Il faut impérativement que les lois soient respectées dans notre pays et que ses dirigeants s’acquittent honorablement de leurs responsabilités. On tourne, tourne, tourne, mais on se retrouvera toujours devant le sacro-saint “respect de la parole donnée” par celui d’entre nous qui aurait à prêter serment devant le peuple de Guinée et sur son honneur de respecter et faire respecter la Constitution.

Des voix autorisées disent avec insistance que le 21 ème siècle sera africain, mais à condition que les dirigeants africains respectent l’Etat de droit qui peut garantir le respect des contrats. Les investisseurs ont horreur des incertitudes quant à l’applicabilité des lois et donc de la garantie d’une justice indépendante et impartiale. Il n’y a ni miracle, ni fatalisme, mais des règles universelles à respecter pour tous ceux qui veulent développer leur pays. Partout où le mérite est un délit, la médiocrité la norme et les lois sont bafouées, il n’y aura que la misère et la violence. Des pays qui étaient pauvres, sans ressources naturelles comme la Corée du sud et Singapour, mais à force de travail et de respect stricte de leurs lois se sont hissés au rang  des pays industrialisés. Dans ces deux pays, les meilleurs sont recrutés par l’administration, la méritocratie est une règle d’or dans tous les secteurs d’activité. Leurs leaders sont des exemples pour l’ensemble de la société. C’est cette rigueur qui manque à l’Afrique où les solidarités ethniques prennent le dessus sur toutes les valeurs qui ont permis aux pays occidentaux et maintenant les pays émergents asiatiques d’atteindre un niveau de développement élevé.

Nous avons le choix de vivre dans la pauvreté ou la prospérité. La pauvreté, c’est la loi de la jungle, le règne des médiocres et la prospérité, c’est le règne du droit. Nous avons un choix de société à faire. Qu’on ne nous divertisse pas, la question centrale, l’enjeu majeur pour notre pays se résume au strict respect de la Constitution qui est notre Loi suprême. Celui qui sait qu’il ne pourra pas la respecter et la faire respecter, qu’il s’abstienne de vouloir être président. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation intenable où Alpha Condé a fini de domestiquer toutes les institutions  républicaines du pays, y compris l’armée. Il détient un pouvoir absolu qu’il exerce selon son bon plaisir, c’est un pouvoir hors-la loi. Qui pour lui faire entendre raison? Nous sommes une partie intégrante de l’histoire humaine qui nous enseigne que la liberté ne se donne pas, mais elle s’arrache. Face à l’irresponsabilité de toutes les institutions de la République, il ne nous reste plus que l’article 21 alinéa 4 de notre Constitution qui dispose : Le peuple de Guinée a le droit de résister à l’oppression.

C’est notre droit, maintenant libre à nous de l’exercer ou pas. Ce qui est certain, nous sommes responsables de notre condition de servitude ou de liberté.

Par Alpha Saliou Wann

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Tierno Monénembo : l’Afrique face à la guerre du blé

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Une balle éclate en Ukraine et c’est la famine au Sahel. L’effet « mondialisation » fait penser à « l’effet papillon » cher à Edward Lorenz, l’un des maîtres à penser de la fameuse théorie du chaos : « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Pour extraordinaire que cela paraisse, ce scénario catastrophe est plausible sur le plan météorologique aussi bien que sur le plan alimentaire. Une feuille morte tombe en Australie et c’est l’avalanche au Groenland ! Un grain de blé se perd à Kiev,  et c’est la pénurie de semoule à Bamako ! Il n’y a pas de petite querelle, disait Hampâthé  Bâ, il n’y a pas de petite cause non plus. C’est un simple soupir de bébé qui déclenchera le big-bang final, si ça trouve. La vie est un tout. C’est pour avoir oublié cela que nous avons bâti ce monde absurde de frontières factices et de nations belliqueuses.

Mais bon, ce n’est pas en 2 022 que nous allons corriger les erreurs commises au Néolithique. Le nationalisme est devenu notre dogme et   la guerre, notre mode vie. Partout, même sur les atolls du Pacifique, la géopolitique a pris le pas sur la morale et la religion. Rangez votre bible, parlez-moi d’intérêt et de stratégie ! Point de regret ! Si l’habitude est une seconde nature, l’erreur, elle est une seconde erreur. Faisons comme De Gaulle, prenons le monde « tel qu’il est » et tant-pis, si plus personne ne peut limiter les dégâts. Et le monde tel qu’il est, c’est d’abord et  avant tout, la guerre d’Ukraine ou plutôt la guerre du blé.

La Russie et l’Ukraine exportent à eux seuls 30% du blé mondial. C’est dire que le conflit entre ces deux nations slaves,  entraînera inévitablement une crise alimentaire de grande importance (l’ONU parle déjà d’un ouragan de famines »). Et bien que fort éloignée de la zone de turbulence, l’Afrique en sera la première victime. Et pour cause, c’est elle qui dépend le plus des céréaliers de Moscou et de Kiev : en moyenne, 40% de sa consommation, 65% pour le Sénégal, 68% pour la RD du Congo, 75 % pour le Bénin et le Soudan, 85% pour l’Egypte, 100 % pour la Somalie.

Pourquoi croyez-vous que Macky Sall (président en exercice de l’Union Africaine)  et Moussa Faki Mahamat (Secrétaire Exécutif de ladite organisation) ont rencontré Poutine à Sotchi le 3 Juin dernier ? Bien sûr, pour prôner la paix et l’amitié entre les peuples comme le veut la liturgie diplomatique mais aussi et surtout pour exhorter le nouveau tsar de toutes les Russies à débloquer  les 20 000 000 de tonnes de céréales que la guerre a bloquées dans les ports de Kharkiv et d’Odessa.

Dans l’imagerie universelle, quoi de plus normal que l’Afrique quémande à manger ! Et pourtant, ce continent, à lui seul, pourrait nourrir l’humanité. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les spécialistes de la FAO. Elle disposerait de 50 à 60% des terres arables disponibles dans le monde. Là, comme dans les autres secteurs d’activité, ce ne sont pas les moyens qui manquent, c’est la volonté politique, c’est l’imagination au pouvoir. Nos dirigeants n’ont pas encore compris que la dépendance alimentaire est la pierre angulaire de la dépendance politique. Nous resterons assujettis et sous-développés tant que nous cracherons sur le manioc et l’igname, le niébé et la banane- plantain pour nous empiffrer de ce blé qui ne pousse même pas sur nos terres.

Malgré les projets faramineux et les discours grandiloquents, aucun de nos Etats n’a réussi à briser cette intolérable absurdité née de la domination européenne : l’Afrique est le seul continent qui produit ce qu’il ne consomme pas et qui consomme ce qu’il ne produit pas. Au fond, la colonisation n’est pas dans le canon, elle est dans l’assiette.

Tierno Monénembo, in  Le Point

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Guinée : il est temps de redresser la transition

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Tribune/ L’avènement au pouvoir du Colonel Mamadi Doumbouya le 5 septembre 2021 a soulevé dans le cœur des Guinéens, confrontés à la répression du régime déchu, l’immense espoir de l’avènement d’une Guinée où l’État de droit et la rupture avec les mauvaises pratiques auraient droit de cité.

Impressionnés et convaincus par les discours du Colonel Doumbouya promettant  de remettre la Guinée sur la voie de la démocratie et de l’État de droit, les Guinéens n’ont pas hésité à le considérer comme un sauveur. Au point d’oublier toutes les critiques portées à tort ou à raison sur l'homme du 5 septembre et de ne retenir que l’acte qu’il venait de poser en déposant le tyran et l'engagement qu’il a pris devant le peuple de Guinée et la communauté internationale de restaurer la démocratie et l’Etat de droit.

Les militants pro-démocraties qui ont, par leur lutte, favorisé la chute du dictateur sont sortis massivement le 5 septembre salué l’aboutissement de leur combat et acclamer le Colonel et ses hommes. Ces combattants de la liberté n’ont rien ménagé pour s’opposer au troisième mandat et lutter contre la délinquance électorale qu'il a engendré. Une centaine d’entre eux a été froidement abattue et d’autres ont été blessés, emprisonnés ou contraints à l’exil. En plus, d’importants biens matériels appartenant à ces citoyens pro-démocratie ont été détruits dans le cadre de la sanglante répression déclenchée par les Forces de Défense et de sécurité.

Auréolé de sa réputation d’officier courageux  et respecté, le Colonel a bénéficié de préjugés favorables. Une majorité de Guinéens lui a fait confiance et l’a soutenu sans réserve.

Après six mois d'exercice du pouvoir, j'ai noté des actes positifs posés par le Colonel  Doumbouya, au nombre desquels on peut citer :

  1. La libération des détenus politiques et d’opinion ;
  2. Le retour des exilés politiques ;
  3. Le recueillement sur les tombes des victimes des violences politiques et des anciens Présidents de la Républiques ;
  4. Les séries de rencontres avec les forces vives de la nation au Palais du peuple ;
  5. La nomination d’un Premier Ministre civil et la formation d’un gouvernement civil ;
  6. La promotion des jeunes et des femmes dans les nominations au sein de la fonction publique ;
  7. La création de la Cour de répression des crimes économiques et financiers (CRIEF) ;
  8. La mise en place du Conseil national de la transition (CNT).

 

Au titre des impairs préjudiciables à la transition, j'ai noté :

  1. Le refus de la publication de la liste nominative des membres du CNRD ;
  2. Le silence volontairement entretenu par le CNRD sur la durée de la transition;
  3. L'absence de cadre de dialogue formel entre les forces vives de la nation et le CNRD pour la définition des grandes orientations de la transition ;
  4. La volonté manifeste du CNRD de défier la CEDEAO ;
  5. L’affaiblissement du gouvernement de la transition ;
  6. Le manque de volonté du CNRD pour déclencher un procès des crimes de sang ;
  7. La gestion solitaire de la transition par le CNRD;
  8. La mise à l'écart incompréhensible de la justice et du gouvernement par le CNRD dans l'opération de récupération des biens et domaines publics de l’État.

Aujourd'hui, des Guinéens et soutiens du Colonel Doumbouya sont inquiets et s'interrogent. Le moteur de la transition est grippé : comment en est-on arrivé là ?

Le Colonel Doumbouya, sans peut-être s’en rendre compte, s’est entouré d’hommes  du régime défunt qu’il avait pourtant fustigés dans ses premiers discours de Président de la transition.

Ensuite, il a nommé à des postes de responsabilité des acteurs qui ont fait la promotion du troisième mandat, contribuant ainsi à violer les règles de la démocratie et de l’Etat de droit.

Ces recyclés  n'hésitent pas à narguer les combattants de la liberté et les familles des martyrs de la lutte anti-troisième mandat. Aujourd’hui les cadres civils et militaires qui tirent profit de la transition sont en majorité ceux qui s’étaient illustrés dans la promotion du troisième mandat et dans la répression des manifestations pour la défense de la constitution et contre la fraude électorale. Or, on ne peut réussir le changement annoncé qu'avec des hommes de convictions et non avec les démagogues et opportunistes dont le seul souci est d’obtenir les faveurs des dirigeants.

La légitimité du CNRD repose exclusivement sur le soutien des citoyens qui ont applaudi la chute du tyran et ont salué les réformes annoncées dans les discours de prise du pouvoir du Colonel Doumbouya. Les militants prodémocratie qui ont courageusement, au risque de leur vie, mené la lutte contre le troisième mandat sont méprisés, écartés  et parfois harcelés par les autorités.

Cette situation et l’absence de tout dialogue avec les acteurs sociopolitiques fragilisent la transition et pourraient engendrer des  conflits et aggraver la crise  à laquelle le pays est confronté.

C’est pourquoi il me paraît urgent  de mettre en place un cadre de dialogue permanent regroupant le CNRD, le Gouvernement, le CNT, les Partis politiques, la Société Civile en présence du G5 (des diplomates) et sous la Présidence d’un facilitateur désigné par la CEDEAO.

Le Colonel peut encore sauver la situation en prenant ses responsabilités pour rediriger la boussole sur les objectifs fondamentaux d'une transition démocratique : accepter une durée de transition raisonnable et concentrer tous les efforts sur l’organisation d’élections libres, inclusives, crédibles et transparentes, aboutissant au retour à l'ordre constitutionnel et à la démocratie au pays.

En le faisant, le Colonel-président évitera à la Guinée une crise majeure et se rendra service à lui-même et à tous les Guinéens.

Par Ibrahima Diallo

Coordinateur de Tournons La Page Guinée,

Responsable des Opérations du FNDC

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La force ne doit pas faire le droit, les guerres injustes sont vouées à être perdues (Tribune)

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En cette heure sombre, où nous assistons à l'invasion non provoquée et injustifiée de l'Ukraine par la Russie ainsi qu’à des campagnes massives de désinformation et de manipulation de l'information, il est essentiel de séparer les mensonges - inventés pour justifier ce qui ne peut l'être - des faits.

Ce qui est un fait c’est que la Russie, une grande puissance nucléaire, a attaqué et envahi un pays voisin pacifique et démocratique, qui ne l'a ni menacé, ni provoqué. En outre, le président Poutine menace de représailles tout autre État qui viendrait au secours du peuple ukrainien. Un tel usage de la force et de la coercition n'a pas sa place au 21e siècle.

Ce que fait Vladimir Poutine n'est pas seulement une grave violation du droit international, c'est une violation des principes fondamentaux de la coexistence humaine. Avec son choix de ramener la guerre en Europe, nous assistons au retour de la "loi de la jungle" où la force fait loi. Sa cible n'est pas seulement l'Ukraine, mais la sécurité de l'Europe et l'ensemble de l'ordre international fondé sur des règles, basé sur le système des Nations unies et le droit international.

Son agression prend des vies innocentes et foule aux pieds le désir des gens de vivre en paix. Des cibles civiles sont frappées, violant clairement le droit humanitaire international, forçant les gens à fuir. Nous voyons une catastrophe humanitaire se développer. Pendant des mois, nous avons déployé des efforts sans précédent pour parvenir à une solution diplomatique. Mais Poutine a menti à tous ceux qui l'ont rencontré, en prétendant être intéressé par une solution pacifique. Au lieu de cela, il a opté pour une invasion à grande échelle, une guerre totale.

La Russie doit cesser immédiatement ses opérations militaires et se retirer sans condition de tout le territoire de l'Ukraine. Il en va de même pour le Belarus, qui doit immédiatement cesser de participer à cette agression et respecter ses obligations internationales. L'Union européenne est unie pour offrir un soutien déterminé à l'Ukraine et à son peuple. C'est une question de vie ou de mort. Je prépare un paquet d'urgence pour soutenir les forces armées ukrainiennes dans leur combat.

En réponse, la communauté internationale va maintenant opter pour un isolement complet de la Russie, afin de tenir Poutine pour responsable de cette agression. Nous sanctionnons ceux qui financent la guerre, en paralysant le système bancaire russe et son accès aux marchés internationaux.

L'UE et ses partenaires ont déjà imposé des sanctions massives à la Russie, qui visent ses dirigeants et ses élites ainsi que des secteurs stratégiques de l'économie dirigée par le Kremlin. L'objectif n'est pas de nuire au peuple russe, mais d'affaiblir la capacité du Kremlin à financer cette guerre injuste. Pour ce faire, nous agissons en étroite collaboration avec nos partenaires et alliés - les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud et l'Australie. De nombreux pays font bloc dans le monde entier pour protéger l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine. Nous sommes ensemble du bon côté de l'histoire face à l'épouvantable agression de la Russie contre un pays libre et souverain.

Pour justifier ses crimes, le Kremlin et ses partisans se sont engagés dans une campagne de désinformation massive, qui a commencé déjà il y a plusieurs semaines. Les médias d'État russes et leur écosystème ont colporté massivement des contre-vérités sur les réseaux sociaux dans le but de tromper et de manipuler les opinions publiques.

Les propagandistes du Kremlin qualifient leur agression d'"opération spéciale", mais cet euphémisme cynique ne peut cacher le fait que nous assistons à une véritable invasion de l'Ukraine, dans le but d'écraser sa liberté, son gouvernement légitime et ses structures démocratiques. Qualifier le gouvernement de Kiev de "néo-nazi" et de "russophobe" n'a aucun sens : toutes les manifestations de nazisme sont interdites en Ukraine. Dans l'Ukraine moderne, les candidats d'extrême droite sont un phénomène marginal bénéficiant d'un soutien minimal, qui ne leur permet même pas de passer la barre permettant d’entrer au parlement. Le gouvernement ukrainien n'a pas isolé le Donbas et il n'a pas interdit l'utilisation de la langue et de la culture russes. Donetsk et Louhansk ne sont pas des républiques, ce sont des régions ukrainiennes contrôlées par des groupements séparatistes armés et soutenus par la Russie.

Nous le savons - et de nombreux Russes le savent. Des manifestations courageuses ont eu lieu dans les villes de Russie depuis le début de l'invasion, exigeant la fin de l'agression contre une nation voisine pacifique. Nous entendons leurs voix et saluons le courage dont ils font preuve en s'exprimant. Nous voyons également de nombreuses personnalités publiques russes protester contre cette invasion insensée.

Je continue à travailler avec nos partenaires du monde entier pour assurer une réaction conjointe de toute la communauté internationale contre le comportement du Kremlin. Le 25 février, seule la Russie a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur l'agression contre l'Ukraine, la Chine, l'Inde et les Émirats arabes unis s'étant abstenus. Partout dans le monde, les pays condamnent l’action de la Russie, et à l'Assemblée générale, l'ensemble de la communauté internationale doit unir ses forces et contribuer à mettre fin à l'agression militaire de la Russie en adoptant la résolution correspondante des Nations unies.

Dans ce même élan, l’Union africaine a demandé instamment à la Russie de respecter le droit international, l’intégrité et la souveraineté nationale de l’Ukraine. La CEDAO a également condamné l’invasion russe et a appelé les belligérants à protéger ses ressortissants.

Avec cette guerre contre l'Ukraine, le monde ne sera plus jamais le même. C'est maintenant, plus que jamais, le moment pour les sociétés et les alliances de se rassembler pour bâtir notre avenir sur la confiance, la justice et la liberté. C'est le moment de se lever et de s'exprimer. La force ne fait pas le droit. Cela n'a jamais été le cas. Et cela ne le sera jamais.

Par Josep Borrell, Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-Président de la Commission Européenne

 

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