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Guinée : le FNDC donne à Alpha Condé jusqu’au 21 décembre pour quitter le pouvoir

Alors que les soupçons sur un éventuel troisième mandat en faveur du président de la République se multiplient avec l’adoption d’une nouvelle Constitution très controversée le 22 mars dernier, le FNDC (Front national pour la défense de la Constitution) a fixé un ultimatum à Alpha Condé pour quitter le pouvoir. En effet, le front le donne jusqu’au 21 décembre pour céder  le palais présidentiel, sans quoi, il s'expose à la sanction populaire, menace-t-il.

« Le FNDC réitère sa position initiale de l'illégalité et illégitimité du bureau politique du RPG installé au siège de l’Assemblée Nationale et intime à M. Alpha Condé de quitter le palais présidentiel au plus tard le 21 décembre 2020 au risque de s'exposer à la sanction populaire », a menacé le FNDC dans un communiqué.

Dans ce document le Front national pour la défense de la Constitution, a accusé le chef de l’Etat et le bureau de la nouvelle Assemblée nationale jugée « illégale » par les opposants  de « tripatouiller la loi électorale » dans le but de confisquer le pouvoir.

De fait, dans le chronogramme de la première session spéciale du nouveau parlement qui s’étend jusqu’au 18 juin prochain, plusieurs textes sont au programme, dont le projet de loi portant Code électoral et le projet de loi organique portant composition, organisation et fonctionnement de la Haute autorité de la communication, HAC.

Pour le FNDC, ce nouveau projet sur la loi électorale « est en violation flagrante du protocole additionnel de la CEDEAO sur la Gouvernance et la démocratie révisé en 2012 ».

Ce protocole dispose : Article 2 alinéa 1 : "Aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six (6) mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques". Article 2 alinéa 2 : "Les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou périodes fixées par la Constitution ou les lois électorales », a rappelé les opposants.

Poursuivant, ils ont annoncé que leur collectif d'avocats a saisi le bureau du Président en exercice de la CEDEAO pour une action urgente en Guinée mais aussi se prépare à saisir la cour de justice de cette même institution.

« Cette rébellion contre les lois de la République et les principes démocratiques communautaires sont intolérables et le FNDC y apportera une réponse à la hauteur de la forfaiture », a promis le FNDC.

Elu en 2010 et réélu en 2015, Alpha Condé devrait quitter le pouvoir à la fin de cette année, selon la constitution de 2010, mais avec la nouvelle loi fondamentale, rien n’est moins sûr, puisque le mandat du président est passé à 6 ans au lieu des 5, et que les verrous sur les intangibilités du nombre des mandats présidentiels ont sauté.

Par Abdoulaye Diallo

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