Le 23 mars 2026, une vaste opération de police ciblant les installations informelles et le contrôle des titres de séjour a secoué le port de Boulbinet, dans la commune de Kaloum. Cette intervention des autorités guinéennes a conduit au rapatriement massif de 942 ressortissants sierra-léonais, dont des femmes et des enfants, accueillis dès le lendemain au poste frontalier de Kambia.
Ce mouvement s’inscrit dans une politique de fermeté déjà observée par le passé : en décembre 2024, une campagne similaire de démantèlement des « zones criminogènes » à Conakry avait déjà débouché sur l’expulsion de plusieurs centaines de Léonais.
Selon le ministère sierra-léonais de l’Information, l’action actuelle fait suite à une vérification systématique des documents d’identité : « Les Sierra-Léonais munis de documents de voyage en règle ont été libérés, tandis que ceux n’ayant pas de statut valide ont été programmés pour un retour en Sierra Leone ».
Face à la répétition de ces crises, le gouvernement de Julius Maada Bio a mobilisé ses services pour organiser une prise en charge structurée, précisant que « les autorités sierra-léonaises procèdent à l’accueil, au contrôle et à l’enregistrement des rapatriés, tout en facilitant leur réintégration sécurisée et digne ».
Par l’intermédiaire de son ambassade à Conakry, Freetown a engagé un dialogue diplomatique pour s’assurer que le processus soit géré « de manière ordonnée et humaine ».
Si la Sierra Leone assure suivre la situation de près pour garantir la protection de ses citoyens, les autorités guinéennes n’ont pas encore communiqué de bilan global sur cette opération de « nettoyage » des zones portuaires. Pour l’heure, Freetown appelle ses populations au calme et à la vigilance face aux informations non officielles.
Par Mariam Bâ


