Il est 3 heures du matin ce samedi lorsque les visages fatigués mais soulagés apparaissent dans les couloirs du ministère du Travail et de la Fonction publique. Le spectre d’une année blanche ou d’une paralysie prolongée s’éloigne : l’accord est signé. Entre revalorisations salariales et gestion du dossier épineux des contractuels, voici ce qu’il faut retenir de ce protocole de sortie de crise.
Un coup de pouce significatif au portefeuille
L’accord mise sur une augmentation progressive mais réelle des primes. Pour les enseignants, le changement sera palpable sur le bulletin de paie dès le mois prochain :
Primes de préparation et de craie : Elles bondissent de façon spectaculaire. De 100 000 GNF, elles atteindront 500 000 GNF d’ici juillet 2026. Une première étape à 300 000 GNF sera franchie dès février.
Documentation : La prime annuelle est multipliée par cinq, passant de 300 000 à 1 500 000 GNF. Un signal fort pour la « reconnaissance du rôle intellectuel de l’enseignant », savourent les syndicats.
Logement et Transport : Les indemnités sociales sont réévaluées à 250 000 GNF pour le logement et 200 000 GNF pour le transport, avec un échelonnement prévu entre mai et septembre 2026.
« C’est la plus grande victoire de notre mouvement », s’est réjoui Pépé Michel Balamou, secrétaire général du SNE, soulignant l’unité retrouvée de l’intersyndicale (FSPE, SNE et SLECG).
Le cas des 4 500 contractuels : une solution à deux vitesses
Le sort des contractuels communaux non retenus lors de la dernière évaluation était le point de friction majeur. Une commission technique va désormais passer leurs notes à la loupe. Pour ceux de la zone spéciale de Conakry, le traitement sera spécifique : les recalés ayant obtenu des notes jugées acceptables bénéficieront d’un examen exceptionnel, tandis que les autres seront soumis au concours, avec toutefois un bonus de « priorité » pour leur expérience pratique en classe.
Vers une gestion plus transparente
Au-delà de l’argent, l’accord instaure une commission technique paritaire. Sa mission ? Recenser et authentifier les actes de nomination des responsables éducatifs pour assainir le fichier et décider de l’octroi des primes de fonction. Un rapport est attendu pour la fin février 2026.
Pour Aboubacar Kourouma, secrétaire général du ministère du Travail, cet aboutissement est la preuve d’un « engagement gouvernemental ferme » pour la stabilité sociale. Reste maintenant à transformer ces promesses sur papier en réalité bancaire pour les milliers d’enseignants qui reprendront le chemin des classes ce lundi 5 janvier.
Par Mariam Bâ


