Le chef de la diplomatie sierra-léonaise, Alhaji Timothy Kabba, a entamé une mission officielle à Conakry pour tenter de désamorcer la crise frontalière entre la Guinée et la Sierra Leone. Accompagné d’une délégation de haut niveau, il doit s’entretenir avec son homologue guinéen, Dr Morissanda Kouyaté, afin de trouver une issue pacifique aux incidents signalés dans les districts de Falaba et Yenga.
Versions contradictoires et accusations d’incursion
Le point de rupture est survenu le 23 février 2025, lorsque seize membres d’une équipe de sécurité conjointe sierra-léonaise (militaires et policiers de l’OSD) ont été appréhendés par les forces de défense guinéennes. Depuis, deux récits s’opposent frontalement :Le gouvernement sierra-léonais soutient que des soldats guinéens ont pénétré sur son territoire, dans la localité de Kalieyereh, pour capturer des agents qui travaillaient à l’édification d’un poste frontière, alors que l’État-major général des armées guinéennes affirme, dans un communiqué officiel, avoir intercepté ces seize individus après qu’ils eurent franchi la frontière sans autorisation. Selon l’armée guinéenne, ces éléments auraient installé une tente et hissé le drapeau sierra-léonais à 1,4 km à l’intérieur du territoire guinéen.
La primauté du dialogue
Malgré la mobilisation des troupes pour garantir l’intégrité territoriale, l’exécutif guinéen a tenu à rassurer la communauté internationale. S’exprimant sur les ondes de RFI ce vendredi 27 février 2026, le Premier ministre Amadou Oury Bah a exclu toute option militaire.
Le chef du gouvernement a martelé que la Guinée et la Sierra Leone n’entreront pas en guerre, invoquant la proximité historique indéfectible liant les deux nations. Sous l’instruction directe du président de la République, la Guinée s’oriente désormais vers une gestion strictement diplomatique de cet incident pour obtenir une résolution à l’amiable.
Un contentieux historique persistant
Cet incident s’inscrit dans un différend territorial vieux de deux décennies, marqué par la dispute récurrente autour du village de Yenga. Malgré l’intervention d’une mission technique de la CEDEAO en septembre dernier, la sécurisation des 700 kilomètres de frontière commune reste un défi majeur pour la stabilité sous-régionale.
Par I.Sylla


