Le Maroc organisera-t-il la Coupe d’Afrique des nations féminine ( CAN féminine) en mars prochain ? Ce qui semblait acté est devenu, en l’espace de quelques heures, un imbroglio diplomatique et sportif entre Rabat, Pretoria et la Confédération africaine de football (CAF).
Le doute s’est installé ce dimanche 1er février lors des Hollywoodbets Super League Awards. Peace Mabe, vice-ministre sud-africaine des Sports, a jeté un pavé dans la mare en affirmant que l’Afrique du Sud allait « accueillir la CAN féminine 2026 ». Selon ses dires, le Maroc aurait signifié son incapacité à tenir les délais, poussant Pretoria à se porter volontaire.
Face à la déflagration de cette annonce, le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a dû rectifier le tir en urgence. Par voie de communiqué, il a rappelé que le Maroc demeure l’hôte officiel, tout en nuançant : l’Afrique du Sud se tient prête en cas de « plan B » sollicité par une CAF qui explorerait actuellement diverses options de repli.
L’ombre des sanctions de la CAN 2025
Si ni la CAF ni le Maroc n’ont officiellement communiqué sur un éventuel désistement, cette tension intervient dans un climat électrique. Le royaume chérifien digère mal les lourdes sanctions tombées après la finale masculine de la CAN 2025.
Outre la suspension d’Achraf Hakimi, la Fédération marocaine (FRMF) a été frappée d’amendes s’élevant à 300 000 dollars pour des débordements techniques et le comportement de son encadrement. Ce bras de fer avec la CAF ravive le spectre de 2015, année où le Maroc s’était désisté de l’organisation de la CAN masculine en raison de l’épidémie d’Ebola, entraînant alors un long conflit juridique avec l’instance continentale.
Un calendrier sous pression
Initialement prévue du 17 mars au 3 avril 2026, cette édition doit se tenir seulement quelques mois après la précédente (juillet 2025), remportée au Maroc par le Nigeria. À moins de six semaines du coup d’envoi théorique, l’incertitude plane : simple coup de pression politique ou réel retrait du Maroc ? Le silence de la CAF, d’ordinaire si prompte à verrouiller sa communication, ne fait qu’alimenter les spéculations.
Par I.Sylla


