Ce vendredi 20 février 2026, le Barreau de Guinée a dressé un réquisitoire sans concession sur l’état de l’appareil judiciaire lors d’un entretien de plus de deux heures avec le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory 2 Tounkara. Réunis dans l’enceinte du tribunal ad hoc, les représentants de l’Ordre, portés par la voix du bâtonnier Me Mamadou Souaré Diop, ont exposé une série de défaillances systémiques allant de la logistique à l’éthique.
Le constat est d’autant plus amer que l’institution s’apprête à célébrer ses quarante ans sans disposer de siège propre ni de subvention étatique, une anomalie structurelle que le bâtonnier a vivement déplorée.
Au-delà de ces difficultés matérielles, le Barreau a pointé du doigt des dysfonctionnements graves au sein des juridictions : disparition récurrente de dossiers dans les greffes, décisions rendues mais jamais rédigées et, plus inquiétant encore, l’inexécution de certains jugements par les magistrats eux-mêmes.
Sur le terrain des libertés publiques, l’Ordre a rappelé sa mission de sentinelle face aux cas de disparitions et aux violations des droits de l’homme qui entachent la cité.
En réponse, le ministre Ibrahima Sory 2 Tounkara a plaidé pour une solidarité de corps, affirmant que le succès de sa mission est intrinsèquement lié à celui de tous les acteurs de la justice.
Se posant en partenaire plutôt qu’en simple administrateur, le Garde des Sceaux s’est engagé à porter les revendications des avocats auprès de la présidence pour restaurer la crédibilité de l’institution.
Cette rencontre de prise de contact doit aboutir, dans les prochains jours, à la remise d’un mémorandum exhaustif consignant l’ensemble des griefs et des pistes de réformes discutés.
Par I.Sylla


