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Opinion

Alpha Saliou Wann aux jeunes : « mieux vaut un second diplôme que de se morfondre dans le chômage »

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Je sais que 2020 sera une année charnière pour notre pays. En même temps que nous nous mobilisons contre les velléités d'Alpha Condé de se maintenir au pouvoir au-delà de 2020, nous devons nous préparer sérieusement à proposer au pays une alternative crédible pour le sortir de cette longue période de pauvreté et pour amorcer son développement.

Je dis aux jeunes Guinéens : nous sommes dans un monde où la compétition est féroce entre les entreprises et les Etats. On ne vous demande pas d'être parmi les Moyens, mais non, vous devez être parmi les Meilleurs. Que chacun de vous se batte pour être meilleur dans son domaine. Que les élèves et étudiants se fixent pour objectif de sortir en fin d'année parmi les meilleurs.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Je vous l'annonce clairement, dès maintenant, qu'en 2020, il y aura inévitablement une Rupture avec la politique de promotion de la médiocrité instaurée dans notre pays depuis 1958. Cette politique qui a ruiné un pays à haut potentiel humain et économique de l'époque pour l'enfoncer dans les abîmes des pays les plus pauvres de la terre. Nous allons mettre fin à la médiocrité et promouvoir l'excellence. C'est pourquoi, chacun de nous doit se remettre en cause et se préparer pour ne pas faire partie des canards boiteux.

Je sais que nos Universités sont devenues des fabriques de chômeurs. Ce pouvoir incompétent et corrompu n'offre aucune perspective d'emploi aux jeunes diplômés sortant de nos écoles. Je conseille donc à ces diplômés, faute de trouver un emploi, réinscrivez-vous dans de nouvelles filières. Mieux vaut obtenir un second diplôme universitaire que de se morfondre dans le chômage. Par exemple, si vous avez votre Master de Droit, préparez une licence en Économie. C'est ce qu'il faut faire en attendant que des dirigeants qui ont de l'ambition pour le pays prennent le pouvoir en 2020.

Aux fonctionnaires, notamment aux jeunes, je vous dis que, vous devez vous débarrasser des mauvaises pratiques de notre administration et vous préparez à être compétitifs. La réforme de l'Etat est la priorité de nos priorités. L'administration publique ne sera plus le dépotoir des médiocres. Mais, je crois en la capacité de l'être humain à s'améliorer, ça sera le cas pour tous.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Notre force future sera portée par la qualité de nos ressources humaines. Ce sont des hommes et femmes bien formés qui créeront de la richesse. Cette démagogie de clamer partout que la Guinée est un scandale géologique ou scandale agricole n'a aucun sens, dès lors que rien n'a été fait pour former des ressources humaines de qualité pour mettre en valeur les atouts du pays.

Pour parler des mines, je dirais que nous avons une vision ambitieuse du développement de notre secteur minier, que nous déclinerons ultérieurement. Nous n'allons pas nous contenter de la rente minière. Le Japon, la Corée du Sud ou Singapour se sont développés, alors qu'ils n'ont pas de ressources minières, c'est dire que notre principale richesse ne peut être que nos ressources humaines.

Je réitère donc notre volonté de créer un Fond souverain qui sera alimenté par la totalité de nos revenus miniers pour financer l'Education et la Santé. Les investissements du Fonds seront répartis à raison de 75% dans l'Education et 25% dans la Santé. Notre développement sera possible si nous investissons massivement dans nos ressources humaines. A ceux qui diront que ce choix n'est pas réaliste, je leur réponds que le Bénin n'a pas de revenus miniers, mais son PIB est plus élevé que le nôtre (8,4 milliards de dollars contre 6,6 milliards de dollars en 2015), nous pouvons donc débrancher la perfusion minière sans difficulté.

Pour moi, Alpha Condé fait partie du passé, qu'il s'agite ou qu'il signe des contrats à tour de bras, importe peu, nous devons récupérer notre pays pour l'engager résolument sur la voie de l'émergence.[rsnippet id="1" name="pub google"]

Par Alpha Saliou Wann

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Tougué en lumière ! (par Jacque Lewa Léno)

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Tougué en lumière. Il faut vraiment parler de cette préfecture du centre nord de la Guinée. Préfecture plus ou moins visible, entre Labé et Dinguiraye perché sur le plateau du Fouta Djallon. Nous n’y avons pas encore été, il y a de quoi envier tous ceux qui  ont effectué une visite accidentelle là-bas. Voyage hasardeux, comme si un matin, on était parti de Labé, bien connue pour sa grandeur et son histoire pour Dinguiraye, la ville religieuse d’Elhadj Oumar Tall.

Par inadvertance on se retrouve dans ce qui apparaît à première vue à un village. C’est à peu près la même image qui frappe tous les étrangers qui visitent certaines de nos villes de l’est à l’ouest, du nord au sud. Tougué ne peut pas à elle seule, avoir la réputation de gros village érigé en préfecture.  Après tout il faut faire attention.

Les grands noms reviennent : Koin, Kollangui. La zone autrefois envahie par les Djallonkés. Non nous n’allons pas nous perdre. Pour ne pas avoir à parler de Kollet, Kouratongo, Tangaly et Fatakô. Ah mais de Fatakô, parlons en. Fatakô qui abrite l’une des plus grandes mosquées du pays, 15 000 places. Fatako chez feu Sékouba Kouyaté, l’auteur de la célèbre chanson Sayata Yeto et de son fils Habib. Fatakô, c’est chez Elhadji Ousmane Baldé, alias sans loi, le patron de la communauté Halli Pular et Foulbé. C’est une sous préfecture riche d’une économie portée par ses fils, qui ont accepté de faire le tour du pays. Fatakô tire sans doute sa célébrité récente de Sékouba, de son son fils, de la mosquée dont l’inauguration fut boudée par les autorités politiques du pays et de Sans loi, celui là même qui a songé bâtir une œuvre aussi gigantesque pour la communauté musulmane.

De Tougué nous dirons, pour parler de l’actualité, que c’est le berceau de l’Agence Nationale d’Inclusion Economique et Sociale. Peu importe l’endroit où l’ANIES a été créée, c’est à Tougué qu’on a commencé le partage des richesses : 250 000 francs guinéens et un petit téléphone pour être appelé. Qui n’a pas vu l’image de cette vieille dame, recevant du premier ministre Kassory, des billets de 10 000 GNF ? Nous ne connaissons pas le montant, mais elle avait souri pour imiter le chef du gouvernement qui venait d’essuyer la colère des jeunes de Labé. Nous pensions que Tougué ne recevrait pas de si tôt une autre délégation de politiques. Mais c’était sans comprendre que Djôken Alpha était en gestation.

La tournée a pu concerner plusieurs préfectures de la moyenne Guinée, mais il y a des endroits qui intéressent particulièrement les nouveaux rabatteurs. Tougué, c’est un peu plus de 28 milles habitants. Sans Loi est un adversaire, il ne faudrait pas qu’à cause de lui et Abdoulaye Yéro Baldé, les citoyens rejettent la drague de l’administration. Oui Yéro Baldé, on n’en parle pas, il a quitté le gouvernement pour rester calme. Il ne viendra pas parler à ses parents du RPG cette fois. Les autres moins connus avant, se font de la place au sein du Djôken Alpha et viennent promettre le fond de caisse de l’ANIES. Et ils demandent aux hommes et femmes de Tougué, de tout demander au président candidat, eux ils se chargent de remonter les sollicitations.

En dix ans de gouvernance, le pouvoir n’a pu faire de Tougué qui possède quand même, une vingtaine de sites touristiques, une destination, mais puisqu’on y trouve aussi de la bauxite, alors bientôt le rayonnement de la société de bauxite de Tougué. Mais pour cela tout dépendra du 18 octobre.

Par Jacque Lewa Léno

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La candidature de Cellou Dalein est-elle une équation ou une adéquation ?

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La candidature annoncée et assumée de Cellou Dalein Diallo, à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, a produit l’effet d’un roulement de tonnerre sans fin, dans le ciel politique de la Guinée chroniquement assombri par une nuée de difficultés. Les arguments en faveur et les avis en défaveur de la candidature résonnent de sens par-ci, ruissellent d’erreurs par-là.

Il convient de préciser à l’endroit des uns et des autres (ceux qui approuvent avec ferveur la candidature, comme ceux qui la désapprouvent avec frénésie) que les vérités d’ordre politique ne sont ni bibliques ni coraniques. Car, en effet, le combat politique – ayant pour finalité, la conquête du pouvoir – n’est jamais rectiligne dans sa double dimension stratégique et tactique. A ce propos, Lénine disait : « La Révolution n’est pas la perspective Nevski ». Allusion à l’avenue de 45 kilomètres la plus droite de la ville de Saint-Pétersbourg rebaptisée Leningrad.

L’expérience monumentale du monumental Abdoulaye Wade en est une nette illustration. Politicien doué et roué, opposant coriace et increvable, Abdoulaye Wade a toujours fait la navette entre la rue et les urnes – avec quelques escales en prison – jusqu’au succès du 19 mars 2000. Durant tout son long et rude combat politique, l’adversaire successif des Présidents Léopold Senghor et Abdou Diouf, n’a jamais boycotté une élection ; hormis les communales de 1996. Bref, l’ancien Président sénégalais a démontré éloquemment que la rue et les urnes ne sont pas forcément antinomiques. Donc, vivement l’alliage de la rigidité opportune et de la flexibilité nécessaire !

Au demeurant, la pertinence de la combinaison du moyen de pression (la rue) et du moyen de triomphe (le vote) est administrée par le parcours des Partis communistes d’Europe occidentale. Singulièrement, les imposants Partis communistes français et italien qui sont constamment allés aux élections, tantôt en solo, tantôt en tandem avec leurs cousins socialistes. Une expérience française qui a culminé, en 1981, avec la victoire d’un François Mitterrand épaulé par les communistes.

Comme quoi, le FNDC fait preuve de myopie politique en laissant Cellou Dalein, seul, face à Alpha Condé. Pourtant, le leader et candidat de l’UFDG ne fait que traduire ou appliquer le bréviaire de tout opposant avisé : contester, combattre et concourir. Baptisons ce bréviaire : les 3 C. Contester Alpha, combattre Alpha et concourir au suffrage universel avec Alpha, pour in fine, balayer Alpha. Comme on le voit, ces trois gestes-là sont compatibles. C’est d’autant plus vrai que l’élection présidentielle n’est pas assimilable à l’élection d’un député. Dans la première, les opinions les plus diverses peuvent se réunir et se fixer dans un intérêt commun et supérieur à tous les autres…intérêts. Pardonnez la répétition !

En définitive, ceux qui pointent les « contradictions » ou soulignent les « incohérences » de Cellou Dalein Diallo, doivent se convaincre que la politique de la chaise vide mène précisément vers un futur vide de toute possibilité de changement. Ou alors, que les contempteurs de Cellou Dalein et les procureurs de sa candidature déclinent une alternative valable, en dehors du simple et stérile boycott !

En vérité, l’équation fâcheusement créée par l’Empereur au petit pied, le Samory au rabais et le Sékou Touré sans charisme ni panache (j’ai nommé Alpha Condé) renvoie à une alternative à deux termes : le choix démentiel de la guerre civile en Guinée, choix exclu par les Guinéens de tous bords qui aiment leur patrie. Il s’y ajoute que le Président Alpha Condé et son État ont le monopole des armes et du feu : bonjour le fatal génocide ! Ou bien alors l’option adéquate de la compétition électorale qui est heureusement privilégiée par Cellou Dalein Diallo. Même si – à propos de la présidentielle du 18 octobre 2020 – les dés sont pipés et les cartes biseautées. Toutefois, il faut absolument tacler Alpha Condé dans la surface de réparation ! Sinon, il marquera aisément un troisième but (mandat) et mourra dans les buts, c’est-à-dire au pouvoir.

Par Babacar Justin Ndiaye, politologue sénégalais

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L’axe doit-il vraiment arrêter de se battre?

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Alors que la dictature s'enracine du jour au lendemain en Guinée, j'entends beaucoup des voix s'élever pour demander aux jeunes de l'axe de cesser de lutter pour l'instauration de la démocratie dans notre pays, au prétexte que dans les autres communes ça ne manifeste pas. Oui Zakariaou est tombé mais son président est aujourd'hui ministre sans que la liberté pour laquelle il fut tué ne soit effective. Après lui des centaines d'autres sont tombés sous les balles féroces de forces de sécurité.

Au moment où la liberté et la démocratie sont plus que jamais menacées par un groupe d'individus sans vergogne, dont le seul souci est de remplir les poches, même s'il faut massacrer tout le peuple, faudrait-il donc tout laisser?  Laisser libre chemin à la dictature et aux dictateurs? Oublier les martyrs couchés à Bambeto, alors qu'ils comptent sur leurs camarades vivant pour terminer leur rêve : une Guinée libre, juste et démocratique? Les laisser mourir pour rien?

En juin 1940, alors que sous l'occupation allemande, le Marchal Pétain s'apprêtait à signer l'armistice, depuis Londres, le Général De Gaulle a appelé les français à la résistance. Sans cet appel, la France serait aujourd'hui une région d'Allemagne.

De même, Si Soweto avait lâché, l'apartheid aurait demeurée pour toujours, les martyrs seraient morts pour rien, et Nelson Mandelà serait certainement oublié dans sa cellule de prison.

À la guerre comme à la guerre, ceux qui gagnent sont ceux qui n'abandonnent jamais. Aujourd'hui de mon point de vue, vouloir emmener les jeunes de l'axe à ne plus s'élever contre la dictature et la mauvaise gouvernance, c'est tacitement faire le travail de ceux qui nous bâillonnent. Car en vérité ce qu'ils veulent c'est voir tout le monde se courber devant leur chemin. Ils veulent exactement que Ratoma soit comme Kaloum ou ailleurs où un sac de riz suffirait pour se maintenir à vie au pouvoir. Que tout le peuple meure de misère, tant pis !

Nul n'ayant vu un animal s'apitoyer sur son sort, je dirai que plus que jamais l'axe doit résister, que les autres communes doivent rejoindre le combat, que la Guinée et les guinéens doivent se battre pour la liberté, pour la justice et pour la démocratie.

Même quand personne ne croit plus, ce combat doit continuer, l'axe doit le continuer. J'ai dit.

Par Alpha Abdoulaye Diallo

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