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Ça Suffit les Massacres ! (Opinion)

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Mes chers compatriotes,

Ce mardi 20 novembre 2018, une manifestation grandiose a été organisée par les ressortissants guinéens vivants aux USA. A l’initiative de nos compatriotes, accompagnés par les représentants de certains partis politiques notamment l’UFD de Mr BAH baadikko, cette manifestation s’est déroulée à Washington devant la maison blanche et au département d’Etat où nous avons déposé un mémorandum pour exprimer notre ras-le bol et dénoncer les dérives autoritaires du régime d’Alpha Condé.

A travers cette mobilisation nous avons voulu attirer l’attention de l’opinion nationale et internationale sur la mise en place et l’exécution d’un projet de destruction de la Guinée en tant qu’Etat souverain. De façon simultanée, Alpha Condé et son gouvernement sont entrain de défaire tous les éléments qui caractérisent la définition même d’un Etat souverain : un territoire, une nation et un gouvernement légitime reconnus par les autres Etats membres de l’ONU.

Pour celles et ceux qui ont oublié, rappelez- vous que ce Monsieur est arrivé au pouvoir par la fraude malicieusement préparée et méthodiquement exécutée par son équipe en complicité avec le gouvernement de transition. Conscient que la majorité des guinéens ne l’ont jamais choisi pour diriger le pays, il a trouvé un moyen tout aussi simple pour assoir son pouvoir et prendre sa revanche. Une méthode qui consiste à opposer les ethnies et les régions en attribuant publiquement la primature à la basse côte, la présidence de l’assemblée nationale à la Guinée forestière et la présidence de la république à la haute Guinée d’où il est originaire. Nos responsables politiques étant choisis sur la base ethnique et régionaliste en violation flagrante des lois et des règles démocratiques, vous comprenez mes chers compatriotes que dès lors, ce Monsieur n’est plus légitime.

Depuis l’arrivée de Mr Alpha Condé au pouvoir nous assistons à une fragmentation de notre pays Jadis porté par une ferveur populaire et une fierté nationale. Aujourd’hui La guinée forestière appartient aux forestiers, la haute Guinée aux malinkés, la basse Guinée aux soussous et la moyenne guinée aux peuls. Dans chacune de ces régions on assiste à la naissance et au développement des associations et des organisations comme les haali poular en moyenne guinée, le Kountigui de la basse Guinée etc…. A la tête de chacune de ces organisations on trouve des personnalités qui dressent les uns contre les autres, qui opposent les régions et les ethnies exactement pour dire à Mr Alpha Condé que son message a passé. On est allé jusqu’à empêcher un maire choisi par la majorité des électeurs de s’installer et exercer son autorité en basse côte au motif qu’il est originaire de la moyenne Guinée. A l’allure des choses, très bientôt il faudra à un natif d’une région un visa pour se rendre dans une autre région d’où il n’est pas originaire. On ne se parle plus entre nous en tant que nation qui partage des valeurs et des convictions. Les faits sont très graves et nous emmènent à nous ressaisir.

Après les faux complots, les arrestations arbitraires et les exécutions sommaires de Sekou Touré et son parti le PDG en passant par les tueries sans procès des anciens dignitaires du régime de Sekou Touré à l’occasion du coup d’Etat manqué de juillet 2005 , nous avons vu en 2008 sous l’autorité du président Moussa Dadis Camara le déploiement de l’armée qui a commis des massacres au stade du 28 septembre. Loin de tirer les leçons de ce triste bilan de 157 personnes tuées, de nombreux disparus et des viols commis sur les femmes, le régime d’ Alpha Condé à son tour envoie les policiers et les gendarmes pour massacrer les habitants des quartiers qui ne demandent qu’ à mieux vivre. Aujourd’hui le bilan des tueries perpétrées par le régime d’Alpha Condé est comparable à celui des massacres du 28 septembre 2008 et c’est pourquoi je vois mal comment peut-on tenir un procès équitable sous la direction et l’autorité de ce gouvernement coupables des crimes similaires, pour rendre justice aux victimes de ces tueries du 28 septembre.

Par ailleurs il se passe des choses dans notre pays dont on ne parle jamais. Savez-vous que ces dernières années par jour on estime à plus de 1000 décès dans notre pays ? La consommation des produits périmés ou contrefaçon, l’utilisation des produits cosmétiques contrefaçon qui dépigmentent la peau, les particules fines en provenance du carburant mal raffiné que nous consommons, l’incinération des ordures ménagères qui dégagent une fumée toxique, les routes et sentiers poussiéreux, la déforestation qui accélère le réchauffement climatique, les accidents de la circulation occasionnés par la délivrance des faux permis et le manque de règlementation de la circulation routière, des accidents dans les sentiers non sécurisés sont autant des facteurs qui contribuent à l’augmentation de ce taux de mortalité. A cela s’ajoutent le manque d’infrastructures adéquates : hôpitaux équipés, médicaments efficaces, alimentation saine et équilibrée etc.

Dans tout cela que font nos élus ?

Tous nos responsables politiques, ministres comme députés, qu’ils soient de la mouvance ou de l’opposition, ne pensent qu’à eux et leurs familles. Ils ne portent pas des valeurs et des convictions, ne répondent pas à l’appel des citoyens en état de détresse, ne comprennent pas sa souffrance et ne l’écoutent pas.

Comment comprenez-vous qu’après 103 morts, tous tués par la police lors des manifestations appelées par l’opposition que les députés issus de cette dernière ne se fassent pas entendre, ne se retirent pas de l’assemblée nationale pour protester contre ces tueries de masse ? Pour eux, la seule chose qui compte ce sont les 15 millions et avantages en nature qu’ils perçoivent à la fin de chaque mois.

Comment comprenez-vous que certains leaders dits de l’opposition, hier un bon porte-parole de l’opposition qui dit tout sur Alpha et son régime puisse renier à ses valeurs et ses convictions pour un poste ministériel offert pour obtenir leurs silences ?

Comment comprenez-vous que Madame Rabiatou Sera Diallo qui doit sa célébrité et ses postes de responsabilités au lourd sacrifice consenti par le peuple de Guinée pour soutenir leur mouvement de revendication puisse ignorer ce qui est en train de se passer dans notre pays depuis qu’elle est aux affaires ?

Dans la bouche d’un ancien ministre de la santé à la personne de Mr Abdourahamane Diallo à qui un journaliste a demandé pourquoi son silence depuis son départ du gouvernement, il répond : «  vous savez, quand j’ai été appelé dans le gouvernement, je suis rentré immédiatement en guinée. Je n’avais rien préparé. N’étant plus ministre je reviens chez moi ici aux USA pour remettre de l’ordre dans mes affaires ».

Plus surprenant, dans la bouche d’un député de la république et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de l’honorable Damaro Camara à la fois député et président du groupe parlementaire de la mouvance qui répondait à la question d’un journaliste qui lui avait demandé où il se soigne s’il est malade, il répond lui aussi: « j’ai une chance qui n’est pas accordée à n’importe qui ! J’ai une carte verte et quand je suis malade, je pars me soigner aux USA » Ces propos tenus par des ministres et députés de la république avec toutes les prérogatives qui leurs sont attribuées nous permettent de comprendre à quel point ils méprisent le peuple et bafouent les valeurs de la république. Nous comprenons mieux pourquoi dans notre pays il n’y a pas d’infrastructures adéquates  pour prendre en charge les patients. Pas d’établissements pour assurer l’éducation et la formation de nos enfants. Nos élus savent qu’ils s’enrichissent suffisamment et rapidement sur le dos du pauvre contribuable guinéen qui n’a même pas le minimum pour vire. Pendant ce temps eux et leurs familles se font soigner à l’étranger et leurs enfants fréquentent les universités les plus chères au monde avec un coût annuel estimé à plus de 22000 dollars.

Mes chers compatriotes, de tels propos démontrent clairement le manque de patriotisme de nos élus qui n’ont aucun attachement aux valeurs de la république. Ce sont des simples opportunistes qui viennent pour s’enrichir et non pour contribuer au développent de notre pays et nous en prenons acte.

Mes chers compatriotes, pour terminer, nous lançons un appel solennel à la société civile, au mouvement balai citoyens, à l’OGDH, à l’opposition et toute fille et  fils de notre pays pour unir nos forces et poursuivre le combat jusqu’à la victoire finale.

Elhadj Ibrahima Diallo, membre du bureau politique de l’UFD

Résident aux Etats-Unis d’Amérique

Téléphone: +1(347)350-4756

Contact: elhadjibrahimabaadikkojunior@aol.com

Guinee28.info est un site d’informations générales et d’analyses sur la Guinée. Il couvre au quotidien l’actualité en toute indépendance et impartialité. Il offre aussi à ses lecteurs un débat d’idées, favorisant l’établissement d’une culture démocratique. Vous êtes annonceurs ? Vous voulez publier un article sponsorisé ? Nous contacter: alfaguinee28@gmail.com

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Classement Fifa : la Guinée est toujours loin du top 10 africain

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La Fédération internationale de football association (FIFA) a publié ce jeudi 16 septembre 2021, son classement mensuel. Le Syli national est toujours loin du top 10 africain.

La Guinée est classée 14ème en Afrique et 76ème au niveau mondial, pour ce mois de septembre.

Sur le contient, le Sénégal (20e  au niveau mondial)  arrive en tête du classement, suivi de la Tunisie (25e), de l’Algérie (30e) du Maroc (33e ) et du Nigeria ( 34e ).

Dans le monde, la Belgique occupe la tête du podium  devant le Brésil (2e ) et l’Angleterre (3e).

Par Issagha Sylla

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Chute d’Alpha Condé : la Guinée sera-t-elle sanctionnée ce jeudi par la Cédéao?

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La Cédéao se réunit, ce jeudi 16 septembre, en sommet extraordinaire pour statuer sur le cas de la Guinée, onze jours après la chute d’Alpha Condé, renversé par un coup d’Etat, dimanche 05 septembre.

La semaine dernière, l’organisation sous-région ale avait suspendu le pays de ses instances. Ira-t-elle plus loin ce jeudi en sanctionnant directement le pays ? L’hypothèse est sur la table. Pour les aider à trancher, les chefs d’États ouest-africains auront entre leurs mains le rapport de la mission qui s’est rendue sur place vendredi dernier.

Dans leur rapport de mission, les émissaires de la Cédéao formulent plusieurs recommandations. D’abord que la transition soit civile ensuite qu’elle soit courte. Les membres de la mission étaient divisés sur sa durée, certains plaidant pour une transition rapide de 6 mois, d’autres pour une parenthèse d’un an. « Mais tout le monde est d’accord qu’on ne doit pas dépasser les 12 mois », assure hors micro un des membres de la mission.

Parmi les autres recommandations figurent la libération des prisonniers et en particulier celle du président déchu Alpha Condé. Ces préconisations seront au centre des débats ce jeudi. Les chefs d’État choisiront-ils en parallèle de sanctionner le pays comme ils l’avaient fait l’an passé pour le Mali après le 1er coup d’État ? L’hypothèse est sur la table mais la question semble faire débat.

« Quelles sanctions vous voulez leur donner au stade où nous en sommes ? », s’interroge un ministre de la région qui pointe la popularité de ce coup d’État. « Sanctionner les militaires, ce serait rendre la Cédéao totalement impopulaire », estime-t-il. Et ce responsable de plaider en conséquence pour une certaine mansuétude histoire « de ne pas encore décrédibiliser l’organisation ». L’idée serait ainsi de ne pas sanctionner les militaires guinéens dans l'immédiat mais plutôt de les menacer de sanctions personnelles et collectives s’ils ne respectaient pas les recommandations de l’organisation sous-régionale.

Le chef de la junte s'adresse à la communauté internationale

Du côté guinéen, le colonel Mamady Doumbouya recevait mercredi le corps diplomatique et consulaire au Palais du peuple à Conakry lors des journées de concertations nationales. L'occasion pour le chef de la junte de délivrer un message à la communauté internationale, à qui il a demandé en quelque sorte de privilégier le pragmatisme.

« Dans notre volonté collective de rebâtir ensemble les fondements de notre nation, nous ne voulons pas commettre les mêmes erreurs du passé. Cette ambition nationale, collective, peut parfois aller à l’encontre des chemins balisés par les principes convenus par les organisations régionales, sous-régionales et internationales. Ceci ne signifie pas que nous nous mettons en dehors des règles. Nous avons besoin de vous à nos côtés pour accompagner le processus sans pression, sans injonction, en faisant primer le réalisme sur la théorie et les principes. La communauté internationale a toujours été au chevet de la Guinée, c’est pourquoi nous avons souhaité vous écouter, entendre vos analyses, recevoir toutes les propositions enrichissantes dans le respect de notre intégrité, de notre dignité et de notre souveraineté. »

Avec RFI

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HRW à la junte : « tout détenu devrait être présenté à un juge, ou relâché »

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Les militaires responsables du coup d’État en Guinée devraient immédiatement rétablir les droits humains fondamentaux, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Ils devraient s’assurer que les forces de sécurité respectent ces droits, et garantir le traitement à la fois légal et humain du président déchu Alpha Condé et de tout autre individu placé en détention. Tout détenu devrait être présenté à un juge, ou relâché. Les dirigeants du coup d’État devraient également protéger la vie et les biens de tous les Guinéens.

« Les troubles suscités par le récent renversement du gouvernement ne devraient pas créer un vide juridique à l’égard de la protection des droits et des libertés fondamentales », a souligné Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Les nouvelles autorités devraient veiller à ce que les droits humains de tous les Guinéens soient respectés, y compris celui de voter librement aux élections. »

Le 5 septembre 2021, des officiers de l’armée guinéenne de l’autoproclamé Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) ont renversé le gouvernement du Président Alpha Condé, âgé de 83 ans, qui avait été réélu en octobre dernier, après un an d’efforts pour s’arroger un troisième mandat malgré la limite constitutionnelle de deux mandats.

Après avoir repris le contrôle de la télévision d’État avec d’autres militaires, le colonel Mamady Doumbouya, le chef des forces spéciales guinéennes, a proclamé la dissolution du gouvernement, des institutions et de la constitution, et imposé un couvre-feu national. Il a déclaré que « la politisation de l’administration publique, la pauvreté et la corruption endémique » avaient conduit ses forces à renverser Condé.

Aux premières heures du 5 septembre, des habitants de Conakry, la capitale guinéenne, ont signalé à Human Rights Watch des tirs nourris près du palais présidentiel, et les médias ont déclaré que des officiers militaires avaient arrêté Condé. Le ministère guinéen de la Défense a annoncé le même jour avoir repoussé une attaque des forces spéciales contre la présidence. Toutefois, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux et que Human Rights Watch n’a pas été en mesure d’authentifier, montrait Condé pieds nus assis sur un canapé, apparemment sous la garde de soldats.

Plus tard le 5 septembre, Doumbouya a ordonné au cabinet ministériel d’assister à une réunion obligatoire le 6 septembre, ajoutant que toute refus serait considéré comme un acte de rébellion. Lors de cette rencontre, Doumbouya s’est engagé à former un gouvernement d’union nationale et annoncé une transition sans toutefois en préciser la durée. Il a également déclaré qu’il était interdit aux responsables gouvernementaux de voyager jusqu’à nouvel ordre et qu’ils devaient remettre leurs véhicules officiels à l’armée.

Le 7 septembre, les nouvelles autorités militaires ont remis en liberté 79 prisonniers politiques, dont des dirigeants et des membres du principal parti d’opposition, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), comme Abdoulaye Bah, et du Front national pour la défense de la Constitution  (FNDC), une coalition d’organisations de la société civile guinéenne et de partis d’opposition, comme Oumar Sylla (alias Foniké Mengué).

Dans les jours ayant suivi l’élection présidentielle d’octobre 2020, les forces de sécurité avaient arrêté plus de 300 dirigeants de l’opposition, partisans et autres personnes perçues comme proches de l’opposition. La plupart d’entre elles étaient restées derrière les barreaux pour des motifs politiques jusqu’au renversement du gouvernement.

Le 7 septembre, les nouveaux dirigeants ont également annoncé la libération d’autres prisonniers dans les semaines à venir. Cependant, des questions subsistent quant à savoir qui peut être qualifié de « prisonnier politique », combien de détenus seront libérés et si des conditions leurs seront imposées. En vertu du droit international des droits de l’homme, personne ne devrait être détenu en l’absence de base juridique claire et tous les détenus ont droit à une procédure régulière et à être traités avec humanité. Tout détenu devrait être présenté à un juge dans les 48 heures ou remis en liberté, a déclaré Human Rights Watch.

« La libération des prisonniers politiques est une bonne étape, et je m’en félicite, mais cela signifie-t-il que les nouvelles autorités militaires respecteront les droits humains et agiront différemment ? », a déclaré à Human Rights Watch un défenseur des droits humains à Conakry. « Serons-nous, le peuple guinéen, libres de descendre dans la rue et de manifester ? Aurons-nous le droit de dire ce que nous voulons, de critiquer et de défier le gouvernement ? »

Célébré comme le premier président guinéen librement élu depuis l’indépendance en 1958, Condé est arrivé au pouvoir en 2010 avec le soutien populaire, laissant espérer que les graves problèmes de droits humains et de gouvernance qui avaient mis en évidence des décennies d’abus en Guinée pourraient être résolus. Pourtant, malgré des gains et un développement économiques significatifs, son gouvernement a été visé par des allégations généralisées de corruption, une exacerbation des tensions ethniques et une répression de plus en plus brutale de ses opposants.

Après quelques progrès initiaux, les démarches pour obtenir justice pour le massacre et les viols de manifestants perpétrés le 28 septembre 2009 par les forces de sécurité guinéennes, sont restées lettre morte.

Le droit international est clair sur la nécessité d’une justice pour les crimes graves et impose aux États l’obligation d’offrir aux victimes d’atteintes aux droits humains un recours effectif. Des poursuites justes et crédibles pour les crimes graves sont également un moyen essentiel de fournir des réparations et de rétablir le respect de l’état de droit. Tant l’ONU que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ont des dispositions contre l’extension des amnisties aux crimes graves, renforçant l’importance de la justice pour ce type de crimes, a rappelé Human Rights Watch.

Les attaques violentes des forces de sécurité contre les Guinéens ordinaires ont été monnaie courante sous l’administration Condé, y compris l’usage excessif de la force lors des manifestations dirigées par l’opposition, mais aucun membre de l’armée n’a été jugé pour ces attaques.

Avant et pendant la tenue du référendum constitutionnel, qui a permis à Condé de se présenter pour un troisième mandat, et des élections législatives du 22 mars 2020, les forces de sécurité ont violemment réprimé les partisans de l’opposition à Conakry et dans d’autres villes de Guinée, tuant au moins huit personnes, dont deux enfants, et en blessant plus de 20 autres. Ils ont également échoué à protéger la population des violences électorales et intercommunautaires et se sont livrées à des violations des droits humains à Nzérékoré, dans le sud-est de la Guinée, au cours de la même période. Au moins 12 personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces de sécurité et des partisans de l’opposition lors des élections d’octobre 2020. Plus de 300 ont été arrêtés arbitrairement et au moins quatre d’entre eux sont morts en détention entre novembre 2020 et janvier.

La communauté internationale a largement critiqué le renversement du gouvernement perpétré le 5 septembre. L’ONU, l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la France et les États-Unis ont tous condamné le coup d’État, appelant à un rétablissement d’un régime démocratique. Le 7 septembre, lors d’un sommet virtuel, les dirigeants de la CEDEAO ont décidé de suspendre la Guinée, appelant au retour à l’ordre constitutionnel et à la libération immédiate de Condé.

En Guinée, le FNDC a publié deux déclarations les 5 et 8 septembre, prenant note des déclarations du CNRD et affirmant que le gouvernement de Condé était illégitime et anticonstitutionnel. Le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a déclaré aux médias qu’il n’était pas opposé au renversement du gouvernement, le qualifiant d’« acte patriotique ».

Dans une déclaration en date du 7 septembre, l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme (OGDH) a appelé au respect des droits et libertés des citoyens et à un dialogue inclusif qui permettrait le retour à l’ordre constitutionnel.

« La libération des prisonniers politiques est une évolution positive, mais elle devrait s’accompagner d’autres mesures pour protéger les droits humains, notamment des élections crédibles », a conclu Ilaria Allegrozzi. « Les nouvelles autorités devraient immédiatement relâcher toute personne détenue illégalement, garantir la discipline au sein des forces de sécurité et adresser un message vigoureux selon lequel les violations des droits humains sont interdites et seront sanctionnées à la mesure de leur gravité. »

Source : Human Rights Watch

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