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Affaire Algassimou Diallo : le Parquet se défend, la défense réplique et pose ses conditions pour revenir au procès

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guinee28 • 3 min de lecture

Nouveau bras de fer par communiqués interposés dans l’affaire Algassimou Diallo. Vingt-quatre heures après une sortie de la chancellerie défendant la régularité des poursuites, le collectif des avocats de l’ancien avocat général est sorti de son silence ce lundi 19 octobre. Dénonçant une procédure entachée d’illégalités depuis l’interpellation et fustigeant la présence du ministère public lors des délibérés sur la récusation, la défense conditionne désormais son retour aux audiences à une recomposition du tribunal.

Le collectif des avocats de l’ancien avocat général Algassimou Diallo est sorti de son silence ce lundi 19 octobre 2026 pour répliquer au communiqué du Parquet général de la Cour suprême diffusé la veille sur la RTG. Alors que le ministère public soutenait ce dimanche 18 octobre que la procédure était régulière et que le retrait des avocats relevait d’un « libre choix », la défense dénonce dans une déclaration transmise à la presse une procédure « entachée d’illégalité depuis son premier acte ».

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Le collectif des conseils pose comme condition préalable à toute reprise de sa participation la recomposition de la formation de jugement avec des magistrats n’ayant pas participé aux décisions d’autorisation des poursuites, ainsi que l’organisation de délibérés hors de la présence du ministère public.

Ce nouvel épisode survient après le blocage du 15 octobre — marqué par le rejet des demandes de récusation de trois juges et d’annulation de l’ordonnance de renvoi — et l’ajournement sine die du procès prononcé le 16 octobre par le président Ibrahima Sory 1 Tounkara face au refus du prévenu de comparaître sans assistance juridique.

Figure clé du procès des événements du 28 septembre 2009, Algassimou Diallo avait été suspendu puis révoqué de la magistrature le 20 août 2026 pour des manquements statutaires, avant d’être incarcéré le 27 août pour des faits présumés de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, discrimination et association de malfaiteurs », puis transféré début septembre à la maison d’arrêt de Macenta.

Des violations procédurales en chaîne dénoncées par le collectif d’avocats

Pour étayer sa décision de suspendre sa participation aux débats, le collectif des neuf avocats formule une série de griefs tenant à la fois à la régularité des actes d’instruction, à la neutralité du siège et à l’impartialité des décision.

Selon la défense, Algassimou Diallo a été interpellé le 20 août 2026 à sa sortie de la Cour suprême et placé en garde à vue à la Direction centrale des investigations judiciaires (DCIJ) jusqu’au 27 août. Or, le bureau de la Cour suprême n’a signé l’autorisation préalable de poursuite prescrite par l’article 157 de la Constitution que le 26 août.

Les conseils soulignent que l’article 755 du Code de procédure pénale soumet les poursuites visant les magistrats de la haute instance à une loi organique excluant l’intervention des officiers de police judiciaire de droit commun.

L’avocat instructeur ayant ordonné le renvoi le 3 septembre (M. Saidou Diallo) aurait préalablement siégé au bureau de la Cour suprême le 26 août pour autoriser les poursuites. De même, trois juges siégeant actuellement pour juger l’affaire au fond ont participé à ce même bureau décisionnel.

Me Moussa Diallo et ses confrères affirment n’avoir pas bénéficié du délai légal de trois jours prévu par l’article 282 du Code de procédure pénale pour consulter le dossier avant l’ordonnance de règlement.

La défense pointe la mention portée sur l’arrêt du 15 octobre indiquant la participation du procureur général Sidy Souleymane N’Diaye aux délibérés relatifs à la récusation des juges, estimant qu’une délibération menée avec la partie poursuivante rompt le principe d’équité.

Sur le fond, la défense conteste l’élément central de l’accusation — un enregistrement sonore privé rejeté par ses interlocuteurs supposés — et déplore le refus d’expertise technique opposé par l’instruction.

Réaffirmant la présomption d’innocence de leur client détenu depuis deux mois, le collectif d’avocats avertit qu’en l’absence d’une recomposition des membres du siège, il n’exclut pas de porter le dossier devant les juridictions internationales compétentes.

Par I.Sylla

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