L’Union africaine, par la voix du président de sa Commission, Mahamoud Ali Youssouf, vient d’apporter un soutien diplomatique de poids au nouveau pouvoir de Conakry en saluant le déroulement de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Malgré un processus marqué par l’exclusion systématique des figures historiques de l’opposition, l’organisation continentale a choisi de mettre en avant le climat pacifique du scrutin et la maturité du peuple guinéen. Ce satisfecit, exprimé au lendemain de la confirmation des résultats par la Cour suprême le 4 janvier 2026, occulte néanmoins les conditions de cette victoire, obtenue après l’éviction forcée de candidats majeurs tels que Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, maintenus hors du jeu électoral par des procédures judiciaires et un exil prolongé.
Dans ce message officiel, le président de la Commission ne se contente pas de féliciter le président élu ; il adresse un plaidoyer direct à la communauté internationale pour une réévaluation globale de la situation en Guinée.
Arguant des progrès réalisés depuis le coup d’État de septembre 2021, l’UA appelle désormais à la levée des sanctions qui pèsent sur le pays. Cette position vise, selon l’organisation, à soutenir la « modernisation de l’État », bien que cette trajectoire se soit construite sur le verrouillage de l’espace civique et la disqualification des principales forces de contradiction politique par le biais de nouvelles exigences constitutionnelles.
Tout en actant cette transition vers un ordre civil, l’Union africaine exhorte les acteurs nationaux à poursuivre le cycle électoral, notamment pour les législatives et les locales, en prônant un dialogue qui peine pourtant à s’instaurer avec une opposition dont les chefs de file restent proscrits.
En validant ainsi les résultats définitifs, l’UA semble privilégier la stabilité institutionnelle au détriment du pluralisme, ignorant les griefs d’une partie de la classe politique qui dénonce une élection sans réelle compétition.
Cette reconnaissance internationale marque une étape cruciale pour le régime, qui cherche désormais à transformer son hégémonie intérieure en une normalisation diplomatique totale.
Par Mouctar Barry


