De la signature des banques en juillet à la promulgation présidentielle, le projet de bitumage Labé-Tougué franchit sa dernière étape administrative. Avec 300 millions d’euros en jeu et un pont de 200 mètres sur le Bafing, les autorités guinéennes engagent un chantier de trois ans destiné à connecter les bassins agricoles et accélérer la modernisation des infrastructures nationales.
À travers un décret lu à la télévision nationale, le président Mamadi Doumbouya a ratifié l’accord de prêt de 300 millions d’euros (environ 336,45 millions USD) conclu le 22 juillet 2026. Cette décision fait suite à l’adoption du texte à une large majorité par les députés le samedi 17 octobre 2026, au terme des travaux en commission et en intercommission. Le financement est destiné à la réalisation du projet de construction et de bitumage de la route nationale reliant Labé à Tougué, incluant la bretelle Banti-Koubia.

D’un montant global de 300 millions d’euros, cet accord financier associe la Bank of Africa United Kingdom PLC en qualité d’arrangeur principal mandaté, aux côtés de plusieurs institutions financières, notamment l’Armée Bank of Kuwait KSCP, l’Africa Finance Corporation, France Abu Dhabi Bank, ABC Islamic Bank, Bank of Africa et Bank of China.
Le projet prévoit des travaux sur un linéaire de plus de 160 kilomètres pour un délai d’exécution prévisionnel de 36 mois. Plus précisément, le chantier porte sur la construction et le bitumage de 148,860 kilomètres de route sur les routes nationales n° 27 et 28, l’aménagement de la bretelle Banti-Koubia longue de 11,443 kilomètres sur la route nationale n° 34 — comprenant deux voies de 3,7 mètres de largeur chacune selon le ministère des Infrastructures —, ainsi que la construction d’un pont de 200 mètres sur le fleuve Bafing avec un revêtement en béton bitumineux.
Ce projet vise à améliorer la circulation des personnes et des marchandises dans cette région au potentiel agricole marqué (maïs, fonio, arachides, pommes de terre et élevage de bovins, d’ovins et de caprins) dont l’exploitation demeure contrainte par l’état des infrastructures de transport.
Cet investissement s’intègre dans la dynamique du programme stratégique Simandou 2040, dont le troisième pilier est consacré au développement des infrastructures afin de réduire le déficit du pays en équipements de transport. À ce titre, l’International Trade Administration souligne que les infrastructures routières, ferroviaires et portuaires guinéennes restent inégalement développées.
À terme, la route Labé – Tougué doit faciliter les échanges commerciaux, réduire les difficultés de déplacement et améliorer l’accès des producteurs agricoles aux marchés, à condition d’accompagner la desserte routière d’investissements dans les circuits de commercialisation.
Les principaux défis identifiés résident dans le respect du calendrier d’exécution de 36 mois, fondé sur la mobilisation effective des financements et la maîtrise des coûts, ainsi que dans la pérennité de l’infrastructure garantie par un entretien régulier.
Par Mariam Bâ

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