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Afrique : Apprendre à quelqu’un à pêcher, la fausse opposition entre l’aide d’urgence et le développement

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Tout le monde connait ce proverbe chinois : « Donnez un poisson à un homme, vous le nourrissez pour un jour ; apprenez à un homme à pêcher, vous le nourrissez pour la vie ».

Pour ma part, je n’y adhère pas ; il crée un faux choix. Pourquoi ne pas faire les deux ? Après tout, il est plus facile d’apprendre quand on n’a pas faim.

En matière de santé mondiale, il nous arrive souvent de construire des images erronées, en opposant l’aide d’urgence au développement, et en supposant ainsi que seul l’un d’entre eux devrait exister, le développement le plus souvent, et pour de nombreuses raisons valables. C’est une vision réductrice de la santé mondiale, qui peut laisser les patients au bord du chemin. Oui, les systèmes doivent se développer, mais pendant ce temps, qu’advient-il de nos patients ?

Une personne meurt toutes les deux secondes d’une maladie pouvant être traitée chirurgicalement. Plus des deux tiers de la population mondiale n’a pas accès à des soins chirurgicaux fiables, abordables et prodigués à temps, et près de la moitié de la population mondiale serait ruinée si elle avait devait prendre en charge elle-même ses soins chirurgicaux aujourd’hui. Le renforcement des systèmes chirurgicaux est un problème complexe dont les effets sur la santé et l’économie sont considérables : on estime, par exemple, que le manque d’accès aux soins chirurgicaux entraîne une baisse du produit intérieur brut des pays à revenu faible ou moyen pouvant atteindre 2 %.

Aborder ce sujet complexe avec une approche bienveillante – même si un peu étroite – peut être tentant. Par exemple en construisant de nouvelles infrastructures ou en formant de nouveaux prestataires. Mais les solutions simples ne répondent pas aux problèmes complexes. Le regretté Dr Paul Farmer avait coutume de dire qu’un véritable accès aux soins nécessite quatre éléments : l’espace, le matériel, le personnel et les systèmes, tous liés entre eux.

Les nouveaux appareils d’anesthésie, par exemple, sont inutiles sans des personnes qui savent les manier, sans une salle d’opération dans laquelle ils peuvent être opérationnels et sans un système de santé publique qui reconnaît la nécessité de la chirurgie. Sans ces quatre éléments, l’amélioration des systèmes chirurgicaux avec une précision chirurgicale est vouée à l’échec.

Et puis, pour rendre les choses encore plus complexes, toute cette interconnexion doit également être proche du patient. Les soins chirurgicaux ne sont pas comme un vaccin Covid-19 par exemple. Cette pandémie nous l’a appris : la recherche, le développement et la production du vaccin peuvent être centralisés. Autrement dit, une fois le vaccin créé, approuvé et fabriqué dans de grandes usines, le système de santé n’a plus qu’un problème logistique à résoudre : maintenir les chaînes du froid et renforcer les réseaux de distribution.

Ce n’est pas le cas en chirurgie. L’ensemble des moyens de production – le personnel, l’espace, le matériel et le système, les personnes, l’électricité, l’aspiration, l’eau, l’infrastructure, la formation, l’oxygène – doit être centralisé autour du patient. La chirurgie ne peut pas être emballée dans une pilule, ne peut pas être mise en boîte à l’arrière de camions réfrigérés. L’ensemble de l’écosystème chirurgical, et les personnes qui y travaillent, doivent se trouver à proximité du lieu de vie des patients, sinon c’est comme s’il n’existait pas pour eux.

C’est ce qui rend le renforcement du système chirurgical si fascinant – et parfois frustrant – à mes yeux. C’est complexe, c’est passionnant, et c’est pourquoi j’aime travailler dans ce domaine. La transformation est lente. Elle se méfie des investissements à court terme. Elle nécessite l’établissement de partenariats. Ceux qui travaillent dans l’univers des ONG en particulier savent qu’il faut venir aux côtés du système de santé d’un pays pour l’accompagner sur son propre chemin. En d’autres termes, il ne s’agit pas seulement d’« apprendre à un homme à pêcher », mais de pêcher ensemble, dans la même rivière.

Cela signifie aussi soulager, cela signifie résister aux faux choix, cela signifie à la fois travailler aux côtés des systèmes de santé pour contribuer à leur développement et aider à assumer la charge chirurgicale pendant que nous sommes sur le terrain en mission.

Cela signifie pêcher, tout en apprenant à pêcher.

Par Mark Shrime

NB : Mark Shrime est un chirurgien spécialisé dans le cancer de la tête et du cou et dans la chirurgie reconstructive à Boston. Il prépare actuellement un doctorat en politique de santé à Harvard. Il travaille aussi régulièrement en Afrique de l’Ouest et écrit sur des sujets liés à la chirurgie mondiale.

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Industrialisation : 37 pays africains ont progressé au cours de la dernière décennie

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Trente-sept des cinquante-deux pays africains ont vu leur niveau d’industrialisation s’accroître au cours des onze dernières années, selon un nouveau rapport publié par la Banque africaine de développement, l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

Le rapport sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique (AII) fournit une évaluation à l’échelle nationale des progrès réalisés par les 52 pays africains sur la base de 19 indicateurs clés. Le rapport permettra aux gouvernements africains d’identifier des pays de référence afin de mieux évaluer leurs propres performances industrielles et d’identifier plus efficacement les meilleures pratiques.

La Banque africaine de développement, l’Union africaine et l’ONUDI ont lancé conjointement la première édition du rapport en marge du Sommet de l’Union africaine sur l’industrialisation et la diversification économique qui s’est tenu à Niamey, au Niger.

Evaluation de l'industrialisation sur la base d'une série de paramètres

Les 19 indicateurs de l’indice couvrent les performances manufacturières, le capital, la main-d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures et la stabilité macroéconomique. L’indice établit également un classement du niveau d’industrialisation des pays africains selon trois axes : les performances, les déterminants directs et indirects. Les déterminants directs comprennent les dotations en capital et en main-d’œuvre et la manière dont elles sont déployées pour stimuler le développement industriel. Les déterminants indirects comprennent les conditions environnementales favorables telles que la stabilité macroéconomique, des institutions et des infrastructures solides.

L’Afrique du Sud a conservé un classement très élevé tout au long de la période 2010-2021, suivie de près par le Maroc, qui occupait la deuxième place en 2022. L’Égypte, la Tunisie, Maurice et Eswatini complètent le top six sur la période.

Abdu Mukhtar, directeur du Développement de l’industrie et du commerce à la Banque africaine de développement, représentait l’institution lors de l’événement de lancement. Il a déclaré que si l’Afrique a fait des progrès encourageants en matière d’industrialisation au cours de la période 2010-2022, la pandémie de Covid-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie ont freiné ses efforts et mis en évidence des lacunes dans les systèmes de production. « Le continent a une occasion unique de remédier à cette dépendance en renforçant davantage son intégration et en conquérant ses propres marchés émergents. »

« La Zone de libre-échange continentale africaine constitue une opportunité inédite de créer un marché unique de 1,3 milliard de personnes et de générer des dépenses cumulées des consommateurs et des entreprises pouvant atteindre 4 000 milliards de dollars, ce qui offre la possibilité de renforcer leurs liens commerciaux et de production et de tirer enfin parti de la compétitivité industrielle de l’intégration régionale, comme l’ont fait d’autres régions. », a-t-il ajouté.

La Banque africaine de développement a investi jusqu’à 8 milliards de dollars au cours des cinq dernières années dans le cadre de sa priorité stratégique « High-5 » dénommée « Industrialiser l’Afrique ». « Rien que dans le secteur pharmaceutique, nous avons l’intention de dépenser au moins 3 milliards de dollars d’ici 2030 », a déclaré M. Mukhtar.

La construction d’une industrie productive fera partie intégrante du développement de l’Afrique, offrant une voie vers une transformation structurelle accélérée, la création d’emplois formels à grande échelle et une croissance inclusive. Toutefois, la part de l’Afrique dans l’industrie manufacturière mondiale a diminué pour atteindre le niveau actuel de moins de 2 %. Des politiques industrielles plus proactives sont jugées essentielles pour inverser la tendance, mais elles nécessitent des connaissances approfondies et une compréhension détaillée des contraintes et des opportunités auxquelles chaque pays est confronté.

La création de valeur ajoutée par le biais de l'industrie manufacturière est plus importante que la taille de l'économie

Voici quelques-unes des autres conclusions clés du rapport :

– Au cours de la période couverte, Djibouti, le Bénin, le Mozambique, le Sénégal, l’Éthiopie, la Guinée, le Rwanda, la Tanzanie, le Ghana et l’Ouganda ont tous progressé de cinq places ou plus dans le classement.

– Les pays les plus performants ne sont pas nécessairement ceux dont l’économie est la plus importante, mais ceux qui génèrent la plus forte valeur ajoutée manufacturière par habitant, avec une proportion importante de produits manufacturés destinés à l’exportation ;

– L’Afrique du Nord reste la région africaine la plus avancée en matière de développement industriel, suivie par l’Afrique australe, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est.

Synergies avec l'Observatoire africain de l'industrie

L’Indice de l’industrialisation en Afrique était l’un des deux nouveaux outils présentés lors de l’événement. Le second — qui vient en complément du premier - est l’Observatoire africain de l’industrie, dévoilé par l’ONUDI et l’Union africaine. Il servira de plateforme centrale de connaissances en ligne pour collecter, analyser et consolider les données quantitatives nécessaires aux analyses qualitatives des tendances, prévisions et comparaisons industrielles nationales, régionales et pancontinentales.

Chiza Charles Chiumya, directeur par intérim de l’Industrie, des minéraux, de l’entrepreneuriat et du tourisme de la Commission de l’Union africaine, a déclaré : « Ces outils vont considérablement améliorer nos processus d’élaboration de politiques industrielles et contribuer à mettre l’accent sur les besoins de l’industrialisation, tant de la part des décideurs que du secteur privé, qui pourront désormais identifier clairement les opportunités du continent ». M. Chiumya représentait le commissaire chargé du Commerce et de l’industrie de l’UA, Albert Muchanga.

« L’Observatoire africain de l’industrie et l’Indice de l’industrialisation en Afrique contribueront à consolider la coopération interinstitutionnelle, à renforcer l’influence de chaque institution en matière de dialogue politique pour accélérer le développement industriel et à améliorer la connaissance de la dynamique du développement industriel », a déclaré Victor Djemba, chef de la division Afrique de l’ONUDI.

Le Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur l’industrialisation et la diversification économique et la Session extraordinaire de l’Union africaine sur la Zone de libre-échange continentale africaine se tiennent actuellement à Niamey, au Niger, jusqu’au 25 novembre 2022. Le thème du sommet est « Industrialiser l’Afrique : un engagement renouvelé pour une industrialisation et une diversification économique inclusives et durables ».

Source : BAD

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Guinée : poursuites judiciaires contre plusieurs chinois

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Le préfet de Siguiri, le Colonel Fodé Soumah et onze autres personnes, dont neuf chinois et un malien sont dans le viseur de la justice.

Le ministre de la justice, Alphonse Charles Wright, vient d’instruire de poursuites judiciaires contre eux pour destruction de l’environnement et de séjour illégal en Guinée.

Le garde des sceaux les reproche aussi d‘exploitation minière clandestine, corruption d’agents publics, association de malfaiteurs et complicité.

De fait, selon les explications de Charles Wright, il a été trouvé sur les chinois et le malien d’un ordre de mission délivré par le préfet de Siguiri. Ce document leur aurait permis d’exploiter « illégalement » l’or dans cette préfecture, en détruisant l’environnement.

Par I. Sylla

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Quelles sont les attributions du fonds d’Appui au Développement des Médias en Guinée ?

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Le président de la transition a fixé ce jeudi 24 novembre, les attributions du Fonds d’Appui au Développement des Médias (FADEM).

Placé sous la tutelle technique du ministère en charge de l’Information et de la Communication et sous la tutelle financière du ministère en charge des Finances, Ce Fonds a pour attribution, le financement, le développement et la promotion des médias en République de Guinée.

A ce titre, il est particulièrement chargé de mobiliser les fonds pour le financement des projets du développement des médias ; D’élaborer et mettre en œuvre le mécanisme d’octroi des subventions de l’Etat aux Médias et de veiller à la conformité des projets de développement des médias aux critères d’éligibilité du fonds ; De veiller à la bonne exécution des projets financés et assurer le suivi et évaluation ; De soutenir l’amélioration des conditions de vie des acteurs de la presse, de contribuer au renforcement des relations avec les partenaires techniques et financiers ; De faciliter l’accès aux emprunts par les entreprises et organes de presse auprès des banques et établissements de micro finance ; De participer aux rencontres nationales, sous régionales et internationales traitant des questions de financement de développement des médias ; De participer à l’élaboration des textes législatifs et réglementaires dans le domaine du financement et du développement des projets des médias ; De contribuer au financement des activités liées à la formation et à l’équipement des médias et d’en assurer le suivi, selon le contenu du décret du colonel Doumbouya lu à la télévision nationale.

Par Mariam Bâ

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